dimanche 29 mars 2009

ANNIVERSAIRE

L'ANNIVERSAIRE D'ALEXANDRINA



La bienheureuse Alexandrina Maria da Costa est née le 30 mars 1904, à Gresufes, lieu-dit de Balasar.
Nous ne saurions laisser passer cette date sous silence et lui souhaitons de tout cœur un 105e anniversaire au Ciel.




Sur la photo, nous pouvons voir sa mère, Ana da Costa et le crucifix qui se trouve à côté de son lit. Ce fut ce crucifix que le malin lui déroba et qui resta introuvable pendant bien longtemps. Il fut retrouvé en plein milieu du jardin de la maison familiale.

jeudi 12 mars 2009

VIA CRUCIS I

Dans le précédent message, la bienheureuse Alexandrina, commençait son journal spirituel du jour par ces mots:
"Les ténèbres à Géthsémani étaient accablantes. Toutes les souffrances étaient épouvantables. Les péchés du monde étaient le pressoir le plus dur qui serrait mon cœur et le vôtre. C’était le péché, seulement le péché qui causait toutes ces souffrances ; c’était le péché qui éloignait de moi le Ciel, me laissant dans plus grand abandon, m’obligeait à suer du sang. Ce fut le péché, uniquement le péché, qui fut le bourreau de toute votre Passion. Combien je vous dois, mon bon Jésus, d’avoir souffert pour moi et de m’associer à vous !"

Pour mieux comprendre ces "ténèbres de Gethsémani" dont elle parle, nous pensons qu'un extrait du filme de Franco Zeffirelli, est plus à même de nous aider tous à mieux comprendre le prix de notre salut... Et, cela ne fait que commencer!...
* * *

vendredi 27 février 2009

TENEBRES A GETHSEMANI

Le péché éloignait de moi le Ciel


Les ténèbres à Gethsémani étaient accablantes. Toutes les souffrances étaient épouvantables. Les péchés du monde étaient le pressoir le plus dur qui serrait mon cœur et le vôtre. C’était le péché, seulement le péché qui causait toutes ces souffrances ; c’était le péché qui éloignait de moi le Ciel, me laissant dans plus grand abandon, m’obligeait à suer du sang. Ce fut le péché, uniquement le péché, qui fut le bourreau de toute votre Passion. Combien je vous dois, mon bon Jésus, d’avoir souffert pour moi et de m’associer à vous !
Je ne pouvais déjà plus résister, mais votre divine voix m’a dit tout bas :
― “Tu as, mas fille, toujours devant tes yeux, l’amour de ton Jésus!”
O mon Amour, je sens disparaître de jour en jour, à chaque moment, les forces de mon corps et de mon âme ! Ce n’est qu’en vous ayant crucifié en moi que je pourrai vaincre. Je ne vis déjà plus, car tout en moi est mort.
J’ai été flagellée et couronnée d’épines, puis je me suis reposée dans votre divin Cœur ; je le serrais très fort contre le mien : m’y accrocher pour toujours et ne jamais m’en séparer était mon plus grand désir. Il y eut de courts moments ou vos avez laisser tomber votre grâce sur moi et quelques rayons de votre Amour ont réchauffé mon cœur.
Quand je me suis reposée auprès de la Petite Maman du Ciel, ses très saintes lèvres s’unissaient aux miennes pendant tout le temps de mon repos. Ce ne sont pas là des consolations, mon Jésus, vous savez bien que tout cela a disparu pour moi, ce sont des aides que vous me procurez, sans lesquelles ma crucifixion serait impossible.
Je suis partie vers le calvaire : à chaque pas je tombais à terre, presque mourante. Lorsque j’ai été clouée en croix, comme des fontaines le sang coulait de mes plaies. Les insultes que j’entendais tailladaient tout mon corps. La souffrance faisait battre tellement mon cœur que j’avais l’impression que ma poitrine allait s’ouvrir. Vous appeler au secours, crier vers le Ciel, tout cela était inutile. Autour de moi tout était ténèbres et abandon, seul me restait une agonie mortelle.
O mon Jésus, la crucifixion est terminée, la nuit est déjà bien avancée et, en haut du calvaire je reste les bras ouverts, clouée à la croix, dans la nuit la plus triste, en criant toujours : “O Ciel, ô Ciel, ô Ciel, pourquoi m’as-tu abandonnée ? O terre qui me méprises et me haïs !”
Mon cri se perd dans un monde d’abandon ; l’écho de ma voix se perds dans un monde sans fin. Je suis seule, Jésus, je tremble à cause du froid et de la faim. Je suis aveugle, j’ai perdu la lumière. Le monde n’existe-t-il plus, mon Amour ? Ce ne sont que ténèbres et aveuglement. Ajouter, mon Jésus, à cette vie pénible, la douleur que me cause le départ de mon Père spirituel. Jésus, Jésus, permettez tout, sauf le scandale ; je ne veux pas que vous soyez offensé et bien encore moins dans ce qui me concerne. Pardonnez à tous, pardonnez-moi aussi et accordez-moi votre bénédiction, Jésus.
Sentimentos da alma, 27 février 1942

dimanche 15 février 2009

BULLETIN D'ALEXANDRINA

Le Bulletin d’informations (n° 8-9) de la paroisse de Balasar vient de paraître. Il est bien entendu rédigé en portugais et cette annonce s’adresse donc aux nombreux portugais vivant en France, ainsi qu’à tous ceux qui parlent et lisent cette langue.
On y trouve divers articles très intéressants, dont un écrit par le professeur José Ferreira et intitulé : “La bienheureuse Alexandrina et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus”, où il démontre avec précision les liens existants entre ces deux âmes de prédilection.
Un autre article très intéressant également, nous parle du Père Mariano Pinho, sj, premier directeur de la Bienheureuse. Cet article est signé par un autre jésuite, le Père Dário Pedroso, Directeur de la revue de l’Apostolat de la Prière au Portugal et grand connaisseur de la bienheureuse Alexandrina.
Un témoignage de notre collègue et amie Yolanda Cazas, du Méxique, témoignage sur le Père Hector Calovi, salésien et vice-postulateur de la cause de la Bienheureuse, décédé le 19 septembre 2008.
En dernière page du même Bulletin, on peut lire le détail de plusieurs grâces obtenues par l’intercession d’Alexandrina de Balasar et les noms de beaucoup d’autres qui en signalent des grâces mais n’en donnent pas le détail.

dimanche 25 janvier 2009

VERTUS HEROÏQUES

VATICAN, 17 janvier 2009 ( VIS). Ce matin, le Saint-Père a reçu Mgr. Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints et a autorisé la promulgation des décrets suivants, relatifs à:

VERTUS HEROIQUES

– du serviteur de Dieu Juan de Palafox y Mendoza (1600-1659), Evêque d'Osma (Espagne).
– du serviteur de Dieu Robert Spiske (1821-1888), prêtre polonais fondateur des Sœurs de Sainte Edvige.
– de la servante de Dieu Carolina Beltrami (1869-1932), laïque italienne fondatrice des Religieuses immaculées d'Alessandria.
– de la servante de Dieu María de la Inmaculada Concepción (María Isabel) Salvat y Romero (1926-1998), religieuse espagnole, Supérieure générale des Soeurs de la Compagnie de la Croix.
– de la servante de Dieu Liberata Ferrarons y Vives (1803-1842), laïque espagnole du tiers ordre carmélitain.
En outre, lors de l'audience concédée au Cardinal Secrétaire d'Etat le 22 décembre dernier, le Saint-Père a autorisé la promulgation du décret relatif aux vertus héroïques du serviteur de Dieu José Tous y Soler (1811-1871), prêtre espagnol Capucin fondateur des Religieuses de la Mère du divin Pasteur.

Mgr. Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

vendredi 12 décembre 2008

L'AMOUR QUI MEUT LE SOLEIL


“L'AMOR CHE MUOVE IL SOLE E L’ALTRE STELLE”
“L’AMOUR QUI MEUT LE SOLEIL ET LES AUTRES ETOILES”

Eugenia Signorile est l’une des rares personnes qui se soit plongée à fond dans la vie et les écrits de la bienheureuse Alexandrina ; de cela il lui est resté une immense fascination qu’elle a essayé d’exprimer dans les livres successifs qu’elle a écrits..
Le dernier, sorti il y a à peine quelques jours, a un titre très original : “L’amore che muove il sole e l’altre stelle” — “L’Amour qui meut le Soleil et les autres étoiles”. La phrase est le dernier vers de la Divine Comédie de Dante. Il est bon de transcrire ci-après les vers précédents :

A l'alta fantasia qui mancò possa;
ma già volgeva il mio disio e 'l velle,
sì come rota ch'igualmente è mossa,
l'amor che move il sole e l'altre stelle.
Ce qui veut dire :
“A la haute imagination ici manqua le pouvoir ;
mais déjà, comme une roue mue également,
tournait mon désir et le vouloir,
l’Amour qui meut le Soleil et les autres étoiles”. (Trad. Lamennais)
L’auteur, Eugenia Signorile a écrit une fois qu’elle avait l’obsession de l’amour. C’est certainement avec ce thème johannique qu’elle a voulu remplir les pages de son livre. L’amour est présent dans les titres des quatre parties qui le composent : I – Comment Jésus aime ; II – Comment Alexandrina aime ; III – L’amour mutuel entre Jésus et Alexandrina ; IV – Comment la Mère aime.
Le titre primitif était : “Les protagonistes de l’amour”. Et ce sont eux, ces protagonistes, que naturellement on retrouve dans ces titres.
Le livre décrit une vision d’Alexandrina, racontée au Père Pinho dans une lettre datée du 10 septembre 1940 :

« Dimanche dernier — le 8 septembre —, jour anniversaire de la chère “Mãezinha” (voilà l’explication de cette extase qui eut lieu un dimanche, peut-être le seul), un tableau s’est gravé dans mon âme, tableau qui n’est pas encore disparu ; (…)
Elle
— la Vierge Marie — du haut du ciel contemplait la terre, les yeux fixés sur la pauvre humanité. Son très-saint Cœur était dans une douleur presque mortelle. La tête inclinée vers la terre, Elle n’écartait pas de notre terre son très-saint regard, regard plein de tendresse et de compassion.
Mais, quelle douleur si poignante et combien son Cœur était blessé ! Oh ! Combien souffre notre chère et tendre Mère !
Nous sommes mardi et cette scène ne m’a toujours pas quittée: on dirait qu’elle s’est gravée en moi pour toujours.

Il n’y a même pas une heure je l’ai encore revue inclinée vers la terre, ne parvenant pas à retirer d’elle ses yeux, des yeux qui ressemblaient à deux sources de larmes, larmes d’une profonde douleur qui baignaient la terre ».
Et Eugenia Signorile de conclure :

“Cette scène restera-t-elle aussi gravée dans nos cœurs ?
Oui ! Dans le cœur de beaucoup de personnes, qui, enveloppées dans la flamme d’amour de ces modèles, seront pris dans l’élan généreux de la construction d’un monde de justice et de paix, dans lequel,

le Cœur Immaculé triomphera
(Fatima, le 13 juillet 1917)

Dans la deuxième page de couverture, on trouve l’un de ces extraordinaires éloges que Jésus, assez fréquemment, adressait à Alexandrina et qui naturellement la placent parmi les plus hauts noms de la sainteté :

“Je veux que tout ce qui m’appartient transparaisse en toi :
Je veux que ton regard ait la pureté du Mien ;
Je veux que tes lèvres aient le sourire et la tendresse des miennes ;
Je veux que ton cœur ait la tendresse, la charité et l’amour du Mien ;
En somme :
Je veux que tu m’imites en tout, Je te veux semblable à Moi”.

Le livre porte le nom d’Alexandrina comme auteur ; il est orné de plusieurs illustrations originales (dont deux de Brenda Hunter et les autres d’Elisabeta Alberti) et il est édité par la Mimep-Docete.

samedi 15 novembre 2008

AUTOBIOGRAPHIE - VII

Amour envers les pauvres,les malades et les vieillards

J’étais très amie des vieillards, des pauvres et des infirmes. Quand j’apprenais que quelqu’un n’avais pas de quoi se couvrir suffisamment, je demandais à ma mère de m’en fournir le nécessaire à cet effet. Souvent j’allais tenir compagnie à ceux qui souffraient. J’ai assisté à la mort de certains, priant comme je le savais. J’aidais à habiller les défunts, même si cela me coûtait beaucoup ; je le faisais par charité. Je n’avais pas le courage de laisser les parents du défunt tout seuls. Je leur rendais volontiers ces services, les voyant si pauvres.
J’aimais beaucoup faire l’aumône aux pauvres. Combien de fois j’ai pleuré, parce que impuissante à les aider selon leurs besoins! Je me sentais heureuse de me priver de ma propre alimentation, pour eux.
Malgré ma jeunesse, il m’arrivait souvent de donner des conseils à de plus âgés que moi [1]. Je les réconfortais comme je le savais, obtenant que certains ne commettent pas le mal [2]. Des confidences qui m’étaient faites, j’ai toujours gardé le plus rigoureux secret.
Je me sens pleine de reconnaissance envers le Seigneur. C’est à Lui que je dois ce comportement.

Amour pour la prière

Je ne passais pas un jour sans prier, que ce soit à l’église, à la maison ou sur la route.
Je faisais toujours ma communion spirituelle de la façon suivante :
— O mon Jésus, venez dans mon pauvre cœur ! Je Vous désire : ne tardez pas. Venez m’enrichir de Vos grâces, augmentez en moi votre saint et divin amour. Unissez-moi à Vous ! Cachez-moi dans votre Côté sacré ! Je n’aime que Vous. Je n’aime que Vous, je ne veux que Vous, je ne désire que Vous. Je vous rends grâce, Père éternel, pour nous avoir donné Jésus au très Saint-Sacrement. Je vous remercie, mon Jésus, et, enfin, je Vous demande votre sainte bénédiction.
Loué soit à tout instant, Jésus au très Saint-Sacrement !
Je récitais aussi diverses prières jaculatoires, comme « Qu’Il soit bénit… » et « Grâces et louanges soient rendues… »
J’aimais beaucoup faire la méditation sur le très Saint-Sacrement et sur la Sainte Vierge. Quand je ne pouvais pas la faire de jour, je la faisais de nuit, à l’insu de tous, en allument une bougie que j’avais cachée à cet effet.
La vie des saints et les méditations très profondes ne me satisfaisaient pas, parce que je me rendais compte que je ne ressemblais en rien aux saints ; au lieu de me faire du bien, elles me faisaient du mal.

Grave maladie

A douze ans je suis tombée si gravement malade, que les derniers sacrements m’ont été administrés. Je me suis préparée à la mort avec beaucoup de sérénité. Un jour où la fièvre était montée assez haut, j’ai déliré, mais je me souviens d’avoir demandé à ma mère que l’on me donne Jésus. Elle a pris le crucifix et me l’a présenté.
— “Ce n’est pas celui-ci que je veux: je veux Jésus Eucharistique !”

La période la plus douloureuse de ma vie de travail

De 12 à 14 ans, j’ai bénéficié d’une bonne santé. A cette époque, j’ai été placée par ma mère au service d’un voisin,[3] mais avec ces conditions : possibilité d’aller me confesser tous les mois; possibilité, les dimanches après-midi, de venir à la maison afin de pouvoir assister aux cérémonies religieuses; prohibition absolue de me laisser sortir le soir. Le contrat était valable pour cinq mois, mais je ne l’ai pas terminé. Le patron était un geôlier : il me gratifiait de sobriquets péjoratifs, m’obligeait à un travail supérieur à mes forces. C’était un homme impatient, cruel avec les animaux. Il m’humiliait devant tout le monde. Cette triste vie sapait la joie de ma jeunesse.
Un certain après-midi, il m’a envoyée au moulin, où je suis arrivée en début de soirée; à mon retour, il faisait déjà noir, car il fallait une heure de route. Il m’a réprimandée durement, et m’a traitée de voleuse. Son père, déjà âgé, a pris ma défense. Comme chaque soir je revenais chez moi, cette fois-là, assez peinée parce que ma conscience ne me reprochait rien, je me suis plainte à ma mère. Elle s’en est informée et, voyant que le contrat n’était pas respecté, m’a retirée de son service, malgré l’insistance de mon patron.
Une fois, à Póvoa de Varzim, ce même patron m’avait laissée, de 22 heures jusqu’à 4 heures du matin, à surveiller quatre paires de bœufs, pendant que lui et l’un de ses amis étaient partis, je ne sais où. Remplie de peur, j’ai passé ainsi ces tristes heures de la nuit. J’ai eu pour compagnes les étoiles du ciel qui brillaient de tout leur éclat.
À l’âge de douze ans, j’ai été admise à l’école des catéchistes et à la chorale. Pour le chant j’avais une vraie passion. Mais, malgré cela, je travaillais avec beaucoup de satisfaction à l’école de catéchisme [4].
Quand je communiais et que je me trouvais au milieu de mes compagnes pour l’action de grâces, je me sentais toute petite et la plus indigne pour recevoir Jésus Eucharistique.
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[1] Belmira Martins Sá Faria, témoigna, lors du procès diocésain, que son mari étant contre l’Église s’est vu un jour interpeller par Alexandrina. Écoutons: “ Je passais à côté d’Alexandrina. Elle s’arrêta et me dit: “Allez vous confesser!” Étonné que le rappel me soit fait par une toute jeune fille, je lui ai répondu d’un ton sec: — Dans d’autres temps, c’étaient les anciens qui conseillaient les jeunes. Maintenant, ce sont les anciens qui sont repris par les jeunes!” Dans les dernières années de sa vie, cet homme retourna à l’Église et mourut chrétiennement.
[2] Ana Sisto, qui avait travaillé dans les champs avec Alexandrina, affirmait que celle-ci, pour éviter que pendant le travail, l’on ne fasse pas de mauvais “discours”, dirigeait elle-même la récitation du Chapelet.
[3] Monsieur Lino Ferreira.
[4] Cândido Manuel des Santos témoigne: “Alexandrina avait une telle habileté pour traiter avec les tout petits et pour leur parler de Dieu, que souvent ils abandonnaient les autres catéchistes, pour venir auprès d’elle”.