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samedi 24 septembre 2011

« AVISE TON DIRECTEUR SPIRITUEL... »

Veille sur mes tabernacles

Le Père Mariano Pinho, jésuite
premier Directeur spirituel d'Alexandrina
Quelques fois, avant même qu’il me parle, je sens comme des embrassements. D’autres fois je les sens à la fin. Je ressens, subitement une forte chaleur, une chaleur que je ne sais pas expliquer. Parfois encore, je me sens tellement caressée par Notre-Seigneur ! Et moi, je ne sais pas comment correspondre à tant de bienfaits...
(...)
Jésus m’a dit que de la même manière qu’il est fidèle à demeurer en moi pour me consoler, que moi aussi je devais être fidèle à demeurer en esprit auprès de ses Tabernacles, pour le consoler et l’aimer; que je devais lui donner mon corps pour être victime; que des milliers de victimes ne seraient pas de trop pour réparer tant de péchés et les crimes du monde...
(...)
— Parlez, mon Jésus, parlez, car votre petite fille vous écoute... Je souhaite ardemment être instruite à votre école.
— Je souhaite aussi ardemment que tu apprennes toutes mes leçons. J’ai beaucoup à t’apprendre, afin que par toi, beaucoup viennent apprendre les mêmes leçons, qu’ils marchent sur les mêmes traces et qu’ils suivent les mêmes chemins.
(...)
— Avise ton directeur spirituel que J’exige que l’on prêche et que l’on propage la dévotion aux Tabernacles, et d’avantage encore : qu’elle soit rallumée dans les âmes. Je ne suis pas resté sur les autels par amour uniquement de ceux qui m’aiment, mais pour l’amour de tous; même en travaillant on peut me consoler.
(...)
— Veille sur mes tabernacles. J’y suis si seul dans un très grand nombre !... Des jours et des jours passent sans que quelqu’un me rende visite. On ne m’aime pas, on ne répare pas. Quand ils y viennent, ils le font soit par habitude ou par quelque obligation. Sais-tu ce qui ne cesse pas de tomber sur mes tabernacles ? C’est cette chaîne de péchés et de crimes. Ce sont là les actes d’amour qu’ils y déposent ; c’est ainsi qu’ils me consolent ; c’est ainsi qu’ils réparent; c’est ainsi encore qu’ils m’aiment !...
(...)
Ne me refuse pas les souffrances et les sacrifices pour les pécheurs ! La Justice de Dieu pèse sur eux. Toi, tu peux les secourir.
Prie pour les prêtres: ce sont les ouvriers de ma vigne; la récolte dépend d’eux...
Je choisis les faibles pour les rendre forts. Sous leur faiblesse Je cache mon pouvoir, mon amour et ma gloire. Oublie le monde et offre-toi à moi. Abandonne-toi entre mes bras : Je choisirai tes sentiers.
(...)
— Console-moi et aime-moi et moi, je te consolerai dans toutes tes afflictions et dans tous tes besoins.
(...)
— J’ai établi en toi ma demeure... tu es un tabernacle construit non pas par des mains d’homme, mais par des mains divines... J’habite en toi comme si dans le monde toi seule, tu existais, comme si dans le monde je n’avais que toi à combler.
(...)
Je ne t’abandonnerai jamais. Sais-tu quand je te laisserai ? Quand je t’appellerai en ma divine présence pour t’emmener au Ciel. Alors seulement j’abandonnerai ton corps... Me le donnes-tu librement afin que je le crucifie pour les pécheurs ? [1]


[1] Journal du 1er novembre 1934.

PRIE POUR LES PRÊTRES

Cette photo date de 1942, probablement
C’est avec regret et nostalgie que je vous informe que je n’ai plus communié. Ah, si je pouvais obtenir qu’on me portât la Sainte Communion, en payant avec de l’argent cette faveur, combien ne donnerais-je pas!... Mais je fais beaucoup de communions spirituelles, avec le plus de ferveur qu’il m’est possible et Notre-Seigneur m’en récompense. Voyez comme mon bon Jésus m’aime: il m’a dit que lui-même sera mon Directeur !...
(...)
Jésus m’a dit de ne rien m’attribuer de tout cela, car — me dit-il — je ne suis que poussière et que je ne possède rien que je ne l’ai reçu de Lui. Il m’a dit aussi que les faibles, il les rend dort; que c’est sous mes fautes qu’il cache son pouvoir, son amour et sa gloire.
(...)
Voulez-vous que je vous dise ce que me dit, quelquefois, Notre-Seigneur, quand il commence à me parler ?
— Ma fille, ma fille bien-aimée, mon aimée, mon épouse, ma préférée, me voici tout à l’intérieur de ton âme.
Mon Bien-Aimé Jésus m’a dit qu’il sera mon Directeur et mon Maître, continuel, fréquent et habituel; que vous-même le serez de loin;[1] mais que je dois vous obéir jusqu’à préférer votre direction à la sienne.
Notre-Seigneur ne cesse pas de renouveler ses demandes dont je vous ai déjà parlé, et il me rappelle continuellement ses Tabernacles.
— Viens, ma fille, viens t’attrister avec moi ; viens me tenir compagnie dans mes prisons d’amour ; viens réparer tant d’abandon et d’oubli !...
Il m’a demandé aussi de ne lui refuser ni souffrances ni sacrifices pour les pécheurs, sur lesquels la divine Justice menaçait de frapper, si je n’allais pas à leur secours.
Il me demande d’oublier le monde et de me livrer tout entière à Lui :
— Abandonne-toi dans mes bras, je choisirai tes chemins...
Je ne sais pas quoi Lui donner d’autre, car je ne Lui refuse rien...
(...)
— Avise ton directeur spirituel que j’exige que l’on prêche et que l’on propage la dévotion aux Tabernacles, et d’avantage encore: qu’elle soit rallumée dans les âmes. Je ne suis pas resté sur les autels par amour uniquement de ceux qui m’aiment, mais pour l’amour de tous; même en travaillant on peut me consoler. [2]
Prie pour les prêtres: ce sont les ouvriers de ma vigne; la récolte dépend d’eux...
Je choisis les faibles pour les rendre forts. Sous leur faiblesse Je cache mon pouvoir, mon amour et ma gloire. Oublie le monde et offre-toi à moi. Abandonne-toi entre mes bras: Je choisirai tes sentiers. [3]


[1] En effet, le Père Mariano Pinho fut exilé au Brésil (de loin), mais continua de donner ses directives à Alexandrina.
[2] Quel que soit le travail, fait avec honnêteté, aimé ou du moins accepté avec sérénité, comme devoir humain et offert consciemment à Dieu, a valeur de prière.
Cette vérité fut débattue et clairement définie lors du Concile Vatican II.
Un témoignage, concernant Alexandrina, est celui de Felizmina dos Santos Martins: “Un jour, me trouvant à côté du lit d’Alexandrina, elle m’expliqua comment nous pouvions nous unir spirituellement au Seigneur, y compris pendant le travail. Ce fut alors qu’elle m’expliqua comment faire la Communion spirituelle pour m’unir aux Tabernacles les plus abandonnés et au Tabernacle de notre église”.
[3] Lettre du 27 septembre 1934 au Père Mariano Pinho.

lundi 19 septembre 2011

AU SUJET D'UNE CONVERSION

Lettre au Père Mariano Pinho
Balasar, le 2 juillet 1934
 Vive Jésus
 Révérend Père Pinho,

Vous ne pouvez pas imaginer la consolation que m’a procurée la lettre de Votre Révérence ; je l’ai reçue le jour de la saint Pierre, mais ce n’est pas lui qui est venu me l’apporter. Je venais de passer quelques jours assez tristes, si tristes que je ne peux même pas vous l’expliquer. Mais, au milieu de tant de tristesses, grâce à Notre Seigneur, je restais confiante dans sa Très Sainte volonté.
Révérend Père Pinho, si je ne vous ai jamais encore parlé de l’affaire dont je vais maintenant vous entretenir, c’était pour ne pas alourdir les lettres et ne pas abuser de votre temps. Notre Seigneur n’a pas laissé sans récompense mes larmes du 13 mai.

« Depuis un certain temps déjà, je m’efforçais, autant que je le pouvais, afin qu’une famille, le couple et un enfant, de mon âge se confesse, ce qu’ils ne faisaient plus depuis des années. Tout ce qui s’est passé, ce n’est que de vive voix que je pourrai vraiment vous l’expliquer. Je leur avais dit que le jour où ils se confesseraient et communieraient à l’église, que moi, je communierais chez moi, étant donné que je ne pouvais plus aller à l’église. Ils m’ont donné comme réponse qu’ils viendraient eux aussi communier chez moi, à ce que j’ai répondu que cela ne serait peut-être pas possible. Et j’ai continué à demander au bon Jésus et, à chaque fois qu’ils venaient me visiter, nous parlions de cela. Enfin, le 13 dudit mois, le père et le fils sont venus me visiter et, étant restée seule avec le père, il m’a affirmé qu’il allait se confesser et il me dit également des choses qui m’ont beaucoup émue. C’est décidé, ce sera pour le triduum. Ils me l’ont promis, sauf si le démon vient s’en mêler, mais j’ai confiance dans le Seigneur qui peut tout faire. »

Révérend Père Pinho, cela ne m’étonne pas que Votre Révérence n’ait pas compris ce que je vous disais dans ma dernière lettre, car je n’ai pas pu bien m’expliquer et que je ne le pourrai pas par écrit. Le cas est très compliqué : il ne pourra être explique que de vive voix, car c’est un vrai imbroglio. Cela fut assez grave pour beaucoup m’affliger, mais pas au point de me troubler sur cette affaire.
Mes souffrances sont toujours très grandes, mais je reconnais qu’elle ne sont rien par rapport à celles que je mérite. Daigne Notre Seigneur, par son infinie miséricorde, que je vive jusqu’au triduum. Voulez savoir une chose qui m’a beaucoup consolée ? Ce fut de me dire que vous veniez le 20 dans le Nord, donc plus près de moi et que je peux déjà dire que le triduum c’est pour le mois prochain.
Je vous remercie pour la grande charité que vous avez eue envers moi en priant pour moi qui en ai tant besoin ! Je n’oublie jamais Votre Révérence dans mes pauvres prières et dans toutes mes souffrances.
Recevez les bons souvenirs de ma mère et de Deolinda ; elle vous racontera tout lors du triduum. Ayez la charité de bénir la pauvre petite malade,

          Alexandrina Maria da Costa

samedi 15 janvier 2011

LA CONSÉCRATION DU MONDE AU COEUR IMMACULÉ DE MARIE

Lettre à son Directeur spirituel, le Père Mariano Pinjo, sj

Balasar, le 1er août 1935

Vive Jésus !

Mon bon Père

Mon état de santé est si grave que j’ai même du mal à parler. Malgré cela, je ne peux pas laisser passer ce jour sans vous envoyer un petit mot, autant que le bon Jésus voudra bien m’accorder le souffle de vie pour le faire.

Aucun jour ne s’est écoulé sans que je reçoive mon bien-aimé Jésus dans ma pauvre âme. Combien Il est bon pour moi ! Il m’a accordé cette grande grâce alors que je ne la méritais pas : si seulement je savais le satisfaire ! Pauvre de moi, je ne le sais point !

Je ne l’aime pas autant que je le désirerais, ni non plus autant que Notre-Seigneur est digne d’être aimé. J’ai l’impression que tout va se ter-miner ; je ne prie que très peu ! Je n’ai point de force pour le faire. Je me suis confessée au-jourd’hui : je suis restée si frustrée ! J’espère que Notre-Seigneur, par son infinie miséricorde, ne m’abandonnera pas. S’Il est avec moi, je peux tout vaincre, sans difficulté ; ce que je veux c'est beaucoup souffrir, beaucoup, pour mon bien-aimé Jésus : j’aimerais tant qu’Il ne soit plus offensé ! Mais, quel horreur ! Comment est-il possible qu’on l’offense si gravement ? Combien j’ai de chagrin pour mon bien-aimé Jésus !

Le trente, après la Sainte communion, je me sentais très bien avec Notre-Seigneur : je me sentais dans une très grande union avec Lui. Quelques instants après, j’ai entendu qu’Il m’appelait :

― Ma fille, ô ma fille bien-aimée, à quelle hauteur je t’ai élevée, toi l’épouse du Roi sacramen-tel !

Continue, ma fille bien-aimée, ta courte mission : tant que tu vis, prie-Moi pour les aveugles, pour les pauvres pécheurs. Tu en as encore beaucoup à faire venir sur tes chemins. Je suis le chemin, la vérité et la vie, conduis-les-Moi afin que Je sois aimé. Ne Me laisse pas seul un unique moment dans mes tabernacles. Je suis là dans l’attente d’âmes qui M’aiment autant que toi, mais Je n’en vois pas. Je suis si méprisé ! Mais ce n’est pas tout : on m’offense beaucoup ! Aie de la peine pour ton Jésus, mon ange, mon amour ! Guéri par ta réparation cette lèpre si contagieuse.

Dis à ton Père spirituel que, comme preuve de l’amour que tu as envers ma Très-Sainte Mère, je veux que tous les ans soit célébré un acte de consécration du monde entier, lors de l’un des jours de ses fêtes, choisi par toi : Assomption, Purification ou Annonciation, demandant à la Vierge sans tache de péché qu’Elle rende hon-teux et confonde les impurs, afin qu’ils rebroussent chemin et ne M’offensent plus. Comme jadis j’ai demandé à sainte Marguerite-Marie que le monde soit consacré à mon divin Cœur, de la même manière je te demande à toi que le monde soit à Elle consacré, par une fête solennelle.

J’ai senti les caresses de Notre-Seigneur, comme je l’ai déjà explique à Votre Excellence, et Notre-Seigneur me disait encore :

― Ne perds pas de temps pour mettre en œuvre ta mission. Dis-lui tout et lui, il te donnera des ordres.

Aujourd’hui même j’ai reçu la nouvelle de la visite de ma petite sœur de Sertã : combien cela m’a procuré de joie !

Recevez les bons souvenirs de ma mère et de Deolinda. Je vous le dis et vous demande de ne pas m’oublier dans vos prières auprès de Notre-Seigneur ; quant à moi, j’en fais de même.

Bénissez, par charité, la pauvre,

Alexandrina Maria da Costa.

mercredi 30 juin 2010

UNE LETTRE D'ALEXANDRINA

  • Au sujet d'une conversion

Balasar, le 2 juillet 1934

Vive Jésus

Révérend Père Pinho,

Vous ne pouvez pas imaginer la consolation que m’a procurée la lettre de Votre Révérence ; je l’ai reçue le jour de la saint Pierre, mais ce n’est pas lui qui est venu me l’apporter. Je venais de passer quelques jours assez tristes, si tristes que je ne peux même pas vous l’expliquer. Mais, au milieu de tant de tristesses, grâce à Notre Seigneur, je restais confiante dans sa Très Sainte volonté.

Révérend Père Pinho, si je ne vous ai jamais encore parlé de l’affaire dont je vais maintenant vous entretenir, c’était pour ne pas alourdir les lettres et ne pas abuser de votre temps. Notre Seigneur n’a pas laissé sans récompense mes larmes du 13 mai.

« Depuis un certain temps déjà, je m’efforçais, autant que je le pouvais, afin qu’une famille, le couple et un enfant, de mon âge se confesse, ce qu’ils ne faisaient plus depuis des années. Tout ce qui s’est passé, ce n’est que de vive voix que je pourrai vraiment vous l’expliquer. Je leur avais dit que le jour où ils se confesseraient, ils communieraient à l’église et que moi je communierais chez moi, étant donné que je ne pouvais plus aller à l’église. Ils m’ont donné comme réponse qu’ils viendraient eux aussi communier chez moi, à ce que j’ai répondu que cela ne serait peut-être pas possible. Et j’ai continué à demander au bon Jésus et, à chaque fois qu’ils venaient me visiter, nous parlions de cela. Enfin, le 13 dudit mois, le père et le fils sont venus me visiter et, étant restée seule avec le père, il m’a affirmé qu’il allait se confesser et il me dit également des choses qui m’ont beaucoup émue. C’est décidé, ce sera pour le triduum. Ils me l’ont promis, sauf si le démon vient s’en mêler, mais j’ai confiance dans le Seigneur qui peut tout faire. »

Révérend Père Pinho, cela ne m’étonne pas que Votre Révérence n’ait pas compris ce que je vous disais dans ma dernière lettre, car je n’ai pas pu bien m’expliquer et que je ne le pourrai pas par écrit. Le cas est très compliqué : il ne pourra être explique que de vive voix, car c’est un vrai imbroglio. Cela fut assez grave pour beaucoup m’affliger, mais pas au point de me troubler sur cette affaire.

Mes souffrances sont toujours très grandes, mais je reconnais qu’elle ne sont rien par rapport à celles que je mérite. Daigne Notre Seigneur, par son infinie miséricorde, que je vive jusqu’au triduum. Voulez savoir une chose qui m’a beaucoup consolée ? Ce fut de me dire que vous veniez le 20 dans le Nord, donc plus près de moi et que je peux déjà dire que le triduum c’est pour le mois prochain.

Je vous remercie pour la grande charité que vous avez eue envers moi en priant pour moi qui en ai tant besoin ! Je n’oublie jamais Votre Révérence dans mes pauvres prières et dans toutes mes souffrances.

Recevez les bons souvenirs de ma mère et de Deolinda ; elle vous racontera tout lors du triduum. Ayez la charité de bénir la pauvre petite malade,

Alexandrina Maria da Costa

mercredi 6 mai 2009

LIVRES SUR ALEXANDRINA

Chers amis de la Bienheureuse Alexandrina,

Voici une bonne nouvelle qui réjouir un grand nombre parmi vous :
L’Association “Alex-Diffusion” dont le but est celui de faire connaître la bienheureuse Alexandrina de Balasar, a reçu, de la part de l’un de ses membres, un don très important qui va lui permettre de faire imprimer deux biographies de la Bienheureuse.
La première est l’œuvre du Père Mariano Pinho, sj, premier Directeur spirituel d’Alexandrina et a pour titre :

UNE VICTIME DE L’EUCHARISTIE (208 pages)

La deuxième biographie, beaucoup plus réduite (100 pages), écrite par l’une de nos collaboratrices, Paulette Leblanc, a pour titre :

ALEXANDRINA DE BALASAR (100 pages)

Nous pensons que ces ouvrages seront sortis des presses vers le mois de septembre prochain et vous seront proposés à des prix très intéressants, prix que nous vous communiqueront dans les prochains mois, après avoir fait le point des dépenses engagées.
Nous espérons que vous serez nombreux à les commander, car il n’y aura, dans un premier temps, que 1 000 exemplaires de chaque (nos finances ne nous permettent pas d’aller au-delà).
Si vous souhaitez réserver dès maintenant (sachant que le plus cher ne dépassera pas 15€), vous pouvez le faire auprès de notre partenaire, à l’adresse ci-après, sachant toutefois qu’aucune livraison ne pourra être faite avant fin septembre. Nous tenons à le préciser pour éviter tout mal entendu.


Faisons connaître Alexandrina et elle nous fera connaître, elle aussi, auprès de son céleste époux : Jésus.

mercredi 1 octobre 2008

AUTOBIOGRAPHIE III

Première communion

En janvier 1911, avec ma sœur, nous avons été envoyées à Póvoa de Varzim,[1] afin de pouvoir fréquenter l’école [2]. La pensée de ce que cela m’a coûté de quitter ma famille me répugne. Pendant longtemps, j’ai beaucoup pleuré. Pour me distraire, on me comblait de caresses et on cédait à tous mes caprices. Après un certain temps, je me suis résignée. J’ai, toutefois, continué à être gamine : je m’agrippais derrière les tramways, pour de longs parcours; je traversais la route au moment où ceux-ci démarraient : les conducteurs ont été obligés de se plaindre à ma nourrice. Souvent je m’enfuyais de la maison pour aller sur la plage ramasser les algues: je pénétrais dans l’eau comme les pêcheurs. Ce qui affligeait le plus ma nourrice, c’était que je m’absentais en cachette.
À Póvoa de Varzim j’ai fait ma première communion. Le Père Alvaro Matos m’a examinée sur le catéchisme, m’a confessée et m’a donné la Communion pour la première fois. J’avais alors 7 ans. Comme prix j’ai reçu un beau chapelet et une image pieuse. J’ai communié à genoux et, malgré ma petite taille, j’ai pu fixer la sainte Hostie, de telle manière qu’elle s’est imprimée en mon âme. J’ai cru alors m’unir à Jésus pour ne plus être séparée de Lui. Il a pris possession de mon cœur, ce me semble. La joie que je ressentais était inexprimable. À tous j’annonçais la bonne nouvelle. Ma maîtresse, désormais, me menait chaque jour à la communion.
Ce fut à Vila do Conde,[3] que j’ai reçu, des mains de Son Excellence l’Évêque de Porto,[4] le sacrement de Confirmation. Je me souviens, très bien, de cette cérémonie et de la joie qu’elle m’a procurée. Au moment où je recevais ce sacrement, je ne sais pas bien expliquer ce que j’ai ressenti: on dirait une grâce surnaturelle qui me transformait et qui m’unissait plus profondément à Notre-Seigneur. Je voudrais bien expliquer tout cela, mais je ne le sais pas.
___

[1] Cette petite ville balnéaire, se trouve à environ 16 kilomètres de Balasar. Les deux sœurs furent mises en pension chez un menuisier, monsieur Pedro Teixeira Novo, qui demeurait rue da Junqueira. Les deux sœurs fréquentèrent l’école Mónica Cardia, madame Emília de Freitas Alvares ayant été leur institutrice.
[2] Il n’y avait pas à Balasar, à ce temps-là, d’école pour les filles. Il n’existait qu’une école de garçons. En effet, à cette époque, la scolarité était un privilège réservé à quelques-uns, car la plupart des enfants travaillaient dès leur plus jeune âge, dans les champs avec leurs parents. Ce n’est qu’en 1931, qu’une école de filles fut ouverte dans le village.
[3] Petite ville balnéaire, à 3 kilomètres de Póvoa de Varzim.
[4] Monseigneur Antonio Barbosa Leão, duquel Alexandrina conserva une photo jusqu’à sa mort, en souvenir de sa Confirmation.

jeudi 25 septembre 2008

JOURNAL - 20-02-1942

Bienheureuse Alexandrina
20 février 1942

Jésus, je viens à votre rencontre. Où êtes-Vous? Ne pourrai-je pas vous trouver? Entendez au moins mes plaintes. Si Vous me manquez, je n’ai plus personne. Ne m’avez-Vous pas vue ce matin clouée en croix avec Vous, dans une grande agonie, les yeux levés vers le ciel, que j’ai senti et j’ai vu disparaître sans le moindre espoir de le revoir et encore moins d’y entrer ? Quelle grande tristesse que la mienne de voir que tout est perdu et sans le moindre remède !
Une fois descendue de la croix, j’ai commencé à monter vers le calvaire. J’étais si faible, si anéantie ! Je marchais péniblement, le visage presque contre terre ; je tombais ici et là, me blessant douloureusement : mon corps baignait dans le sang. Combien grande était ma peur de savoir que dans un instant j’allais être crucifiée et que je n’avais aucun soutien sur la terre ! Heureusement j’avais l’aide de votre divin amour : Vous êtes venu à ma rencontre.
― “Ma fille, l’aide humaine te manque ; aie courage, car l’aide divine ne te manquera jamais.
Le calvaire est le chemin de mes élus ; le calvaire est le chemin de mes épouses ; le calvaire est le chemin de mes crucifiées. C’est par le calvaire que j’accorde le pardon aux pécheurs ; c’est par le calvaire que je remplis les cœurs d’amour.
Courage ! Aie courage, ma petite folle ! Ton Jésus, ta Mãezinha et ton Père spirituel t’accompagnent, t’aident, dans une intime union!”
― Merci, mon Jésus !
Animée par Vos douces paroles, je me suis rendue au Jardin des Oliviers. Je nous Vous y ai pas rencontré, mais votre divine force a vaincu en moi. Dès le débout j’ai ressenti l’audace avec laquelle les soldats se sont présentés à Gethsémani pour la capture. J’ai vu qu’à leur tête Judas, les lèvres pleines de venin. J’ai ressenti sur mon corps les coups de pied qu’un peu plus tard, alors que l’on me ramenait attachée avec des cordes, on me donnait. J’ai eu dans mon cœur Vos sentiments, lors que devant vos yeux vous voyiez tous les péchez et crimes du monde. Si seulement, par ces souffrances, toutes les âmes auraient pu être sauvées ! Mais, ô malheur, combien se perdront encore ne profitant pas de ma souffrance ! Ô Jésus, j’ai senti mon corps recouvert de sang et mes vêtements collés à lui et à la terre. Mais plus encore, beaucoup plus encore a souffert votre corps délicat et divin !
Lors de la flagellation et du couronnement d’épines vous avez toujours veillé sur moi. A l’abri et soutenue par un amour aussi si saint et pur, j’ai senti que mon âme s’enivrait de suavité et de paix et ce fut dans cet état que je me suis un peu reposée.
La Mãezinha est venue ensuite : Elle m’a prise dans ses bras, m’a caressée tendrement. Malgré cela j’ai dû faire appel à Vous et à Elle. En effet, apeurée par la tristesse et par l’abandon, je défaillais continuellement : je n’avais pas la force nécessaire pour poursuivre mon chemin. C’était en vain que j’appelais le ciel. L’abandon était total : il fallait que je sois seule pour agoniser en croix. Pendant cette douloureuse agonie une lance est venue se planter dans mon cœur ; il fallait que j’expérimente toute cette douleur avant d’expirer. Pauvre de moi, pauvre humanité qui ignore combien Vous avez souffert pour elle, ô Jésus !
La crucifixion terminée, j’ai apparemment continué de vivre seule et je me souvenait avec tristesse du départ de mon Père spirituel.
Une preuve de plus de votre amour infini, mon Jésus !
Vous avez permis alors que le Docteur [Azevedo] non seulement s’occupe de mon corps mais aussi d’amenuiser la profonde douleur qui habitait mon âme. Vous qui connaissez tout, Vous Vous êtes servi de lui afin de préparer mon cœur à recevoir cette dernière blessure.
Merci, mon Jésus ; je ne peux dire que cela : merci. Laissez-moi dire avec Vous : “Mon âme est triste à en mourir”. J’ai perdu la lumière, j’ai tout perdu.
Accorde-moi ta bénédiction et ton pardon, mon Amour[1].

[1] Alexandrina qui avait jusqu’ici employé le vouvoiement, termine son texte par le tutoiement : c’est l’épouse qui s’adresse à l’Époux.

samedi 20 septembre 2008

ALEXANDRINA ET SATAN

La fureur de Satan

Si le monde savait combien sont terribles les pièges du démon ! O combien je souffre de ses assauts ! Si seulement le monde savait ce que c'est que l'enfer, ce que c'est que la perversité et la fureur de Satan, probablement qu'il ne pécherait pas autant ! [1]
Cette nuit il s'est déchaîné contre moi. On dirait qu'il voulait tout détruire. Méchancetés, paroles et gestes inconvenants. Mon corps paraissait déjà anéanti par tant de fatigue...
— Je ne veux pas commettre de péché, mon Jésus. L'enfer plutôt que le plaisir. Ce que je veux, mon Jésus, c'est ne pas perdre un seul instant de consolation et de réparation pour Vous et pour le salut des âmes...
Ces paroles ont suffi à faire enrager davantage le démon...
Toutefois, il est parti quand il a entendu la voix de Jésus qui me disait :
— Si tu pouvais voir, ma fille, combien je suis offensé à cette heure-ci contre la vertu de pureté, tu mourrais d'horreur et de douleur. Mais ta réparation me fait oublier bien des offenses. Cette consolation je ne peux l'avoir que d'une vierge à la pureté angélique !... (...)
— Me voici prête à tout, Seigneur !...
La pureté est la vertu que j’aime le plus et pour la défense de laquelle je souffre davantage : ce, est que par votre grâce et votre miséricorde que je ne vous offense pas gravement... [2]
[Le démon dit un jour à Alexandrina] :
— Donne-toi à moi, comme tu t'es donnée à Dieu ; embrasse-moi avec amour comme tu as embrassé le crucifix. Remarque que moi je ne te fais pas souffrir, moi... et figure-toi que Dieu n'a pas de Ciel à te donner. Jouis avec moi, jouis des plaisirs de ce monde.
Il m’empêchait d'invoquer Jésus. Il se plaçait entre moi et Lui, afin que je ne L'entende pas et de surcroît, il dansait devant moi. Il me donnait ses ordres criminels et, vu que je ne cédais pas, il redoublait de fureur et je sentais comme s'il me tordait et me broyait complètement. Mon corps semblait être brisé par lui. Il ne s'agissait en fait que de sensations, étant donné qu'il ne s'approchait jamais de moi au point de me toucher. Les battements de mon cœur se chevauchaient, battaient la chamade.
Après la lutte, certaines fois, je sens comme une brise qui me rafraîchit et me remet en place tout à fait. Cette nuit il en a été de même. Tombée sur le côté, sur les coussins, et sans pouvoir me relever ni même faire le moindre mouvement, je ne résistais plus dans cette position.
Très triste, je répétais :
— Secourez-moi, secourez-moi, Jésus !
J’ai senti Jésus à côté de moi :
— Ma fille, amour de l’Amour, mon divin souffle suffit pour te relever et même à te remettre à ta place.
J’ai senti le souffle de Jésus et, au même moment, je me suis retrouvée sur les coussins.
Jésus a continué :
— Dis-moi, ma fille, que veux-tu de moi ?
— Votre amour !
— Que veux-tu que je fasse ?
— Votre divine volonté.
Jésus m’a serré doucement contre son divin Cœur et a ajouté :
— Ma volonté est que tu aies du courage dans les souffrances que je te demande et que tu répares de cette façon. Répare, répare, ma vierge pure, vierge remplie d’amour pour moi.
Peu après je me suis endormie pour un léger et bref sommeil.[3]


[1] Alexandrina vécut, mystiquement, les peines des damnés.
[2] Journal du 8 janvier 1945
[3] Journal du 11 janvier 1945

dimanche 18 novembre 2007

NOUVELLES DES SITES

OCTOBRE 2007

Nous avons partagé avec vous, pour le mois de septembre dernier, les résultats des statistiques concernant les sites dédiés à la bienheureuse Alexandrina de Balasar, c’est-à-dire :
http://alexandrinabalasar.free.fr/ (Le Site officiel)
http://alexandrina.balasar.free.fr/ (Le site français)
Les résultats du mois d’octobre que nous vous livrons maintenant, sont assez surprenants. Jugez-en :

SITE OFFICIEL :

Vous avez été 6 909 à vous y rendre et, par la même occasion, 14 650 pages ont été consultées.
Une autre information encore (et c’est là la surprise) les plus nombreux ont été les Brésiliens qui occupent la première place avec 40,52%, suivis par les internautes Portugais qui ont représenté 26.52%.
La France occupe la troisième place avec 5.26%, devant les États-Unis qui occupent la quatrième place avec un honorable 4.83%.
Rappel:
– Brésil : 40,25%
– Portugal : 26,52%
– France : 5,26%
– États-Unis : 4,83%

SITE FRANCE :

En ce qui concerne ce site qui affiche déjà plus de 161 000 visiteurs depuis sa création en 2002, le nombre de visiteurs pour le mois d’octobre a été de 4 566 et 7 254 pages ont été consultées.
C’est un beau résultat, car ce site traite non seulement du développement de la connaissance de la bienheureuse Alexandrina, mais également de l’Église qui est au Portugal et d’un certain nombre de ses diocèses.
Les textes du Magistère y figurent aussi en bonne place.
Pour ce qui concerne le palmarès, le voici :

1 – France : 31, 23%
2 – Portugal : 19,82%
3 – États-Unis : 10,76%
4 – Brésil : 10,30%

La place qu’occupent les États-Unis dans les deux classements est assez intéressante et très encourageant. Souhaitons que leur nombre augmente encore.
Bravo aux Brésiliens pour leur fidélité et leur enthousiasme contagieux !

vendredi 12 octobre 2007

DERNIERES NOUVELLES

Dernières Nouvelles de Balasar

Le 10 octobre dernier, Balasar a reçu la visite d’un pèlerinage venant des Etats-Unis.

Le 11, ce fut le tour d’un autre pèlerinage — un peu inattendu ! — venu de Moscou et composé de catholiques et d’orthodoxes.

La Congrégation brésilienne des Filles de la Pauvreté du Très Saint-Sacrement est dors et déjà installée à Balasar et commence son apostolat. Elles ont comme patronne Alexandrina de Balasar.

Il faut encore signaler la parution du beau livre du Professeur José Ferreira : Jusqu’aux confins du monde, dans ses deux éditions, portugaise et anglaise.

Le 13 octobre, comme il est su de tous, ce sera le 90e anniversaire de la dernière apparition de Marie à Fatima, mais également le 52e de la mort de la bienheureuse Alexandrina.

Le 14 octobre aura lieu, dans la chapelle du cimetière de Balasar, l’inhumation des restes mortels du premier directeur spirituel d’Alexandrina, le Père jésuite Mariano Pinho, décédé au Brésil en 1963.

mercredi 3 octobre 2007

STATS SEPTEMBRE 2007

Statistiques du mois de septembre 2007
En vous communicant les statistiques du mois de septembre pour le site français de la bienheureuse Alexandrina de Balasar, nous voulons également vous remercier pour votre empressement à le visiter.
Nous espérons que les dernières modifications (du point de vue présentation) vous ont plu et que vous serez de plus en plus nombreux à vous y rendre.
Pour ce qui concerne le site Officiel de la Bienheureuse, il est loin encore d’atteindre le nombre de visiteurs que nous vous donnons ici. Mais il faut aussi savoir que le Site Officiel est vraiment né le 22 août 2005 : il n’a donc que deux années de “vie”.
Il a accueilli jusqu’au 30 septembre dernier quelques 8 940 visiteurs dont la majorité sont des brésiliens et des portugais, comme vous pourrez le voir ci-après :


SITE OFFICIEL

BRESIL 38%
PORTUGAL 30%
FRANCE 7%
USA 6%
ITALIE 3%
ALLEMAGNE 2%
HOLLANDE 1%
Etc …
Merci encore pour votre fidélité!
Le Webmaster

mardi 2 octobre 2007

P. MARIANO PINHO

Excellente nouvelle !

Au lendemain de la fête liturgique de la bienheureuse Alexandrina de Balasar, le village va accueillir en grande pompe les restes mortels du Père Mariano Pinho, le Jésuite qui fut son premier Directeur spirituel, mort en odeur de sainteté à Recife, au Brésil, le
La paroisse de Balasar a souhaité ― et obtenu ― d’être la dépositaire des restes mortels de ce saint Prêtre qui a tant fait pour Alexandrina.
Ces restes mortels vont être déposés le 14 octobre prochain dans une chapelle qui avait été aménagée pour abriter le corps de la bienheureuse ― qui est maintenant dans l’église paroissiale ― construite dans le cimetière communal.
Cette belle petite chapelle vient d’être remise en état pour recevoir cet “hôte de marque”.
Le Père Mariano Pinho y reposera, pendant que le diocèse de Braga se charge de mettre en route le procès diocésain en vue de sa béatification et canonisation.
Prions pour que ce même procès commence bientôt et que bientôt le “père et la fille” puissent être vénérés ensemble dans ce village prédestiné.

lundi 23 juillet 2007

DIRECTEUR SPIRITUEL

Un saint prêtre

En 1933 Alexandrina a 19 ans et elle vit déjà une intense vie spirituelle, où les “touches” divines sont déjà fréquentes, comme elle-même l’explique dans son Autobiographie, mais elle n’avais toujours pas de Directeur spirituel. Le Seigneur qui est “riche en Miséricorde”, va y pourvoir d’une façon particulière.
Alexandrina “ignorait ce que c’était qu’un directeur spirituel”, ne sachant même pas qu’il est préférable d’en avoir un particulièrement lorsqu’on est dépositaire de charismes particuliers. Mais, Alexandrina ignorait aussi qu’elle avait en elle, gratuitement offerts par Dieu, ces dons exceptionnels qui allaient faire d’elle une “Doctoresse en sciences divines”.
Le Seigneur qui dans son amour envers nous, cherche toujours des moyens efficaces pour nous faire retourner à Lui, a voulu avoir besoin de cette jeune fille pure et sage qui ne laissait jamais terminer l’huile de sa lampe, qui n’était donc pas une “vierge folle”. Pour ce faire, Il lui choisit un Directeur spirituel, sage lui aussi, capable de la guider, de la soutenir, de lui tenir la main dans les moments difficiles, de l’aider à monter le dur chemin de la vie spirituelle, souvent parsemé d’embuches, semées par le “singe de Dieu”.
Ce Cyrénéen choisi par le Seigneur sera le père Mariano Pinho, jésuite, âme d’une grande humilité, excellent directeur d’âmes, bon théologien et grand prédicateur.
Il viendra à Balasar, le 16 août 1933, prêcher un triduum en l’honneur du Sacré Cœur de Jésus et leur rencontre se fera à ce moment-là, comme Alexandrina le raconte ci-après.

* * * * *

« J’ignorais ce que c’était qu’un directeur spirituel : c’était Monsieur le Curé qui guidait mon âme[1].
Ma sœur, lors d’une retraite des “Filles de Marie” [2] a demandé au prédicateur, le Père Mariano Pinho,[3] de devenir son directeur spirituel. Celui-ci mis au courant de mon existence et de ma maladie, a sollicité mes prières, avec la promesse de réciprocité. De temps à autre il m’envoyait une image pieuse.
Deux ans plus tard, ayant appris qu’il était malade, mon émotion est allée jusqu’aux larmes; je ne sais pas pourquoi. Ma sœur, étonnée, m’a demandé pourquoi je pleurais alors même que je ne le connaissais pas. Je lui ai répondu :
— Je pleure parce qu’il est mon ami et que je le suis aussi de lui.
Le 16 août 1933, le Père Pinho est venu dans notre paroisse prêcher un triduum en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus et, à cette occasion je l’ai obtenu comme directeur spirituel. Je ne lui ai pas parlé de mon offrande pour les Tabernacles, de la chaleur que j’éprouvais, de la force qui me soulevait,[4] ni des paroles que j’interprétais comme de simples inspirations [5] de Jésus. Ce ne fut que quelques mois plus tard que j’ai mis le Père au courant des paroles de Jésus. Je n’ai rien dit d’autre, parce que je ne comprenais rien aux choses du Seigneur. Le Père ne m’a pas confirmé s’il s’agissait bien de paroles de Dieu; toutefois, je continuais à vivre très unie au Seigneur: jour et nuit, les Tabernacles étaient ma demeure préférée.
(…)
Ce fut seulement au mois d’août 1934 que je me suis décidée à ouvrir mon cœur à mon Père spirituel, venu à Balasar pour une série de sermons. J’ai eu peur, alors, qu’une fois au courant de ma vie, il ne veuille plus continuer de me diriger.
Alors même que je me débattais avec ce doute, Jésus m’a dit :
— Obéis en tout : ce n’est pas toi qui l’as choisi, mais moi qui te l’ai envoyé.
Quand le Père m’a demandé de quelle façon j’avais entendu lesdites paroles, il ne m’a pas expliqué si elles étaient ou non de Jésus.
Quelques jours plus tard, ma sœur, ayant remarqué que je consacrais beaucoup de temps à la prière, m’en a demandé l’explication. Je lui ai dit comment j’occupais mon temps et ce que je ressentais, ajoutant que c’était sûrement la foi et la ferveur avec laquelle je récitais mes prières qui m’absorbaient de la sorte. Deolinda a semblé d’accord et m’a demandé de lui dire tout, afin de pouvoir se remplir de ferveur, elle aussi »[6].

____
[1] Alexandrina n’est pas la seule à ignorer ce que c’était qu’un directeur spirituel et sa nécessité. En effet, avant elle, Jean-Jacques Olier, dont la culture et la sainteté sont connues de tous, avoue lui-même, dans ses écrits autobiographiques: “n’ayant point de directeur et n’en connaissant pas, n’en sachant même pas la nécessité”.
Jean-Jacques Olier: “Mémoires authentiques”. Tome I, page 90.
[2] En 1931.
[3] Le Père Mariano Pinho naquit à Porto (Portugal) le 16 janvier 1894. Il est entré à la Compagnie de Jésus à Alsemberg, en Belgique, le 7 décembre 1910. Les Jésuites avaient, en effet, été expulsés du Portugal, lors de l’avènement de la République, le 5 octobre de la même année 1910. Après son cours de philosophie — à Ona (Espagne), il partit en Autriche, à Innsbruck, où il fit sa théologie. Entre ces deux matières, il fit un séjour au Brésil où il fut professeur au Collège Antonio Vieira. C’est dans ce pays « frère » qu’il fut ordonné prêtre le 7 février 1926. Revenu au Portugal, il fut le directeur du « Messager du Sacré-Cœur ».
Il jouissait d’une grande renommée en tant que prédicateur, raison pour laquelle il prêchât dans les plus importantes églises du Pays. Il a écrit aussi de nombreux ouvrages et avait un penchant pour la musique. Il composait avec une certaine facilité : il avait une âme d’artiste.
Il devint, en 1933, directeur spirituel d’Alexandrina Maria, charge qu’il occupa jusqu’en 1942, de façon régulière. Victime de calomnies et de l’opposition de certains de ses collègues, il dut abandonner la direction de la Servante de Dieu et fût exilé au Brésil, où il rendit sa belle âme à Dieu le 11 juillet 1963, deux avant que ne commence le procès diocésain de béatification de sa dirigée.
Le Cardinal Patriarche de Lisbonne, Manuel Gonçalves Cerejeira, disait de lui: « Le Père Mariano Pinho fut un saint malgré sa charité ingénue... »
[4] Il lui arrivait aussi de subir la lévitation.
[5] Il ne s’agissait pas d’inspirations, mais de vraies locutions intérieures. Deolinda confirma les lévitations de sa sœur.
[6] Autobiographie.