mercredi 30 mars 2011

UNE LETTRE

30 mars 2011 - jour anniversaire de la naissance de la bienheureuse Alexandrina

Chère Alexandrina,
Quand je lis tes écrits, ton “Journal spirituel”, il me vient une grande envie de t’imiter, mais je me rends compte que je suis bien loin, trop loin de toi, pour vraiment pouvoir chercher à t’imiter.

Mon quotidien n’est qu’une rivière remplie de détritus, d’immondices, de péché : ma misère est plus grande que moi et me submerge.

Que peux-tu faire pour moi ? Comment peux-tu m’aider ? N’as-tu pas pitié de moi, moi qui suis ton petit frère ?

Ô petite sœur, aide-moi ! Aide-moi à fuir le péché et l’occasion de pécher, afin que je marche vers le Seigneur comme toi qui, malgré tant de souffrances, as si bien su le faire.

Ma petite sœur, regarde comme je suis misérable et digne de pitié !

Tu as souffert pour les pécheurs les plus invétérés : est-ce que je faisais déjà partie de ce nombre ?

As-tu souffert pour moi alors que je ne te connaissais même pas ?

Je pense que oui et, je veux te remercier et mon merci ce sera donc de chercher à imiter tes vertus. Mais, même pour cela j’ai besoin de ton aide, car je suis vraiment misérable et trop faible… Ma volonté est comme une éponge : quand elle est pleine d’eau, elle est réconfortée, mais dès que l’eau s’en va, elle se dessèche et devient raide, incapable du moindre mouvement…

Ma petite sœur, je t’écris là, en ce moment… et je ne sais même pas pourquoi je le fais… mais je le fais comme si j’obéissais à une impulsion… Si c’est toi qui me l’inspire, soit remerciée et remercie pour moi le Seigneur qui se sert de toi une fois encore pour me prévenir que je dois rebrousser chemin…

Ce mot “rebrousser”, tu le connais bien : tu l’as entendu souvent de la bouche même de Jésus et toi-même tu l’as prononcé bien souvent à l’adresse de ceux de nos frères qui te visitaient…
Tu sais que je t’aime d’un amour particulier, car je ne me sens bien ― à part quelques fois où l’autre me tire par les pieds ― je ne me sens bien, disais-je, que quand je lis ou traduis tes textes ou quand je parle de toi ou écris sur toi…

Mais, ne serait-ce là encore une “façade”, un arbre qui cache une immense forêt, celle de mon âme qui est triste à en mourir, qui ne sait plus quoi faire, qui se ne sait plus “à quel saint se vouer” ?

Petite sœur du Ciel, aide-moi à vivre en Jésus, de Jésus et pour Jésus, comme toi-même tu l’as si bien fait. Aide-moi à me laver de toute cette gangue qui submerge mon âme, afin que devenu “propre”, je puisse me présenter devant le Seigneur, plein de joie et le cœur plein d’amour…

Comme toi j’ai envie de dire : “Jésus, je ne sais pas combien je vous aime, je ne sais pas comment je vous aime, mais je sais que je veux vous aimer”.

Alexandrina Maria, ma petite sœur du Ciel, prie Jésus pour moi !

dimanche 6 mars 2011

ALEXANDRINA BORDÉE PAR JÉSUS

Texte d'une beauté exquise !

Grande souffrance, triste et pénible. Là, mon Jésus, je ne sais pas exprimer combien je souffre, ne comprends pas telle douleur. Je pleure, pleure toujours la perte de mon corps, la mort de mon âme. À chaque étape je sens dans moi comme qu'une bombe qui va tout exploser. Je tremble terrifiée. Ils ont arrêté dans mes envols ; je suis comme la petite colombe dans l'obscurité, sans apercevoir son chemin, en battant les ailes dans l'air sans pouvoir descendre, sans pouvoir monter, les ailes prises, craignant de tomber désastreusement.

Mon Dieu, qu’en sera-t-il de moi ? Regardez bien ma souffrance, ayez compassion, ayez compassion de quelqu’un que ne confie qu’en Vous.

Ce matin, très tôt, la douleur que je sentais en moi était grande ; grande était la répugnance et la honte que je ressentais de voir que tout le peuple se préparait et attendait de nouveaux événements. Il me semblait voir des groupes ici et là faisant des commentaires. Mon Dieu, le vendredi m’attend ! Quelle peur ! Tout ce que je ressens et vois, Vous l’avez subi Vous-même, mon Jésus. Ce sont Vos souffrances, les souffrances que Vous avez endurées par amour pour moi.

Mes yeux semblent pénétrer dans l'intime de toute la multitude qui occupe les rues. Mon âme sent tout. À côté d'une montagne, près de l’entrée d’une ville, le figuier maudit par Jésus. Plus bas quelqu'un porte une cruche d'eau sur la tête. Il y a des rencontres, on se parle, on se prépare pour de nouveaux événements. J'ai tout vu, tout senti. Oh ! combien je souffrais en silence! Le figuier dont j’ai parlé ci-dessus, j'ai eu l’impression de l’avoir vu vert, rempli de fleurs, alors qu’aujourd’hui il est sec, comme du petit bois pour allumer le feu que j'ai vu la sécheresse vert, fleuri et maintenant, comme le vieux bois pour le feu. Je ne pensais pas à tout cela, bien au contraire, quand je commençais à ressentir ces sentiments de mon âme, je m’efforçais pour me distraire et faire en sorte de ne pas les ressentir. Mes efforts étaient inutiles, car les sentiments de mon âme se ravivaient de plus en plus. Mon effort pour ne rien vouloir ressentir, ce n’était pas pour fuir la souffrance ni la volonté de mon Jésus, mais bien la crainte de me trouver dans la confusion ou que ce soit une illusion de ma part. Je suis convaincue qu’il n’en est rien. Notre Seigneur, qui voyait ma si grande crainte et la peur que j’avais de tromper, ne pouvait pas me laisser enduire quelqu’un en erreur. Nul mieux que Lui sait que je ne veux pas tromper personne.

Les ruses du malin augmentent de plus en plus ; son astuce est de plus en plus raffinée. Il me dit ce qu’il y a de pire. Oh ! mon Dieu, que de choses si laides il me dit! Il blasphème contre Notre Seigneur, L’accuse de tous les maux et fait que je répète tout, ou c’est moi qui crois que je répète tout et ensuite il affirme que c’est moi et me laisse de cela persuadée. Ce n’est que grâce à Notre Seigneur que mon âme et mon pauvre corps, peuvent résister à tout cela. Le cœur, affligé, fait comme un grand bruit, à cause de la crainte de pécher et de dire tant de choses contre mon Jésus. Lors de la dernière lutte, je suis restée presque sans vie. Je murmurais :

— Ô mon Jésus, ô ma Petite-Maman ! Mon Dieu, quelle triste vie que la mienne! Qu’en sera-t-il de moi ?

Je ne pouvais pas bouger et j’avais besoin de soulagement. Jésus est venu et, de ses très saints Mains, Il m’a replacée dans la position que je souhaitais, m’a couverte de caresses et, tel une mère qui se couché auprès de son tout petit pour l’endormir, Il me dit :

— Repose-toi avec Moi. Ta vie n’est pas triste, ma petite fille, c’est une vie de réparation et de sacrifice. Réjouis-toi avec moi, par la consolation que tu me procures. Tu ne pèches pas, non, ma bien-aimée.

Aussitôt j’ai ressenti la paix dans mon âme. Placée tout contre Jésus, bien vite je me suis endormie, couverte par ses caresses, embrasée dans son amour. (Alexandrina de Balasar: Journal spirituel du 7 décembre 1944)

dimanche 6 février 2011

JOURNAL SPIRITUEL - “SENTIMENTS DE L'ÂME”

UNE LETTRE À JÉSUS

Balasar, le 19 février 1942.

Mon bon Jésus,

Je sens mon cœur tailladé par la douleur. Aurez-Vous encore d’autres coups à me porter ? Que votre volonté soit faite. Clouée sur la croix avec Vous, saignant et dans la plus grande agonie, je me vois et je me sens abandonnée. Je ne peux pas vivre dans le monde, j’ai peur.

Jésus, venez vite, venez, emportez-moi au Ciel. Les hommes tente d’écarter de moi, de m’arracher pour toujours ce qui me procurait quelque soulagement, qui pouvait me réconforter. Ils m’ont pris mon Père spirituel, ils lui ont interdit de m’écrire et à moi de ne plus lui envoyer de lettres. Je suis seule au milieu de la tempête et celle-ci ne se calme pas.

Je vous ouvre mon pauvre cœur, Vous seul savez y lire ce qu’y est écrit avec douleur et sang ; Vous seul comprenez et pouvez évaluer ma souffrance. Le monde l’ignore, les hommes n’y comprennent rien. Laissez-moi Vous dire ce que Vous avez dit à votre Père Éternel :

“Pardonnez-leur, mon Jésus, car ils ne savent pas ce qu’ils font !” Ils sont aveugles, il leur manque votre divine lumière : éclairez-les tous et donnez à tous votre amour.

Ô Jésus, tous mes pressentiments se sont avérés exactes. Pourront-ils encore m’interdire de vous recevoir sacramentellement ? Pauvre de moi, cela serait le coup qui m’ôterait la vie, si Vous avec votre divin pouvoir ne me conservez pas la Communion.

Qu’ils disent ce qu’ils voudront, qu’ils fassent ce qui leurs plaira, ce qu’ils ne m’ôteront jamais c’est cette union avec Vous.

Me priver de Jésus sacramentel, oui, je ne doute pas qu’ils le fassent ; ôter de mon cœur le très riche trésor que j’adore, que j’aime plus que toute autre cho-se, le Père, le Fils, le Saint Esprit, cela, jamais, jamais les hommes y parvien-dront : il aurait fallu qu’ils me fassent vivre sans cœur et sans âme.

Impossible ! Que vienne la force du monde entier et que toute cette force se jette contre moi : mais, me séparer de cette grandeur infinie, de cet amour in-fini, cela jamais ! Seul le péché, lui seulement pourrait m’en séparer.

Mais j’ai pleinement confiance en Vous ; c’est de Vous, mon Jésus, que j’attends tout, malgré le ressentir de mon âme arrive presque à me persuader : que je me trompe moi-même : je sens que je ne Vous aime pas, je sens que je ne peux rien attendre de Vous à cause de ma misère qui est si grande.

Quelle confusion que la mienne ! Combien grande est ma détresse !

Soulevez-moi, mon Jésus, aidez-moi, même ainsi clouée à la crois, à monter tout le chemin douloureux du calvaire. À chaque escalier par où je passe, je veux laisser écrit avec le sang que de mes plaies s’écoule :

C’est pour Jésus que je souffre, c’est pour lui donner des âmes que je chemine !

Jésus, Jésus, je ne vois pas le Ciel, tout le bleu du firmament s’est éloigné de moi, je l’ai perdu, on m’a volé ce qui était ma vie. Je ne sens que douleur, je ne sens et ne vois que la mort. Je n’ai pas à qui recourir : ce n’est que Vous et la Mãezinha que je peux appeler.

Pauvre de moi ! Combien de fois à cause de ma souffrance je n’ose même pas Vous regarder !

Écoutez-moi toujours, même quand je ne vous appelle pas ; demandez à la Mãezinha qu’Elle m’aide, donnez-moi toute la force du Ciel !

Tous les bruits que j’entends me rappellent mon Père spirituel. Est-ce lui qui arrive ? Quelle vie d’illusions !

Chaque pensée qui me vient en tête sur mon pénible état, ce sont comme des flèches qui se plantent dans mon cœur, ce sont comme une flagellation qui met en lambeaux mon cœur et mon âme. Quel mal ai-je fait ? Quel crime ai-je commis ?

Ô mon Jésus, si ce n’était pas votre amour, si ce n’était pas cet ardent désir de Vous donner des âmes, je me refuserais à tout cela. J’aimerais Vous aimer beaucoup, ne jamais Vous offenser pour gagner le Ciel, mais je ne voudrais pas — sur la terre — la crucifixion, je ne voudrais point entendre votre douce voix, je n’aimerais pas regarder votre divine Image, ni douloureuse ni glo-rieuse : j’aurais une éternité entière pour Vous contempler et pour vous enten-dre parler.

Pardonnez mes épanchements, Jésus, Vous savez bien que Vous êtes le seul avec qui je peux m’épancher.

Vous avez voulu me choisir pour la souffrance, Vous m’avez destinée à de si grands martyrs, voici votre victime, voici votre esclave, Jésus, faites de moi ce qu’il Vous plaira.

Accordez-moi ta bénédiction, mon Aimé. Dis à la Mãezinha qu’Elle me bénisse et me protège. Je suis ta plus indigne fille, la pauvre

Alexandrina

samedi 15 janvier 2011

LA CONSÉCRATION DU MONDE AU COEUR IMMACULÉ DE MARIE

Lettre à son Directeur spirituel, le Père Mariano Pinjo, sj

Balasar, le 1er août 1935

Vive Jésus !

Mon bon Père

Mon état de santé est si grave que j’ai même du mal à parler. Malgré cela, je ne peux pas laisser passer ce jour sans vous envoyer un petit mot, autant que le bon Jésus voudra bien m’accorder le souffle de vie pour le faire.

Aucun jour ne s’est écoulé sans que je reçoive mon bien-aimé Jésus dans ma pauvre âme. Combien Il est bon pour moi ! Il m’a accordé cette grande grâce alors que je ne la méritais pas : si seulement je savais le satisfaire ! Pauvre de moi, je ne le sais point !

Je ne l’aime pas autant que je le désirerais, ni non plus autant que Notre-Seigneur est digne d’être aimé. J’ai l’impression que tout va se ter-miner ; je ne prie que très peu ! Je n’ai point de force pour le faire. Je me suis confessée au-jourd’hui : je suis restée si frustrée ! J’espère que Notre-Seigneur, par son infinie miséricorde, ne m’abandonnera pas. S’Il est avec moi, je peux tout vaincre, sans difficulté ; ce que je veux c'est beaucoup souffrir, beaucoup, pour mon bien-aimé Jésus : j’aimerais tant qu’Il ne soit plus offensé ! Mais, quel horreur ! Comment est-il possible qu’on l’offense si gravement ? Combien j’ai de chagrin pour mon bien-aimé Jésus !

Le trente, après la Sainte communion, je me sentais très bien avec Notre-Seigneur : je me sentais dans une très grande union avec Lui. Quelques instants après, j’ai entendu qu’Il m’appelait :

― Ma fille, ô ma fille bien-aimée, à quelle hauteur je t’ai élevée, toi l’épouse du Roi sacramen-tel !

Continue, ma fille bien-aimée, ta courte mission : tant que tu vis, prie-Moi pour les aveugles, pour les pauvres pécheurs. Tu en as encore beaucoup à faire venir sur tes chemins. Je suis le chemin, la vérité et la vie, conduis-les-Moi afin que Je sois aimé. Ne Me laisse pas seul un unique moment dans mes tabernacles. Je suis là dans l’attente d’âmes qui M’aiment autant que toi, mais Je n’en vois pas. Je suis si méprisé ! Mais ce n’est pas tout : on m’offense beaucoup ! Aie de la peine pour ton Jésus, mon ange, mon amour ! Guéri par ta réparation cette lèpre si contagieuse.

Dis à ton Père spirituel que, comme preuve de l’amour que tu as envers ma Très-Sainte Mère, je veux que tous les ans soit célébré un acte de consécration du monde entier, lors de l’un des jours de ses fêtes, choisi par toi : Assomption, Purification ou Annonciation, demandant à la Vierge sans tache de péché qu’Elle rende hon-teux et confonde les impurs, afin qu’ils rebroussent chemin et ne M’offensent plus. Comme jadis j’ai demandé à sainte Marguerite-Marie que le monde soit consacré à mon divin Cœur, de la même manière je te demande à toi que le monde soit à Elle consacré, par une fête solennelle.

J’ai senti les caresses de Notre-Seigneur, comme je l’ai déjà explique à Votre Excellence, et Notre-Seigneur me disait encore :

― Ne perds pas de temps pour mettre en œuvre ta mission. Dis-lui tout et lui, il te donnera des ordres.

Aujourd’hui même j’ai reçu la nouvelle de la visite de ma petite sœur de Sertã : combien cela m’a procuré de joie !

Recevez les bons souvenirs de ma mère et de Deolinda. Je vous le dis et vous demande de ne pas m’oublier dans vos prières auprès de Notre-Seigneur ; quant à moi, j’en fais de même.

Bénissez, par charité, la pauvre,

Alexandrina Maria da Costa.

mercredi 12 janvier 2011

SENTIMENTS DE L’ÂME

Premier vendredi du mois.

Je me sens les bras ouverts et je crie, demandant le secours de la terre et du Ciel, sans l’obtenir ni de l’une ni de l’autre. J’ai besoin, vraiment besoin d’un bâton pour me soutenir. La tempête ne cesse pas. De tous côtés me vient la dé-faite et moi toujours à plat ventre et plongée dans la boue, je ne peux pas me lever. Si les pierres pouvaient parler, combien auraient-elles à raconter. Mon ignorance ne m’abandonne pas, mes forces ne me permettent pas, mon inutili-té prend tout pour elle. Et moi, je reste sur mon calvaire, sur mon épouvanta-ble calvaire, sans rien posséder, sans rien avoir à moi, même pas un mot tendre pour mon Jésus. Mon corps est transpercé de haut en bas. Il ne s’y trouvent que des flèches, des lances, des poignards et des épines et mon âme ne cesse, elle ne cesse d’agoniser avec lui. Je demande du courage au Ciel pour mon nouveau calvaire, pour mes examens. Mais je ne l’obtiens pas. L’heure n’est pas encore venue. Je ne peux compter que sur ceux auxquels je me suis abandon-née complètement, c’est-à-dire Jésus et la Petite Maman. Si toute l’acceptation de ma croix n’est que pour Eux et pour les âmes, comment pourrais-je être abandonnée par Eux ? Pauvre de moi si la confiance me manque ! Mon âme loue le Seigneur, elle Lui adresse des hymnes de louanges, mêmes quand elle est exsangue, prisonnière, plongée dans la boue la plus compacte. Plongée dans le silence, dans la plus grande agonie, elle s’offre au Seigneur et répète : Oh ! que votre Volonté soit faite ! Quand je pleure dans ma détresse, ce sont des larmes résignées et je les envoie vers les tabernacles. L’inutilité me vole tout, mais malgré cela je ne manque pas de les envoyer vers ces mêmes taber-nacles comme des actes d’amour.

Le Gethsémani d’hier, mon calvaire d’aujourd’hui, ce sont les mêmes souffran-ces, la même préparation pour mon emprisonnement, pour mon exil. Hier, j’ai ressenti l’épouvante de toutes les choses, de toute l’agonie de Gethsémani. J’y étais sans vie, indifférente à tout.

Aujourd’hui j’ai pris le chemin du calvaire. J’ai dis que j’ai pris, mais ce n’était pas moi. Pour ma part, seule ma souffrance l’a pris, ce chemin. Il y avait une vie séparée de la mienne qui était hors de moi et hors du monde, une vie qui était celle du calvaire mais qui ne pouvait plus être immolée. Elle continuait d’être vie, mais sans pouvoir la donner. J’aimerais pouvoir mieux m’expliquer, mais je ne sais pas. C’était la vie, mais elle n’était pas en moi. Cette vie se communiquait au calvaire, mais elle ne pouvait plus se souiller de la terre cou-pable. Ma douleur a vécu tout cela, mais pas moi, car je me sens ne pas avoir de vie. J’ai l’impression que mon corps est disparu du monde, laissant la souf-france occuper sa place, la souffrance, rien que la souffrance. Dans le plus grand abandon et sous le poids des plus grandes humiliations, je suis restée là comme si vraiment j’étais morte. Jésus, la vraie vie, est entré dans mon cœur. Son entrée me fit ressusciter et je l’ai entendu me dire :

― Me voici, me voici, ma fille, en ton cœur. Me voici, me voici, me voici, mon épouse, dans mon palais permanent. Je viens mendier de l’amour par ta croix, par ton calvaire. Comme je m’y sens bien ! Comme je m’y sens bien ! Je suis le mendiant, le mendiant de la souffrance, le mendiant de l’amour. Ma demeure, ma demeure, demeure bénie ici sur la terre. Je mendie de la souffrance sur cette croix, sur ce calvaire. Je mendie de l’amour en ce cœur de mes délices. Ma fille, ma fille, mère, mère des pécheurs, à la manière de ma mère bénie. Ma fille, ma fille, phare et guide, phare de lumière, phare qui attire. Les âmes, les âmes ont besoin de toi. Le monde, le monde compte sur toi. Tu as été créée pour le monde, sans être du monde. Tu as été créée pour les âmes. Celle-ci est la grande vérité de Jésus. Ce fut la mission qu’il choisit pour toi. Tu es calom-niée, tu es poursuivie. Laisse, ma fille, laisse-toi ressembler à moi. Tu es une copie fidèle. Ta vie est la plus grande preuve des merveilles du Seigneur. Cou-rage, courage ! Ne crains rien, ma fille ! Le Ciel, tout le Ciel sera avec toi, sera avec vous. Courage ! Courage ! Le soleil, le soleil va briller, briller, briller sans le moindre obstacle.

― Ô Jésus, je ne me cherche pas, je ne cherche pas pour moi. Je cherche votre gloire. Je ne vois que Vous, je ne vois que les âmes. Lors de mes moments d’effondrement, quand je me rends compte que je suis incapable de résister à la moindre chose, il ne me reste que la confiance, la confiance, sans le senti-ment d’en avoir, Jésus. Je crois, je crois, mon Amour. Je n’ai vécut que de Vous et pour Vous. Je n’ai toujours confié qu’en vous. Jamais, jamais je n’ai confié en moi. Par votre grâce, jamais, jamais, jamais je ne me suis attribuée le moin-dre mérite. Mon néant, ma très grande misère, mon inutilité me sont toujours, toujours présentes.

― Ma fille, pupille de mes yeux, petite fleur eucharistique, je t’orne de mon di-vin Cœur, en avant, en avant, pour Dieu et pour les âmes. Demande de l’amour, demandeur de l’amour envers mon divin Cœur. Ne laisse pas que les âmes se perdent. Invite-les à venir à Moi. Ta souffrance leur parle au cœur; ton sourire, ton silence, ton silence leur parle, leur parle toujours. Courage, cou-rage ! Tout cela est comme une révolution dans les âmes. Courage, courage ! Tout cela ce sont des preuves de mon divin Amour pour elles. Viens à leur se-cours, ne les laisse pas se perdre, ne les laisse pas tomber en enfer.

C’est cela que je veux, mon Jésus. Ah ! si je pouvais mettre un cadenas sur la porte de l’enfer afin qu’elle ne puisse plus s’ouvrir ! Je ne veux pas, non, mon Jésus, qu’une seule âme se perde. Je ne veux pas, non, mon Amour, voir votre divin Cœur blessé. J’ai faim, très faim, mon Jésus, de vous donner des âmes et vous procurer toute consolation. Je ne vis que pour vous, car je vous aime, Jé-sus, je n’ai pas d’autre but dans ma vie sinon vous aimer et vous donner des âmes. Je n’ai rien d’autre, je ne fais rien d’autre, non, non, mon Amour.

― Ta vie n’est pas de la terre, mais bien du Ciel. Viens recevoir la goute de mon divin Sang. L’artiste divin la faite passer. Ta vie est passé [avec la goute], la viens que tu vis, la vie que je te donne. Une nouvelle goute du très précieux Sang de Jésus coule dans tes vaines. Prodige, prodige ! Oh ! prodige merveil-leux ! Demande toujours, demande toujours : une nouvelle vie, une vie pure, une vie sainte ! Demande de la prière, demande que l’on fasse pénitence. Dis, ma fille, que c’est Jésus qui le demande par tes lèvres. Courage, courage ! Reste sur ta croix. Ton Jésus, ton Époux inséparable est ta force. Aie confiance, confie!

― Merci, mon Jésus. Merci, mon plus grand Bien. N’oubliez pas mes deman-des. Vous savez par où je les commence, finissant par demander pour toute l’humanité. Merci, merci, mon Jésus. Merci pour l’amour que vous me don-nez !

(Bse Alexandrina Maria da Costa : Sentiments de l’âme du 3 juillet 1953)

mercredi 30 juin 2010

UNE LETTRE D'ALEXANDRINA

  • Au sujet d'une conversion

Balasar, le 2 juillet 1934

Vive Jésus

Révérend Père Pinho,

Vous ne pouvez pas imaginer la consolation que m’a procurée la lettre de Votre Révérence ; je l’ai reçue le jour de la saint Pierre, mais ce n’est pas lui qui est venu me l’apporter. Je venais de passer quelques jours assez tristes, si tristes que je ne peux même pas vous l’expliquer. Mais, au milieu de tant de tristesses, grâce à Notre Seigneur, je restais confiante dans sa Très Sainte volonté.

Révérend Père Pinho, si je ne vous ai jamais encore parlé de l’affaire dont je vais maintenant vous entretenir, c’était pour ne pas alourdir les lettres et ne pas abuser de votre temps. Notre Seigneur n’a pas laissé sans récompense mes larmes du 13 mai.

« Depuis un certain temps déjà, je m’efforçais, autant que je le pouvais, afin qu’une famille, le couple et un enfant, de mon âge se confesse, ce qu’ils ne faisaient plus depuis des années. Tout ce qui s’est passé, ce n’est que de vive voix que je pourrai vraiment vous l’expliquer. Je leur avais dit que le jour où ils se confesseraient, ils communieraient à l’église et que moi je communierais chez moi, étant donné que je ne pouvais plus aller à l’église. Ils m’ont donné comme réponse qu’ils viendraient eux aussi communier chez moi, à ce que j’ai répondu que cela ne serait peut-être pas possible. Et j’ai continué à demander au bon Jésus et, à chaque fois qu’ils venaient me visiter, nous parlions de cela. Enfin, le 13 dudit mois, le père et le fils sont venus me visiter et, étant restée seule avec le père, il m’a affirmé qu’il allait se confesser et il me dit également des choses qui m’ont beaucoup émue. C’est décidé, ce sera pour le triduum. Ils me l’ont promis, sauf si le démon vient s’en mêler, mais j’ai confiance dans le Seigneur qui peut tout faire. »

Révérend Père Pinho, cela ne m’étonne pas que Votre Révérence n’ait pas compris ce que je vous disais dans ma dernière lettre, car je n’ai pas pu bien m’expliquer et que je ne le pourrai pas par écrit. Le cas est très compliqué : il ne pourra être explique que de vive voix, car c’est un vrai imbroglio. Cela fut assez grave pour beaucoup m’affliger, mais pas au point de me troubler sur cette affaire.

Mes souffrances sont toujours très grandes, mais je reconnais qu’elle ne sont rien par rapport à celles que je mérite. Daigne Notre Seigneur, par son infinie miséricorde, que je vive jusqu’au triduum. Voulez savoir une chose qui m’a beaucoup consolée ? Ce fut de me dire que vous veniez le 20 dans le Nord, donc plus près de moi et que je peux déjà dire que le triduum c’est pour le mois prochain.

Je vous remercie pour la grande charité que vous avez eue envers moi en priant pour moi qui en ai tant besoin ! Je n’oublie jamais Votre Révérence dans mes pauvres prières et dans toutes mes souffrances.

Recevez les bons souvenirs de ma mère et de Deolinda ; elle vous racontera tout lors du triduum. Ayez la charité de bénir la pauvre petite malade,

Alexandrina Maria da Costa

mardi 23 mars 2010

UNE MINUTE AVEC ALEXANDRINA


En quoi consiste-t-elle ?

Tous ceux qui habituellement consacrent au moins une heure à l’adoration eucharistique sont invités à faire une minute supplémentaire d’adoration.

UNE MINUTE !...

Pendant cette minute ils doivent s’unir spirituellement aux intentions de la bienheureuse Alexandrina qui, comme tous le savent, a été “Une Victime de l’Eucharistie” : sa première mission étant celle de veiller sur tous les tabernacles de la terre, particulièrement ceux devant lesquels personne ne priait ni prie… ceux qui sont vraiment abandonnés !

Cette action commencera le 1er avril 2010 et sera suivie par de nombreux monastères aussi bien en France qu’en Belgique et aux Pays-Bas. Nombreux laïcs des mêmes pays y prendront part également.

Au mois de juillet ou août — la date n’a pas encore été définitivement fixée — pendant une manifestation Eucharistique qui aura lieu à Paray le Monial — là où Jésus montra son Cœur miséricordieux à sainte Marguerite Marie — des conférences seront organisées dans le but de mieux faire connaître et aimer la bienheureuse Alexandrina de Balasar, que le Pape Jean-Paul II a béatifiée le 25 avril 2004.

Avant l’événement de Paray, un CD sur sa vie et son œuvre sera gravé et des cartes — type carte bancaire — à l’effigie de la bienheureuse seront distribuées.

Tous les préparatifs commenceront après la prochaine fête de Pâque afin que le moment venu, toute cette action soit opérationnelle.

Ceux qui voudront y participer, peuvent le faire savoir en envoyant ce simple Mail : “Je participe à la minute suplémentaire d’adoration”, à l’adresse ci-après :


Nous comptons sur la participation de tous et nous sommes persuadés que les pays francophones mettront un point d’honneur à y participer en grand nombre, afin de permettre que le Seigneur soit loué au Saint-Sacrement, et que la bienheureuse Alexandrina soit de plus en plus connue et aimée.

UNE MINUTE c’est si peu, mais peut devenir beaucoup. Voyons un peu :

S’il n’y avait qu’une seule personne à y participer, cela ne ferait en effet que 60 secondes... Mais, s’il y en avait 1 000, on ne compterait plus des secondes ou des minutes, mais 10 heures… ce qui n'est pas encore assez ! Mais, si nous sommes au moins 10 000 à pratiquer cette minute supplémentaire, cela ferait, tenez-vous bien, 1 000 heures, et ainsi de suite !...

Soyons donc nombreux pour la plus grande gloire de Dieu et la glorification de notre bien-aimée Alexandrina de Balasar.