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mardi 18 mai 2021

SUBLIME ÉCOLE DE SOUFFRANCE

 J'étendis mes bras vers Lui, et je l’ai soutenu


— Combien Vous êtes bon, mon Jésus, bien peu Vous satisfait. Vous ne pouvez rien trouver d'autre en moi que des désirs ; mais Vous êtes satisfait non pas de ce qui était à moi, mais de ce qui était à Vous.

— Ma fille, ma chère épouse, sublime école de souffrance et de doctrine divine ! Laisse que le monde vienne à toi pour apprendre, qu'il apprenne de toi l'art de bien souffrir et de M'aimer follement et avec toute la sagesse Me serve. Je suis le mendiant. Je ne te dirai pas comme à la Samaritaine, si tu savais qui te demande à boire, parce que tu sais que je suis Jésus, le mendiant de l'amour, le favori de ton cœur. Mais je te dis : si tu connaissais la valeur de ta souffrance ! Je viens te la demander, j'en suis le mendiant, donne-la-moi pour les âmes.

Jésus parlait mais pouvait à peine parler, à tel point qu'il soupirait ; il allait tomber, et j'étendis mes bras vers Lui, et je l’ai soutenu.

— Jésus, je ne mérite pas de Vous serrer dans mes bras indignes, mais oubliez qui je suis, permettez-moi de Vous soutenir et de Vous serrer contre mon pauvre cœur. Je ne veux pas que Votre très sainte face et Votre corps très saint se trouvent à terre, cela a suffi sur Votre chemin du Calvaire et dans le Jardin avec la vision de ce que Vous alliez souffrir, et qui Vous a conduit à suer du sang.

Pendant que je parlais ainsi, j'ai serré Jésus contre ma poitrine, avec une grande douceur.

— Où sont la consolation et l'amour qu’à l’instant Vous disiez recevoir de moi? Ne pleurez pas, Jésus, je veux pleurer Vos larmes. Pourquoi pleurez-Vous, pourquoi pleurez Vous ?

J'ai pleuré de douleur. J'ai eu l'impression d'élever la voix. Jésus, sans quitter mes bras, me dit :

— Je Me suis montré consolé pour t'encourager et te réconforter afin que tu puisses résister à cette douleur. Je pleure à cause des crimes du monde. Je pleure à cause des pécheurs, je pleure parce qu'il doit être puni sans remède, je pleure quand je vois la justice de mon Père Éternel tomber sur lui. Le monde est ingrat, il est cruel, il défie Sa colère.

— Ô Jésus, prenez les mérites de Votre sainte Passion et les douleurs de Votre chère Petite-Maman, je Vous offre toutes les souffrances du monde, tout l'amour pur, tout ce qui puisse Vous servir de réparation, tout comme Vous me l'avez fait en me le confiant et qu'avec ce qui Vous appartient, je puisse le sauver, je Vous l'offre afin qu'avec Vos mérites et ceux de Petite-Maman il puisse être sauvé. Présenté tout à Votre Père Éternel, apaisez Sa justice, demandez Sa compassion pour nous. (Alexandrina Maria da Costa: 06-01-1950)

ACCABLÉE DE MISÈRES

Je ne sais pas comment Vous remercier


Où, mon Dieu, sont-ce mes remerciements ? Comment vous ai-je remercié pour tous les bienfaits que j'ai reçus ? Et pourtant Vous m’accordez une autre année de vie, une année de grâces, qui comme les autres sera remplie de Vos bienfaits. Et comme récompense, je Vous ai donné une vie froide, une vie indifférente, une vie morte. Au début de cette nouvelle année, au lieu de me brûler d'amour, de Vous demander pardon et de faire mon possible pour ne plus Vous offenser, j'ai commencé avec encore plus de froideur, d'indifférence, d'ignorance totale, de mort présente et future. Je ne sais pas comment Vous remercier, je ne sais pas comment préserver l'ardent désir de Vous servir et de Vous aimer, je ne garde pas en moi les bonnes résolutions que Vous m'inspirez, ni la lumière divine dont l'Esprit Saint m'éclaire ; je l'étain, je ne la laisse pas briller, je tue tout ce qui est bon en moi, ne laissant vivre que le péché.

Ma mort, mon ignorance, me le laissent sentir, le voir et le comprendre. Oh ! comme je suis accablée par toutes ces misères ! Mon Dieu, comme je suis le poison de toute l'humanité ! Quelle horreur, quelle horreur, quelle douleur mortelle dans mon cœur ! Seule la volonté divine de Jésus sourit en mon âme ; seul sourire, seule consolation et joie. Quel abandon, combien je ne sens seule. Jésus, je suis Votre victime. Je voulais, ou plutôt, je ressens un immense besoin, un besoin infini de parler de grandes choses, de l'amour de Jésus et de la Petite-Maman et de la grandeur des offenses faites à Leurs très saints Cœurs.

Jésus aime, aime, aime, aime, ô combien Il aime ! Et les offenses, nos horribles offenses blessent cet amour, blessent Jésus Lui-même. Et la Petite-Maman, la chère Petite-Maman, est blessée avec Lui, est atteinte avec Lui. Amour, amour, je ne sais pas comment parler de la grandeur de cet amour, mon ignorance m’en empêche. Jésus, ayez pitié de moi. Mes tours[1] semblent perdre la vie avec moi ; le signe de leur existence continue d'être comme de siècle en siècle. Comme les épines qui me font mal sont énormes ! Combien de douleur j'ai à endurer dans le silence et cachée. Une triste date approche, le 7 [janvier], le huitième anniversaire de l'interdiction pour mon père spirituel de venir me voir. Je me suis retrouvée sans guide, sans la lumière pour me montrer le chemin de Jésus. Ce que j'ai souffert ! Seul l'amour de Jésus peut gagner. Triste jeudi ! Au petit-matin, à la première heure, sans le vouloir j'ai pensé au vendredi qui approchait. Mon âme a vu les souffrances qui l’attendaient. La douleur m'a ouvert la poitrine et le cœur. Au-dessus de la douleur vint un baume qui guérissait tout. Il était midi, une nouvelle vision de la souffrance m'est venue. Je ne voyais pas qui, mais je sentais qu'une dure lance avait de nouveau ouvert mon cœur. De la même façon, le baume est venu me guérir si profondément. Une heure s'écoula, nouveau martyre ; je sentis et vis de mon âme comme si ma tête était entourée d'épines pénétrantes ; mon corps fut battu et déchiré et finalement cloué sur la croix. (Alexandrina Maria da Costa: 06-01-1950)



[1] Elle vit, depuis quelque temps les problèmes de l’Eglise représentés par des tours, comme dans Hermas, le Pasteur.

vendredi 7 avril 2017

FAITES-MOI AIMER LA CROIX !

Réjouis-toi, tu le verras au Ciel !


Au commencement du mois d’octobre 1945, Alexandrina dicta pour son Journal ce qui pourrait ressembler à une “plainte”, mais qui est en réalité une prière.

« Oh ! mon Dieu, quelle profondeur et quelle obscurité que celles de mon esprit ! Et je suis toute seule, complètement seule, devant tant d’aveuglement !
Je peux crier des vies et des siècles ; je peux demander du secours à la terre et au ciel ; pour moi il n’y a pas de secours, il n’y a personne !
Mon aveuglement a causé la mort à tout ! L’abandon est tout ce qui me reste…
Mon Jésus, Vous me voulez ainsi ? Vous voulez que je souffre de la sorte ? Je me remets entièrement à Vous. Ce que je ne veux pas c’est Vous perdre, si tant est que la perte que je ressens n’est pas une réalité !
Régnez, Jésus, régnez sur le monde, régnez sur mon cœur, faites-moi aimer la croix, donnez-moi de la force nécessaire pour cela ! (S. 04-101945)

J’ai déjà dit ici tant de fois combien Alexandrina souffrit avec les attaques du démon, voilà pourquoi — espérant que mon travail puisse être utile à certains — je vais le terminer avec le mois d’octobre 1945, c’est-à-dire dix ans avant son décès, mais cette fois-ci faisant ressortir les moments de bonheur qui, durant celui-ci, Jésus offrit à sa chère épouse de Balasar.
Avant, toutefois, je vais faire un petit retour en arrière pour vous parler d’une communion surnaturelle qui eut lieu en septembre de cette même année et qui est d’une beauté toute divine.

« “Ma fille, vase sacré où habite le Roi du Ciel et de la terre ! Ce vase c’est ton cœur ; le Roi c’est Moi, ton Époux, ton Jésus !
Ton amour est la lampe qui Me donne lumière et lumière si forte Si je l’avais voulu, tu illuminerais le monde !
Tes vertus sont des fleurs qui ornent ce vase dans ton cœur ; leur parfum, m’enivre, ma console !
Tu vas maintenant Me recevoir par ton Ange gardien”.
Je n’ai pas vu mon ange, je n’ai vu que l’hostie, bien grande et blanche, très blanche. Par trois fois j’ai entendu dire “ecce Agnus Dei”. Et ensuite tous les mots que disent les prêtres. Je ne voyais pas les anges, mais j’entendais leur battement d’ailes et un petit bruit comme à couper l’air, et je les entendais chanter :
“Il est venu de son trône, prison d’amour
Se donner en aliment notre Roi et Seigneur !

Il est venu du tabernacle le bon Jésus
Donner la vie et adoucir une aussi lourde croix !

Il est venu vers son épouse, notre Roi est venu,
Avec révérence adorons-Le comme en son trône,
Comme en son sein.

Gloire, gloire à Toi, notre Dieu
À toi, Roi d’Amour !”

Sans les voir, j’ai cessé de les entendre, pour continuer d’entendre Jésus.
“Ma fille, je suis ta vie, ta force et ton amour. J’ai promis et je n’ai pas manqué, je suis venu à toi. Je ne viens pas plus souvent pour savourer ton anxiété, ta soif de Moi dans l’Eucharistie. Je Me donne à toi pour que tu te donnes aux âmes. Je remplis ton cœur avec les richesses du Mien afin qu’elles soient distribuées.
Tu es la vie des âmes mortes, tu es la vie des vies, tu es l’amour des cœurs. Lève-toi, lève-toi de ton abattement !
Je vais te demander beaucoup de réparation, celle que tu me donnes avec tant de sacrifice. Ne me la refuse pas, ne laisse pas que mon divin Cœur soit blessé. Donne-moi toutes les souffrances, afin que les âmes soient sauvées.”
J’ai alors commencé à en voir beaucoup, beaucoup : on dirait une pluie d’âmes ; il était impossible de les compter. Elles étaient si lumineuses, cela ressemblait au ciel. Jésus m’a dit :
“Tu vois, ma fille, elles ont toutes été sauvées par toi. Si tu savais le nombre d’âmes que tu sauves par jour avec tes souffrances ! Qu’en sera-t-il alors toute ta vie et ton martyre ! Et puis au Ciel quand tu continueras ta mission, tant que le monde sera monde !
Réjouis-toi, tu le verras au Ciel !
Toutes ces âmes t’attendent pour bientôt. Regarde la valeur de la souffrance. Aie courage !
Je suis le guide dans tes ténèbres ; je suis la force dans ton calvaire ; aie confiance en Moi ; soulage-Moi avec tes souffrances, soulage-Moi avec ton abandon et l’aveuglement de ton esprit ! La fin est proche !
Demande-Moi ce que tu voudras, maintenant que tu m’as sacramentellement en ton cœur.
“Mon Jésus, mon doux amour, venez dans mon corps et dans mon âme chercher tout ce qui Vous plaît et Vous console ! Je suis prête à continuer d’être votre victime. Puis que Vous promettez de me donner tout ce que je Vous demande, donnez-moi la force et la grâce pour souffrir et amour pour Vous aimer.
Libérez, libérez, mon Jésus, mon Père spirituel ! Ne me faites pas attendre davantage !
Donnez, mon Jésus à mon zélé médecin, aujourd’hui, jour de son anniversaire, tout ce que je Vous demanderai pour lui et que je n’ai pas su demander ! Remplissez de grâces tous ceux qui lui sont chers et sauvez le monde car il est à Vous.” » (S. 21-09-1945)

Combien Jésus l’a aimé et nous a aimés en elle! Combien Jésus nous aime et nous aime en elle ! Ne pourrions-nous pas faire nôtre cette courte prière, même si nous ne sommes pas tous appelés à être victimes de Jésus ?


“Donnez-moi la force et la grâce pour souffrir et amour pour Vous aimer !”
(In "Alexandrina - le diable et l'enfer existent"; Chapitre 17)

jeudi 6 avril 2017

AVEZ-VOUS OUBLIÉ MA MISÈRE ?

Tu es la vie de l'amour!


Le cœur en sang et l’âme défaite en douleur à cause des souffrances causées par la cène d’hier soir, lors de cette assemblée d’amis et de la trahison, je me suis réveillée ce matin après un léger sommeil e aussitôt j’ai été attachée par la ceinture, traînée par les cheveux, flagellée, couronnée d’aiguës épines qui me causaient tant de douleurs qu’il me semblait avoir la tête en feu. Je suis tombée plusieurs fois, je suis tombée sur des pierres. De mes genoux et de mon visage des morceaux de chair y restaient accrochés, ainsi que des trainées de sang. Un amour irrésistible, sorti de mon cœur, m’attachait encore davantage à la croix. L’amour surpassait toutes les souffrances.
Sur le calvaire, en haut de la croix, quelles douleurs violentes causées par le fait d’avoir la tête unie à la croix ! Les épines la pénétraient de plus en plus profondément : la souffrance atteignait son comble. Après une longue agonie et d’un horrible abandon, j’ai senti que la terre s’ouvrait, ainsi que le roulement des pierres. Tout a tremblé. Je suis restée comme si mon âme me quittait et que je n’eus plus de vie. Le cœur a été ouvert, il laissa échapper les dernières goûtes de sang et eau. Je suis restée ainsi, sans vivre, ni sur terre, ni au ciel. Après un long moment passé ainsi, mon Jésus est venu et Il m’a dit :
— Ma fille, vie de l’amour, lumière de l’Évangile. Tu es la vie de l’amour, car tu l’allumes dans beaucoup de cœurs et l’y fais naître, en eux tu le fais vivre. Voilà l’édifice de ton âme, c’est un édifice mondial. Tu es la vie et la reine de l’amour. C’est de l’édifice de ton âme qu’il se propage dans toute l’humanité. Cet édifice est garni de l’abondance de tes vertus. Combien elles sont belles ! Tu es lumière de l’Évangile, car ta vie, si pleine de merveilles, montre plus clairement ce que fut Ma vie sur la terre : Ma Passion, Ma miséricorde, Ma tendresse, la folie de Mon divin Amour. Il montre combien J’ai souffert et combien Je t’ai fait ressembler à Moi. Mes souffrances ont été infinies, infinies sont les tiennes également, car tu es transformée dans l’infini. Tu es la rédemptrice transformée en son Rédempteur. Ce n’est qu’ainsi que tu peux sauver des âmes par milliers, par millions. J’accepte toutes tes souffrances et avec elles Je sauve des âmes dans tout l’univers. Bientôt Je te dirai, Ma fille, [le nom] de l’une d’elles, sauvée grâce à toi. Tu n’y es pas allée la sauver avec tes paroles, avec ton exemple et tes vertus, mais Moi, J’y suis allé, très loin apportant tes souffrances, lui pardonner et l’appeler à Moi.
— Jésus, Jésus, savez-Vous de qui Vous parlez ? Ne savez-Vous pas ce que je suis ? Ou avez-Vous oublié ma misère ? Quelle honte, quelle terrible confusion que la mienne ! Qui êtes Vous et qui suis-je ! Que dites-Vous sur cet abîme de misère ?

(Sentiments de l’âme, 13 avril 1945 – Vendredi)

dimanche 22 septembre 2013

JE ME LIVRE À LA CROIX...

Ma fille, hymne de gloire, d'amour et de réhabilitation



Je sens le besoin d'écrire, mais je ne voudrais rien dire de ce que je ressens dans l'âme. Je le fais par obéissance.
Que de moments tristes m'attendent, qu'elle est grande cette agonie qui s'est emparée de mon âme!  Je sens que tant de rues sont couvertes de mon sang. Je vois tant de révolte et d'indignation. Je suis si humiliée! Mon corps est comme une plaie ouverte. Mon corps est tout couvert du sang que les épines font couler de mon front. Les bras ouverts, je me livre à la croix, je me laisse crucifier. Je ne m'arrête pas de crier:
Père, mon Père, même Toi, Tu m'as abandonnée? Je suis Ta victime, je me donne à Toi pour les âmes.
Oh mon Dieu, si je pouvais choisir, je préférerais l'enfer à cette souffrance e au temps passé dans mes dialogues avec Vous. Oui, mon Jésus, si je me trouvais en enfer, au lieu de Vous parler et Vous à moi, je ne craindrais pas me tromper, ni tromper qui que ce soit, et je ne serais pas persécutée par le monde. C'est l'aversion que j'ai pour l'escroquerie, pour le mensonge; c'est la peur que j'ai de moi-même, et l'appréhension des vendredis. Si elles pouvaient disparaître et si je pouvais disparaître aussi dans Votre amour infini!...
Que vienne la souffrance, que vienne la croix, j'accepterai tout, les bras ouverts; je suis votre victime, Jésus.
De ces souffrances je suis passée à être inondée de lumière, de paix et douceur. Jésus a tardé à me parler, Il m'a laissé jouir pendant longtemps de ce qui lui appartenait. Il m'a parlé par la suite.
— Ma fille, pleine de grâce, de pureté et d'amour; ma fille, riche trésor de ce qui est divin: tu es pleine de grâce, de pureté et d'amour, tu es riche de ce qui est divin, parce que tu as très soigneusement gardé en toi, avec attention, dévouement et amour, ce que tua a reçu du Ciel. Tu as été à la hauteur de la grâce, tu es pleine de grâce.
Ma fille, source divine, source de toute l'humanité: tu es source divine, parce qu'en toi existe tout ce qui est divin. Tu es source de l'humanité, parce qu'elle vient s'abreuver en toi et se purifier; tu es l'eau pure, tu es source de salut.
Ma fille, hymne de gloire, d'amour et de réhabilitation. Si tu pouvais voir la gloire que j'ai reçue, la vassalité et les hommages angéliques qui M'ont été donnés au Ciel pour la réhabilitation tu M'as donnée, pour les âmes que tu as sauvées par la douleur par laquelle tu t'es laissée immoler! Cela a été une année remplie d'amour, une année marquée par le salut.
Ma fille, fleur angélique, douceur de la divine Trinité, douceur de Marie, douceur de tout le royaume céleste: ta souffrance a embelli le ciel, qui est orné par elle qui est écrite avec des lettres d'or et des pierres précieuses.
L'ingratitude et la méchanceté des hommes envers toi et contre Ma divine cause sont aussi écrites. Tu auras une année pleine d'amertumes et aussi remplie de joies, que seule toi tu ressentiras  comme un soleil brillant qui se montre pour se cacher immédiatement derrière les nuages...
Ne crains rien, car ceci est ta vie. C'est la vie source de vie, douleur source d'amour. Ne te préoccupe pas si tu ne vois rien de ce que tu as accompli, de ce que tu as souffert, de ce que tu as aimé. Tu n'as ni souffert, ni donné, aimé pour toi-même, tu M'as tout donné à Moi. Tu ne pourras rien voir en ce monde, tout est passé au royaume du ciel; tout est en possession de ton Roi, ton Époux. Tu le verras lors de ta rencontre éternelle avec Moi.
Subis tout, accepte tout avec joie. Bat de tes petites ailes blanches, tes ailes remplies de blancheur, comme la petite colombe exténuée qui vole loin à la recherche de la nourriture qui donne la vie à ses petits. Tu es la vie des âmes, la mère des pécheurs, la reine du monde, la reine de l'amour.
Ma fille, miroir cristallin où toute l'humanité se verra projetée pour se transformer et te ressembler.
J'ai hâte, j'ai hâte de te voir dans ma Patrie, pour que le monde entier connaisse et prenne exemple de ta vie, ma fille, école sacrée des sciences divines.
Courage, vie qui donnes la vie, douleur qui donnes l'amour. Reçois mon amour divin pour te lever de ton abattement et pour recevoir la vie qui est tienne.
Mon cœur a reçu une infusion d'amour, j'ai senti Son anxiété à me voir au Ciel, et j'ai senti les hommages que les anges présentaient à Jésus en Lui scandant un hymne de grandes louanges et de gratitude.
Oh, ce que cela m'a couté de me séparer de Jésus pour vivre ici.
Comme le Ciel est différent de la terre, l'amour de Jésus de celui des créatures!

(Sentiments de l’âme, 5 janvier 1945)

vendredi 30 mars 2012

CHRONOLOGIE

DE LA VIE DE LA BIENHEUREUSE ALEXANDRINA

L'image qui l'a fait connaître avant la béatification

30 mars

Mercredi-Saint — Alexandrina Maria da Costa naquit à Gresufes, lieudit de la paroisse de Balasar, distant d'environ 50 kilomètres de Porto, et faisant partie de l'Archidiocèse de Braga. Et y fut baptisée le 2 avril, samedi saint.
Janvier 1911

Elle partit avec sa sœur Deolinda à Póvoa de Varzim habiter chez des amis afin de pouvoir fréquenter l'école, car à ce temps-là il n’existait à Balasar qu'une école de garçons. Ce fut à Póvoa qu'elle fit la première Communion et à Vila do Conde — 3 kilomètres séparent les deux villes — qu’elle reçut la Confirmation.
Juillet 1912
Elles retournèrent toutes deux à la maison. Au mois de novembre elle alla habiter, avec toute la famille et toujours à Balasar, une maison qui se trouve située au lieu-dit du “Calvário”.
Vers l'âge de 9 ans, elle commença à travailler dans les champs et, plus tard elle dut travailler comme journalière pour gagner son pain. Au travail elle adjoignit la prière. Puis, elle se vit nommée catéchiste et membre de la chorale: elle avait une belle voix et aimait beaucoup la musique.
Elle tomba d'un chêne. Gravement malade elle commença alors à consulter les médecins, cessant de travailler régulièrement. A 12 ans sa maladie était si grave que les derniers sacrements lui furent administrés.  
Le Samedi-Saint, elle sauta par la fenêtre dans le jardin — et de une hauteur d’environ quatre mètres — plutôt que de se laisser violenter par trois hommes qui étaient entrés dans la pièce où, avec sa sœur et une amie elle faisait de la couture.
Le commencement de sa myélite comprimée à l'épine dorsale, laquelle fut reconnue plus tard par les médecins, date de cette chute. Il en résulta une paralysie progressive la retenant au lit pendant 30 ans.
Elle partit à Póvoa pour une cure marine (plage et bains de soleil), mais son état empira.
Elle dut faire son premier voyage à Porto pour consulter le médecin spécialiste Abel Pacheco, lequel informa le médecin traitant, docteur Garcia, que sa patiente ne guérirait pas.
Pendant cinq mois consécutifs elle ne pût se lever.
Au mois d’avril...
Elle commença à se lever et recommença à marcher s'aidant d'une chaise. Elle restera ainsi levée pendant environ un an, souffrant beaucoup non seulement physiquement mais aussi moralement à cause des moqueries de certains sur sa façon de marcher et de s'asseoir. En cette année elle eut son premier grand chagrin : la mort de sa grand-mère. Malgré tous ses efforts, elle ne put visiter sa chapelle ardente.
27 mars

Elle dut retourner à Porto pour une nouvelle visite médicale chez le spécialiste Jorge de Almeida.
Au mois de juin elle participa, au prix d'un grand effort, au Congrès Eucharistique National, à Braga.
14 avril

Elle se mit au lit pour ne plus jamais se relever. Sa sœur Deolinda devînt son infirmière et son assistante en tout: elle deviendra même sa secrétaire.
Ne réussissant pas à obtenir la grâce de sa guérison, elle s'offrit comme victime pour le salut des âmes, “sentant toujours davantage le désir d'aimer la souffrance et de ne penser qu'à Jésus seul.
Elle dit alors à Jésus :
Mon bon Jésus, vous êtes emprisonné. Moi aussi, je le suis. Nous sommes tous deux incarcérés. vous, pour mon bien et moi, enchaînée par vous. vous êtes Roi et Seigneur de tout. Moi, je ne suis qu’un ver de terre. Je vous ai négligé, ne pensant qu’aux choses du monde qui ne sont que perdition pour les âmes, mais, maintenant, le cœur contrit, je ne veux que ce que vous voudrez, je veux souffrir avec résignation. Ne me laissez pas sans votre protection.
Elle composa son hymne en l'honneur des Tabernacles.

Hymne aux Tabernacles

Chapelle de l'adoration, dans l'église de Balasar
O Jésus, je veux que chacune de mes douleurs, chaque battement de mon cœur, chacune de mes respirations, chaque seconde de ma vie, chaque minute, soient autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles.
Je veux que chaque mouvement de mes pieds, de mes mains, de mes lèvres, de ma langue, chacune de mes larmes, chaque sourire, joie, tristesse, tribulation, distraction, contrariété ou ennui, soient autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles.
O Jésus, je veux que chaque lettre des prières que je récite ou entends réciter, toutes les paroles que je prononce ou entends prononcer, que je lis ou entends lire, que j’écris ou vois écrire, que je chante ou entends chanter, soient autant d’actes d’amour pour vos Tabernacles.
Je veux que chaque baiser que je déposerai sur vos saintes images, celles de la votre et ma sainte Mère, celles de vos saints et saintes, soient autant d’actes d’amour pour vos Tabernacles.
O Jésus, je veux que chaque goutte de pluie qui tombe du ciel sur la terre, que toute l'eau des océans et tout ce qu'ils renferment, que toute l'eau des fleuves et des rivières, soient autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles.
Je vous offre les feuilles de tous les arbres, et tous les fruits que sur eux mûrissent; chaque pétale de toutes les fleurs; toutes les graines que contient le monde; tout ce qu'il y a dans les jardins, dans les champs, dans les vallées, sur les montagnes: tout cela je veux vous l'offrir comme autant d'actes d'amour pour vos tabernacles.
O Jésus, je vous offre les plumes des oiseaux et leurs gazouillements, les poils des animaux et leurs cris, comme autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles.
O Jésus, je vous offre le jour et la nuit, la chaleur et le froid, le vent, la neige, la lune, le clair de lune, le soleil, les étoiles du firmament, mon sommeil et mes rêves, comme autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles.
Je veux que chaque fois que j'ouvre ou ferme les yeux, ce soit autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles.
O Jésus, je vous offre toutes les grandeurs, richesses et trésors du monde, tout ce qui se passe en moi, tout ce que j'ai l'habitude de vous offrir, comme autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles.
O Jésus, le ciel et la terre, l'océan et tout ce qu'ils contiennent, je vous les offre comme s'ils m'appartenaient et si je pouvais en disposer ; acceptez-les comme autant d'actes d'amour pour vos Tabernacles”.

Et, la récitation de cette prière lui causait des effets qu’elle ne comprit pas tout de suite...
Écoutons-la :
“Pendant que je faisais cette offrande à Jésus, je me sentais ravie, d’une façon que je ne sais pas expliquer, et en même temps je ressentais une forte chaleur qui semblait m’embraser. Cela me parut étrange, car les journées étaient plutôt froides et, émerveillée, j’ai même regardé si mon corps ne transpirait pas. C’est comme si l’on m’embrassait intérieurement. Cela me fatiguait assez.”
Celui lui parût tellement étrange, que, dans son innocence juvénile, elle demanda à sa sœur Deolinda et à son amie Sãozinha, si elles ressentaient, elles aussi, cette agréable sensation lors que leurs prières...
Plus encore, comme elle leurs expliqua qu’elle ressentait une chaleur assez vive, on lui posa sur la poitrine des chiffons mouillés à l’eau froide...

6 août

Le Père Mariano Pinho, sj, son premier Directeur spirituel
Le Père Mariano Pinho sj vint à Balasar prêcher un triduum. À cette occasion Alexandrina obtint qu'il devienne son directeur spirituel.
18 octobre
Elle s'inscrivit dans les rangs des “Filles de Marie”.
20 novembre
Fût célébrée la première messe dans sa chambre.
Ce même mois de novembre elle commença à souffrir de la perte des biens matériels, suite à une hypothèque sur la maison et sur le terrain.
En effet, sa mère s'étant portée garante pour une personne de sa famille, et celle-ci n'ayant pas pu rembourser la dette contractée, il fallut honorer la caution.
Cette situation dura des années, et fut cause de grandes souffrances pour toute la famille...
Elle fit cette année le “vœu le plus parfait”.
6 septembre
Après la Communion, elle entendit Jésus l'inviter à participer à sa Passion, mais d'une façon concrète, en se laissant transpercer les mains et les pieds par le clous ; la tête, par la couronne d'épines.
« Donne-moi tes mains : je veux les clouer avec les miennes; donne-moi tes pieds : je veux les clouer avec les miens; donne-moi ta tête : je veux la couronner d’épines, comme ils me l’ont fait à moi; donne-moi ton cœur: je veux le transpercer avec la lance, comme ils ont transpercé le mien; consacre-moi tout ton corps; offre-toi toute à moi; je veux te posséder entièrement ».
Cette invitation lui fût répétée le 7 et le 8 septembre.
Alexandrina accepta l'invitation, mais elle crut qu'il ne s'agissait là que d'une augmentation de ses souffrances physiques; elle ne pensa pas un seul instant qu'il s'agissait de choses surnaturelles.
A cette occasion elle se sentit fortement unie à Jésus :
« Il me parlait de jour comme de nuit... Il se confiait à moi... »
Alexandrina était convaincue que “souffrir, aimer, réparer” était une inspiration qui lui venait de Jésus.
Les invitations de Jésus à participer à sa Passion se répétèrent plusieurs fois pendant environ quatre ans, au cours desquels Il la prépara progressivement au grand événement qui arrivera le 3 octobre 1938 : Alexandrina vécut pour la première fois la Passion dans ses diverses phases.
14 octobre
Elle écrivit de son sang, obtenu par la piqûre qu'elle se fit sur la poitrine, à l'aide d'une épingle, un serment d'amour à Jésus :
Avec mon sang, je vous jure de beaucoup vous aimer, mon Jésus. Que mon amour soit tel, que je meure enlacée à la croix. Je vous aime et je meurs d’amour pour vous, mon cher Jésus. Je veux habiter dans vos tabernacles. (Balasar, 14.10.1934).
L'une des plus anciennes photos d'Alexandrina

Jésus continua de lui demander de L'aider dans la Rédemption, par ses souffrances.
Il lui demanda de se détacher du monde.

30 juin
Jésus, pour la première fois, lui fit part de son désir de voir le monde consacré à Notre-Dame.
« En raison de l’amour que tu as envers ma très Sainte Mère, communique à ton directeur spirituel la demande suivante: que chaque année un acte de consécration du monde à Elle soit fait, un jour fixé et que l’on demande à la Vierge sans tache de confondre les impurs, afin que ceux-ci changent de vie et ne M’offensent plus davantage.
Comme Je l’ai demandé à Marguerite Marie la consécration du monde à mon divin Cœur, ainsi Je te demande à toi, qu’il soit consacré à Elle, avec une fête solennelle » (1).

7 juin

Lors de la fête de la Très Sainte Trinité, eut lieu la mort mystique, laquelle extérieurement se présente tout à fait comme une mort naturelle.
Fin avril

Elle arriva au seuil de la mort : pendant 17 jours elle ne put rien avaler, sauf l'Hostie consacrée.
31 mai
Elle reçut la visite du Père Antonio Durão, s j, frère du Provincial des Jésuites du Portugal, en sa qualité d'envoyé du Saint-Siège pour la questionner sur la consécration du monde à Notre-Dame.
Les assauts du démon s'intensifièrent. Dans son Autobiographie on peut lire :
“Ce fut en juillet 1937 que le “boiteux” (nom qu'elle utilisait pour désigner le démon), non content de tourmenter ma conscience et de me souffler des choses affreusement ordurières, commença à me mettre en bas du lit, aussi bien la nuit qu'à n'importe qu'elle heure de la journée...”

Jésus lui dit, à cette occasion :
« Le démon te haï, mais tu dois t’en réjouir, car tu connais la raison. Si je le permettais, il te tuerait : mais je n’y consens pas. Je suis le Seigneur de la vie et de la mort. Ta mort, en tout cas, ne sera qu’un envol de la terre vers le ciel ».
Il est arrivé que le “boiteux”, comme l’appelait Alexandrina, la jette en bas du lit, lui arrache les médailles qu’elles portaient sur elle.
Dans sa rage, le monstre infernal est allé jusqu’à lui voler son crucifix pour le jeter dans la porcherie...
De la même façon il lui subtilisa une statue de la Sainte Vierge qu’il est allé enterre dans la jardin, et que ne fut retrouve que quelques années plus tard...
23 octobre
Elle entendit Jésus lui expliquer que ce genre de lutte avec le démon était terminé. Il l'attaquera encore pour la faire horriblement souffrir, de telle façon que les personnes qui la visitent ne s'en rendent pas compte.
3 octobre

En extase, elle vécut la Passion pour la première fois, dès midi et jusqu'à 15 heures. Le Père Pinho était présent. Dans son livre ”No Calvário de Balasar” (Sur le Calvaire de Balasar) il écrira : « nous les présents, nous voyions se dérouler devant nos yeux le drame de la Passion de la façon la plus concrète : Jardin des Oliviers, emprisonnement, tribunaux, flagellation, couronnement d'épines, chemin du Calvaire, crucifixion, mort ».
Ce jour-là, était le jour de la fête liturgique de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qu’Alexandrina considérait comme sasœur spirituelle. Elle la vit à deux reprises, lors de sa montée au Calvaire, au cours de cette première “Passion”.
24 octobre
Le Père Pinho, à la suite du phénomène de la Passion vécue par Alexandrina chaque vendredi, se décida à écrire à Rome. Il fit donc parvenir une lettre au Cardinal Pacelli — futur Pie XII — pour lui expliquer ce que Jésus demandait instamment à sa fille spirituelle.
En effet, lors de plusieurs extases, Alexandrina avait entendu Jésus demander et exhorter le Père Pinho à écrire au Pape au sujet de la consécration du monde.
6 décembre
Alexandrina subit un nouveau voyage à Porto pour des radiographies. Elle retourna chez elle le 11 du même mois.
26 décembre
Visite du docteur Elísio de Moura, psychiatre fameux, qui la traita cruellement.
5 janvier

Le Chanoine Manuel Vilar, envoyé par le Saint-Siège
Elle reçut la première visite du chanoine Vilar, envoyé par le Saint-Siège pour enquêter sur la consécration du monde à la Vierge. Ce fût une “bonne rencontre”. En effet, s'établissant à Rome, le chanoine va s’intéresser à une telle consécration.
20 janvier
Jésus lui prédit la guerre comme châtiment pour les grands péchés :
Le monde est suspendu à un fil très fin... Ou le Pape se décide à le consacrer ou le monde sera puni !...
28 juin
Comme déjà le 20 janvier et le 13 juin, elle entendit Jésus lui prédire la guerre comme châtiment pour les grands péchés.
Alexandrina s’offrit comme victime pour la paix.
Toute l'année durant elle fut tourmentée par de violentes fièvres. À certains moments elle crut perdre toutes ses facultés et resta sans pouvoir parler. D'autres fois elle eut des douleurs si violentes qu'elle ne put même pas s'alimenter.
Vers le mois de novembre, une bienfaitrice de Lisbonne, Fernanda dos Santos, offrit la somme dégageant la maison de l'hypothèque. Le terrain ne fut libéré qu'en 1941.
8 décembre
Fête de l'Immaculée Reine du Portugal dont l'église de Balasar possède une merveilleuse statue — après l'extase de la Passion, elle fut atteinte d'une colique qui dura une heure et demi.
Cette année aussi, à plusieurs reprises, Jésus insista sur la consécration du monde à sa Mère bénie.
En tant que victime expiatoire, Alexandrina souffrit elle même les peines des damnés.
4 juillet
Elle s'offrit comme victime, avec d'autres âmes-victimes, pour obtenir qu'au moins le Portugal soit épargné de la guerre.
Jésus accepta et s'empressa de répondre :
Cherchez et vous recevrez ; demandez avec foi. Le Portugal sera sauvé: c'est Jésus qui te le dit et Il ne trompe pas.
Et, c'est ce qui arriva.
15 septembre
Alexandrina écrivit deux lettres : une au Patriarche de Lisbonne, le Cardinal Cerejeira, et l'autre au chef du Gouvernement, Salazar, pour leur demander de faire ce qui était en leur pouvoir afin de freiner les débordements de l'immoralité.
Elle se décida à cette démarche parce que le 12 septembre, pendant l'extase, elle vit Jésus plus attristé que jamais, par l'état d'immoralité et de manque d'amour de l'humanité.
6 décembre
Alexandrina entendit Jésus lui assurer que le Pape serait physiquement épargné par la guerre: “le dragon orgueilleux et enragé qu'est le monde n'osera pas toucher à son corps”.
29 Janvier

Le Dr Augusto Azevedo, médecin traitant d'Alexandrina
Le docteur Manuel Augusto Dias de Azevedo, médecin au pays voisin : Ribeirão do Minho, vînt pour la première fois auprès d'Alexandrina.
Après avoir assisté à plusieurs extases de la Passion, il comprit qu'il ne s'agissait pas là d'un cas relevant uniquement de l'humain, mais aussi du surnaturel. Il décida alors de l'étudier à fond. Il y mit toute sa science et aussi tout son cœur. Devenant son médecin traitant : il devint ainsi en quelque sorte son Cyrennéen jusqu'à la fin.
1er mai
Le docteur Azevedo appela au chevet d'Alexandrina le docteur Abel Pacheco. Étant donné que les deux médecins ne furent pas d'accord, la nécessité de recourir à un éminent spécialiste fut avancée. On fit appel au docteur neurologiste Gomes de Araujo.
Le docteur Azevedo voulut que toute lumière fut faite sur le cas afin de pouvoir défendre Alexandrina de l'accusation que celle-ci ne serait qu'une simulatrice. “Une paralysée qui peut se mouvoir toute seule lors des extases de la Passion !”
15 juillet
Elle dut supporter un 4ème voyage à Porto.
29 août
Le Père José Alves Terças assista à l'extase de la Passion et en rédigea le déroulement dans un article qu'il publia.
A la fin de l'extase, Alexandrina fut désolée de cette décision et eut le pressentiment de tout ce qui se dirait. En effet, la publication de cet article déclencha l'éloignement de son directeur, le Père Pinho, et mit le public au courant de choses si intimes.
3 janvier

A l'approche de l'écartement de son directeur (ce qu'elle pressentit plusieurs fois lors des dernières extases) elle entendit Jésus lui dire :
« L'heure de me donner la plus grande preuve d'amour et d'héroïsme est arrivée: marche sans lumière, en complet abandon. Tout sera mort en toi... »
7 janvier
Alexandrina reçut la visite d'adieu du Père Pinho.
27 mars
L'une des extases de la "Passion"
Elle revécut pour la dernière fois — de façon visible — la Passion: c'était le vendredi de Notre-Dame des Douleurs.
“Et par la suite, tous les vendredis, encore que sans les mouvements, elle continua de revivre la Passion de Jésus, pendant laquelle elle souffrait bien souvent davantage qu'auparavant — écrira le Père Pinho dans sa biographie “No Calvário de Balasar”.
3 avril
Vendredi-Saint. Commencement d’une nouvelle mort mystique, avec des caractéristiques différentes de la première : toute spirituelle. “Le Vendredi-Saint j’ai commencé à me sentir morte sur le Calvaire” — fit-elle écrire dans son Journal.
13 avril
A cette date commença le jeûne total accompagné d'une totale anurie, lequel durera jusqu'à sa mort.
Les conditions physiques s’aggravèrent au point que le curé lui administra les derniers sacrements; il continue à lui donner chaque jour la sainte Hostie.
Alexandrina dicta ses dernières dispositions au sujet de ses funérailles et de sa sépulture.
31 octobre
Finalement, à l'occasion du 25e anniversaire des apparitions de Fatima — le Pape Pie XII fit, en langue portugaise, la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie, consécration qui sera répétée solennellement à Saint-Pierre de Rome, le 8 décembre de la même année.
Alexandrina reçut de Fatima, à cette occasion, un télégramme du Père Pinho lui annonçant la bonne nouvelle.
“J’ai récité le Magnificat et j’ai allumé un cierge en l'honneur de Notre-Dame”, peut-on lire dans la lettre envoyée au Père Pinho le 7 novembre.
Du 10 juin au 20 juillet

Le Dr Gomes de Araújo. Il garda Alexandrina, dans sa
clinique pendant 40 jours et 40 nuits...
Alexandrina resta internée à l’Hôpital de Foz do Douro (près de Porto) pour être examinée et contrôlée au sujet de son jeûne et de son anurie.
Le directeur de l'Institut, le docteur Gomes de Araujo, après avoir constaté quarante jours durant sous la plus stricte surveillance, qu'il n'y avait aucune simulation, en la congédiant lui dit: “Je viendrai vous revoir à Balasar, non plus comme médecin ou espion mais comme ami qui vous admire”.
Et à l'automne de cette même année il se rendit à son chevet.
La conséquence de cette reconnaissance officielle du jeûne et de l'anurie fut que beaucoup de personnes, y compris des prêtres, s’intéressèrent au cas et vinrent lui rendre visite. Parmi ceux-ci le Révérend Docteur Gigante (lequel fut nommé plus tard Président de la Commission pour le Procès Diocésain de béatification), lequel restera pour toujours son ami, même quand il devint archevêque.
Vers la fin du mois d’octobre, elle souffrit, en tant que victime, les peines du Purgatoire.
10 octobre
Elle entendit de la Bouche même de Jésus la confirmation de la non participation du Portugal à la guerre.
31 octobre
Elle commence à vivre les peines du Purgatoire.
16 juin

A cette date, tomba, pour Alexandrina le verdict d'une Commission d'enquête composée de trois théologiens nommés par l'Archevêque de Braga afin d'étudier le cas de la “malade” de Balasar: Cette Commission ne trouva rien de surnaturel ni de miraculeux et, cela malgré la poursuite du jeûne et de la complète anurie !
25 juin
L'Archevêque de Braga publia une Circulaire dans laquelle il invitait à garder le silence sur les présumés faits extraordinaires attribués à Alexandrina et interdit les visites à celle-ci même à titre d'observation sur le point de vue religieux.
Ceci ressemble, de plus en plus, à un genre de “persécution” de la part des membres de la hiérarchie ecclésiastique de Braga.
En effet, l’un des membres de la Commission, informé par des ragots et non pas par une étude sérieuse, voulait à tout prix faire taire la “malade” de Balasar.
Il fut, plus tard — lors du procès diocésain — un témoin courageux et humble, ayant compris la portée profonde et le message authentiquement ecclésial de la sainte fille de Balasar.
21 juin
Se produisit la première rencontre avec le salésien Dom Umberto Maria Pasquale, lequel devînt son deuxième directeur spirituel à partir du 8 septembre.
15 août
Elle s'inscrivit parmi les Coopératrices Salésiennes.
Au mois de décembre Jésus, pendant une extase, l'appela “mère des pécheurs” et, avec Notre-Dame, lui mit dans le cœur l'humanité entière, la lui confiant.
8 septembre
Le Père Umberto Pasquale, sdb,
deuxième Directeur spirituel d'Alexandrina
Le Père Umberto Maria Pasquale, salésien, devient son Directeur spirituel, en remplacement du Père Mariano Pinho, s j.
Son état de santé devint de plus en plus préoccupant, y compris un malaise aux yeux : ceux-ci ne supportent plus la lumière.
Comme si le Seigneur voulait la récompenser de tant de souffrances... Comme s’il voulait lui apporter un peu de baume au cœur, il lui accorder des faveurs sublimes... comme celle-ci que nous pouvons lire dans son journal du 2 février :
“Le vendredi est arrivé ; triste vendredi ! J’ai vu ma croix; il était encore tôt. On la préparait avec soin: elle était nécessaire, quelle que soit la sentence que j'ai dû recevoir.
Dans mon âme je ressentais une mansuétude, une bonté inégalable. En même temps, contre cette mansuétude et cette bonté, je ressentais la haine, la rancœur, le mépris et une autorité orgueilleuse: un orgueil cynique.
Des bêtes féroces contre l’Agneau, le plus petit et le plus innocent! Quelle douleur pour lui, lui si débordant de bonté ! Avant même que la sentence ne soit prononcée contre l’Agneau innocent, j’ai senti que cette autorité là, avec une fureur diabolique, se déchirait les habits de haut en bas...
J’ai monté avec peine la montagne du Calvaire, en ayant l’impression d’expirer. J’ai crié continuellement :
Père, Père, toi aussi tu m’abandonnes ? Toi aussi tu m’abandonnes ? (2)
Mon sang coulait.
Le soleil, honteux, s’est caché à la vue de tant de malice. Et moi, déshabillé, dans une grande confusion, je restais là, sur la croix, sous les regards de la canaille la plus vile! Mes habits ont été tirés au sort et partagés... (3)  Mon âme tremblait de douleur et de peur, comme le corps tremble à cause du froid.
A haute voix toujours j’appelais Jésus. Il est venu apportant un soleil radieux et ardent. Les tremblements de mon âme ont cessé, ainsi que la peur et toutes les douleurs: j’avais retrouvé la paix, je n’avais plus que lumière et amour. Le cœur a commencé à revivre une vie que je ne sais pas expliquer. La poitrine est devenue un vrai incendie. Quel bonheur j’ai pu vivre pendant longtemps !...
J’ai entendu des hymnes merveilleuses; je ne comprenais pas très bien, mais je sais qu’elles étaient adressées à Jésus au très Saint-Sacrement.
J’ai entendu les paroles “Corpus Jesus Christi” et je me suis aperçue que Jésus se donnait à moi et m’unissait toujours davantage à lui.
Les anges continuaient de chanter : de ce chœur d’anges sortait un canal qui arrivait jusqu’à moi, me communiquant des flammes de feu et bien d’autres choses.
Jésus m’a dit alors :
« Ce canal, (4) ma fille, descend du Cœur de la tienne, et ma Mère bénie. De celui-ci tu reçois la très grande abondance de notre amour; tu reçois nos grâces, vertus et dons: richesse divine et tout ce qui est du ciel. De son Cœur tu reçois la vie pour vivre, la vie pour la donner aux âmes. C’est cette rosée, le sang que tu sens tomber sur l’humanité; c’est une fusion de mes richesses, de mes grâces et de ta souffrance. Tu es une nouvelle co-rédemptrice.
Je te communique tout à travers le canal de ma Mère bénie: c’est à vous qu’il appartient de sauver le monde. »(5)


Nous sommes tous concernés, tous appelés à participer à la Rédemption du genre humain. Le Seigneur veut avoir besoin de nous, non point que sa participation et son sacrifice aient été insuffisants ou incomplets, mais parce que tous, nous faisons partie de ce corps mystique qu’est l’Église, irriguée par le Sang Rédempteur du Fils de Dieu.
La Communion dont Alexandrina nous a fait le récit, s’est déroulée lors de la Passion qu’elle vivait chaque vendredi...
Au contraire des autres fois où Alexandrina a été communiée par les Anges et que le mot “nostri” était prononcé, cette fois-ci, il ne le fut pas, car ce fut Jésus Lui-même qui s’est donné à son épouse.
Un autre vendredi, au cours d’une autre Passion, la sainte fille eut une vision, vision terrible qui nous remplit de terreur, surtout si l’on considère la date à laquelle elle eut lieu : 1945. Bien longtemps avant que le Concile du Vatican II n’ait lieu et que des décisions précipitées, quelquefois, ne soient prises. Écoutons et méditons :
« Quel feu dans mon cœur !... Il me brûle tellement qu’il semble le détruire. Combien je donnerais, combien j’aimerais souffrir pour obtenir que ce feu soit le mien et qu’il soit un feu d’amour pour Jésus. Je veux de l’amour, je veux de l’amour pour le donner au monde afin qu’il aime uniquement Jésus. Pauvre comme je suis, je n’ai rien à lui donner; je ne sais pas comment l’acquérir, je ne sais pas comment le confier à Jésus. Je le vois s’enfuir: il fuit vers un autre monde, un monde de perdition.
Je reste les bras ouverts et les yeux levés vers le ciel.
Comment remédier à ce mal ?

Ô Jésus, veillez sur le monde que vous m’avez donné et confié, gardez-le, il est à vous, uniquement à vous ! Donnez-moi votre amour afin qu’ainsi je puisse le conquérir.
De grandes, de très grandes inquiétudes montent de la terre vers le ciel.
Mon Dieu, je vois les âmes pleines de lourdeur et les corps détruits par la lèpre: conséquences du péché. Quelle lumière, celle qui m’oblige à tout voir!... À quel extrême le monde est réduit !... Doux Jésus, votre divin Cœur n’en peut plus !...
Je me sens placée entre le monde et Jésus afin d’éviter que la méchanceté des hommes ne blesse son Cœur si aimant.
Flagellation, épines et mauvais traitements me blessent. Je ne vois pas Jésus mais je le sens comme opprimé, rempli d’épouvante et qui attend les coups de cette chaîne de méchanceté. (...)
Sans même avoir pensé à la Cène de Jésus avec ses disciples, je me suis sentie à table.
Mon cœur était le calice, le vin et le pain. Tous venaient manger et boire à ce calice. À partir de cet instant cette Cène allait se répéter. Mais quelle horreur ce que j’ai vu !... Tant de Judas buvant et mangeant indignement !
Que de langues sales! Pire encore: combien de mains indignes distribuant ce pain et ce vin ; des mains indignes et des cœurs démoniaques.
Quelle horreur mortelle !... J’en ai éprouvé tant de douleur et tant d’horreur au point de croire que mon âme allait fondre et le cœur se briser.
Je ne sais pas mieux exprimer ce que j’ai vu, ce que j’ai souffert. Et avant tout autre chose, l’amour de Jésus, un amour indicible; un amour que l’on ne peut évaluer qu’après l’avoir expérimenté... » (6)

Ces textes se passent de commentaires, ou presque...
Il faut remarquer tout de même, que ce texte, datant de 1945, a pu paraître incompréhensible pour ceux qui à cette période du XX siècle ne se doutaient pas que ceci se réaliserait quelques années plus tard.
En effet, de nos jours, tous et n’importe qui, peuvent distribuer la Communion et que rares sont ceux qui se confessent pour recevoir le Sacrement de l’Amour. Cette affirmation peut et doit être considérée comme une vraie prophétie de la servante de Dieu.
Afin qu’il n’y ait pas d’équivoque, je dois vous informer que tous les écrits d’Alexandrina ont été analysés, à Rome, par trois équipes différentes de théologiens, et qu’ils n’ont rien trouvé à y redire...
Depuis le mois d'août et, ceci pendant environ trois mois, elle perdit quotidiennement du sang.
L'action du démon s'intensifia, ce que Jésus continua de permettre comme forme de réparation: l’une des plus douloureuses.
Au mois de mai...

Comme nouvelle forme de réparation, elle vécut le tourment des odeurs nauséabondes, signe du péché.
20 juillet
Le testament est devenu sa pierre tombale...
Se croyant proche de la mort, elle écrivit de sa propre main, avec beaucoup d'efforts, une lettre-testament adressée à tous les pécheurs.
Depuis cette année et jusqu'à sa mort elle ressentit même en dehors des extases de la Passion, de jour comme de nuit, les douleurs de ses stigmates — lesquels, à sa demande, restèrent toujours invisibles.
Fin septembre...
Les articulations se déboîtèrent tellement que le 3 octobre, anniversaire de la première crucifixion, le docteur Azevedo la fit mettre sur des planches et banda ses bras les plaçant sur deux reposoirs en forme de “S”, pour les attacher ensuite au chevet du lit.
Novembre...
Elle dut subir de nouveaux examens médicaux.
14 juillet

Alexandrina écrivit, toujours de sa propre main, le deuxième testament spirituel adressé aux pécheurs, choisi par la suite comme épitaphe pour sa tombe.
23 septembre
Elle reçut la dernière visite de son deuxième directeur, obligé de retourner en Italie. Toutefois, elle lui envoya toujours son Journal, écrit par obéissance, jusqu'à la mort.
En décembre le secrétaire de l'Archevêque de Braga, le docteur Sebastião Cruz, professeur de l’Université de Coimbra vint la visiter. Il fut très favorablement impressionné: Il la réconforta et revînt diverses autres fois la visiter.
Son état physique continua d'empirer: elle fut souvent atteinte de fortes fièvres accompagnées de douleurs aiguës.
Son état spirituel, s'intensifia de plus en plus. Elle reçut de Jésus la confidence comme quoi sa mission était pour les âmes et qu'au ciel elle la continuerait.
1er octobre
La Vierge du Rosaire lui apparut. Elle lui apporta le Rosaire avec lequel elle doit attacher le monde.
Pendant les années qui suivront, des apparitions analogues se répéteront.
10 mars 1950

Alexandrina a la vision de l’enfer :
« J'ai vu l'enfer ouvert, d'où sortaient d'épouvantables flammes. J'ai entendu des rougissements et des cris impossibles à décrire. »
14 avril 1950
Elle fêta ses noces d'argent de grabataire : Une messe fut célébrée dans sa chambre.
La souffrance acceptée avec amour, demandée avec la plus humble et amoureuse ferveur, l'élevèrent à une telle hauteur d'imitation du Christ qu'un jour elle reçut de Jésus cette confidence :
Tu as la vie, tu as l'amour: tu vis comme Jésus et aimes comme Jésus: tu vis ma vie, tu aimes avec mon amour. (7)
Les gens qui venaient la visiter affluaient de plus en plus et, à leur encontre, l'Archevêque de Braga publia, en septembre 1952 une interdiction de ces visites.
Mais fin novembre de cette même année 1952, cette note fut annulée, sous l’insistance des prêtres.

Le nombre de visiteurs augmenta de nouveau : sa mission d'évangélisation était en plein essor : porter les âmes à Jésus.
Dans le même temps, en tant que victime dont la mission est avant tout la réparation, elle endura encore une autre souffrance, parmi les plus graves et douloureuses : elle sentit l'inutilité de toute sa vie, de toute son oeuvre, de l'offrande de toute sa souffrance.
Cette année fut une année exceptionnelle en ce qui concerne l'évidence surprenante de l'action divine sur Alexandrina: ce n'est que d'en-Haut, en effet, que pouvait lui venir une telle condition physique, une telle force pour supporter le poids de tant de fatigues accumulées à la suite des milliers de visites qu'elle reçut en cette période. Ils passaient devant son lit par groupes.
25 mars
Plusieurs centaines...
9 mai
Environ 2.000... Pendant 9 heures et demi avec un arrêt de 45 minutes...
5 juin
5.000... visiteurs
6 juin
6.000... Pendant 12 heures avec un arrêt de 45 minutes également.
29 juin
Environ 15.000...
Il a même fallu l'aide des forces de l'ordre, pour canaliser les visiteurs!...

Elle leur parla des choses du Ciel, les stimula au repentir, des heures durant.
Pendant l'extase du 15 mai elle entendit Jésus lui dire :

“Tu vis la vie publique de Jésus. Courage, courage, épouse très chère !”
Et voici comment Alexandrina supporta cette marée, marée qui lui causait non seulement beaucoup de la fatigue mais aussi beaucoup de la répugnance parce qu'elle se sentait indigne d'être l'objet de tant de visites et craignait d'être prise pour meilleure qu'elle ne l'était en réalité. Dans son Journal on peut lire :
« Le fait même de recevoir tant de milliers de baisers des personnes qui s'approchent de moi, je décidai de l'offrir à Jésus, comme si ceux-ci étaient déposés sur son Front, Lui demandant de bien vouloir les accepter comme autant d'actes d'amour pour les Tabernacles, pour l'honneur et la gloire de la Très Sainte Trinité et de la Maman, et de tout reverser sur les visiteurs ».
Dans cette période de sa vie beaucoup de personnes étaient admises dans sa chambre, parmi lesquelles des prêtres, y compris pendant l'extase du vendredi; cela donnait un caractère public aux extases. Cela causait une souffrance supplémentaire à Alexandrina Maria :
« Les humiliations me couvraient les yeux: le fait de me sentir entourée de monde, me procurait, pour ainsi dire, la mort », dit-elle dans son Journal du 6 novembre.
A la suite de ces extases, quand Alexandrina finissait de revivre la Passion, elle sentait en elle Jésus ressuscité qui, à travers ses lèvres s'adressait à l'humanité, aux pécheurs, d'une façon attristée et solennelle. Alexandrina parlait longtemps avec chaleur, fréquemment elle chantait les beautés et les exhortations de Jésus. Elle chantait des hymnes de louange, d'action de grâces, de repentir, de supplique. D'autres fois elle chantait en colloque avec Jésus qui lui demandait son amour et elle Lui en offrait.
Certaines de ces extases sont enregistrées.
Lors de ces extases publiques on comprenait d'une façon très claire la volonté de Jésus à démontrer l'intervention du surnaturel: en dehors de ces moments-là, Alexandrina faisait un très grand sacrifice pour parler : “à chaque mouvement des lèvres on dirait qu'un jet de sang s'échappe de mon cœur pour arriver à mes lèvres”, dit-elle dans son journal du 30 janvier. D'autres expressions analogues se trouvent à différentes autres pages de ses écrits.
25 décembre
Elle eut sa dernière extase publique :
“Je suis descendu du ciel et me voici pour la dernière fois dans le cœur de mon épouse pour parler à travers ses lèvres.”
Cette extase se termina par un chant d'adieu et de au revoir au Ciel.

Son état physique continua d'empirer. Elle devint presque aveugle : “le corps ressemble à l'âme: il n'a pas de vie, pas de lumière”, peut-on lire encore dans son Journal du 24 décembre.
Au mois d'avril de cette même année ce fut le 12e anniversaire du commencement de son jeûne. Elle entendit de Jésus ces paroles :
“Ma fille, Je t'ai placée dans le monde et Je fais en sorte que tu vives uniquement de Moi pour prouver au monde ce que peut l'Eucharistie, ce qu'est Ma vie dans les âmes: lumière et salut pour l’humanité.”
Elle ne vivait que de la Communion quotidienne.
Le jeûne la faisait souffrir: la nostalgie de l'aliment solide. Mais Alexandrina souffrait bien davantage d'un autre genre de faim: la faim que le monde avait de ses souffrances de victime pour se sauver et la faim d'âmes dont souffrait Jésus.
Jésus lui ayant souvent dit que sa souffrance sauvait les âmes, les alimentaient et en même temps leurs donnaient vie, Alexandrina avait donc l'impression d'être avidement dévorée par les pécheurs.

C'est très impressionnant et en même temps très claire ce qui se lit dans une lettre écrite au Père Pinho le 12 décembre :
« Nouveau martyre pour mon âme. Elle est comme une tige effeuillée; à ses fibres sanguinolentes ils viennent sucer tout mon être, tout mon sang et s'accrochent à ces fibres : il s'agit pourtant d'un être qui a la taille du monde, mais ils arrivent en bandes, ils sont très nombreux. Mais ce quelqu'un qui représente le monde et les autres qui se présentent en bandes ont des mains avec des griffes, des yeux hagards, des cheveux en désordre, ce sont des affamés, insatiables, ce sont de vrais squelettes.
Je n'ai plus de sang, je n'ai plus rien à leur donner. L'âme se fatigue et meurt de faiblesse.
Mais celle-ci aussi a une faim infinie, ce qui vient augmenter le tourment de mon corps. Cette faim de l'âme est causée par la nostalgie de l'alimentation: j'ai la nostalgie de tous les aliments, de tous; et même quand je me sens rassasiée, je sens un vide que seul le monde pourrait remplir...
Jésus, lors d'un extase me dit que ce que je ressens dans mon âme c'est le monde, ce sont les âmes qui voient déjà les peines de l'enfer, qui s’agrippent aux fibres de mon âme afin de sucer tout mon sang pour éviter de se perdre. Et quelle faim infinie est la Sienne » (faim d'âmes).
1er octobre
C’était le premier vendredi du mois, après la Passion, Jésus lui apparut. De ses plaies sortaient des rayons de lumière, lesquels allaient frapper les plaies de ses pieds, des ses mains et de son cœur. Elle entends Jésus lui dire :

“Comme je l'ai demandé à Marguerite-Marie [Alacoque], je veux que toi, à ton tour, tu fasses se développer dans le monde cet amour éteint dans le cœur des hommes... Fais, ô mon épouse, fais que se propage dans le monde entier cet amour de nos Cœurs.” (de Jésus et Marie).
Pendant cette dernière période de sa vie, elle expia de façon particulièrement douloureuse les péchés contre la foi et contre l'espérance, bien qu'elle fut tourmentée par les doutes sur la foi jusqu'en 1939.
7 janvier

Jésus lui fit comprendre qu'elle mourrait en cette année.
Le secrétaire de l'Archevêque de Braga, le Père Sebastião Cruz qui la compris fort bien, la visita souvent en cette période, pour la réconforter.
La lutte pour la foi continua toujours intensément.
Dans son dernier Journal, le 2 septembre l'on peut lire :
« Dans une angoisse lancinante je répétais mes actes de foi: “Je crois, Jésus, je crois que c'est pour moi que vous êtes né, que c'est pour moi votre Jardin des Oliviers, votre Calvaire. Je crois, je crois, Jésus, je crois ! »
Mon abîme était noir et si profond que seul Dieu pouvait y pénétrer: c'est que fit Jésus. Il est descendu jusqu'à mes profondeurs, ramena à la superficie mon pauvre être et l'illumina avec quelques rayons de Sa lumière.
« Viens ici, Ma fille, lumière et flambeau du monde! Toi qui es ténèbre inégalable, tu es lumière qui brille, phare que tout illumine: la ténèbre est pour toi, la lumière, elle est pour les âmes.
Viens ici, lumière dont Je suis la source, phare dont Je suis le phare ».
Alexandrina Maria, qui avait reçu la mission de veiller sur les Tabernacles abandonnés, avait un très grand amour pour l’Eucharistie et, pour cette raison même, elle avait demandé au Seigneur de prendre son âme en un jour consacré à l’auguste Sacrement, mais elle avait aussi exprimé le désir de mourir en un jour consacré à la Sainte Vierge, envers qui elle avait un très grand amour filial.
Jésus, qui aimait la vierge de Balasar d’un amour tout particulier, n’a pas manqué de lui accorder ces deux grâces...
Le 13 octobre 1955 Alexandrina, dans la paix et le sourire aux lèvres, rendit sa belle âme à Dieu.
Toutes les roses blanches de Balasar (et même de Porto) se sont retrouvées autour d'Alexandrina

Ce jour-là était un jeudi, jour où Jésus institua le Sacrement de l’Amour, lors de sa dernière cène avec ses disciples. Mais, le 13 octobre est aussi la date anniversaire de la dernière apparition de la Sainte Vierge à Fatima.

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Après ce survol de la vie d’Alexandrina et des dates importantes qui ont marqué sa vie, nous pourrions entrer de pied ferme, dans un autre sujet qui nous tient à cœur, les prières de la Vénérable.
Elles sont toutes belles, car toutes sont des prières du cœur ; des prières d’un cœur simple et pur; d’un cœur aimant, comme l’épouse des Cantiques.
La plus part de ces prières peuvent être employées par chacun d’entre nous, chaque jour, car toutes peuvent être récités, voire même apprises, afin que notre âme en soit marquée d’une façon indélébile.
Les prières d’Alexandrina, comme en général toutes les prières des saints, sont des petits chefs-d’œuvre qui entraînent nos âmes vers l’infini plein de délices, vers le voisinage de Dieu, vers Dieu...
Mais ceci, pourrait être matière pour un autre entretient.
Fraternellement et humblement, je me tiens à votre disposition pour le faire, quand vous en aurez le désir et l’envie de m’entendre parler de celle que, tendrement, j’appelle ma “petite sœur du ciel”.
Souvenons-nous qu’Alexandrina Maria « est le canal » par lequel Dieu veut nous combler de bienfaits, selon la promesse qu’il lui a faite.

Alphonse Rocha

1 - Pendant un an, le Père Mariano Pinho ne fit rien, lui présentant des arguments, ce qui fut la cause de doutes et d’indicibles souffrances chez Alexandrina.
2 - “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?” Saint Marc, 15,34.
3 - Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée à partir du haut; ils se dirent entre eux: « Ne la déchirons pas, mais tirons-la au sort»: afin que l’Écriture fût accomplie.” Saint Jean, 19,23-24.
4 - Il y a une relation particulière entre l’Eucharistie et la Vierge « mère de la divine grâce », parce que l’Eucharistie nous fait participer à la nature divine à travers le Corps et le Sang du Sauveur. Or la Sainte Vierge ne peut pas rester étrangère à cet accroissement de vie que nous recevons dans l’Eucharistie: en celle-ci, Marie conserve tous ses droits de Mère. Dans un certain sens on peut dire que c’est Elle qui donne l’âme à l’aliment divin. Avec le Fils de son sein Elle alimente ses enfants adoptifs (Arintero, “L’Évolution mystique”.
5 - Journal du 2 février 1945.
6 - Journal du 12 avril 1945.
7 - Journal du 22-6-1951.