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samedi 8 avril 2017

J'ADORAIS FAIRE DES FARCES !

Une fille comme les autres...


J’aimais beaucoup ma sœur, mais quand je me fâchais avec elle, je lui jetais tout ce qui se trouvait à portée de mes mains. Je me souviens l’avoir fait au moins deux fois. Je veux que ma méchanceté ne reste pas dissimulée.
J’adorais aussi lui faire des farces. Quelquefois, me levant avant elle, je mettais des pièges sur le pas de la porte, pour la faire tomber, comme pour lui dire qu’elle était paresseuse. Des farces de ce genre je lui en fais plusieurs.
Je lui ai même fait de farces de mauvais goût. Un jour, ayant soulevé le couvercle d’un bahut, je l’ai laissé tomber, avec un grand fracas et, ensuite, je me suis mise à crier, comme si je m’étais coincée les mains. Deolinda est venue aussitôt, effrayée et angoissée... Et moi, après coup, je me sentais peinée de l’avoir ainsi offensée. Je n’étais pas non plus rancunière, je préférais plutôt embrasser les personnes qui m'avaient offensée. Malgré tout cela et le fait de grimper aux arbres ― j’y grimpais fort bien ― jamais je n’ai fait de mal aux oiseaux. J’étais incapable de défaire un nid, ou même de jouer avec les oisillons. Je souffrais beaucoup quand je voyais des nids défaits ou quand j’entendais le piaillement triste et douloureux des oiseaux. J’ai même pleuré quelquefois, lorsque je me rendais compte qu’ils avaient perdu leurs petits.

Dans le cocon familial, je ne sais pas ce que je racontais, mais je mettais tout le monde de bonne humeur, j’étais le boute-en-train. Ma mère avait l’habitude de dire, à ce sujet: “Les riches ont leurs bouffons; je ne suis pas riche, mais j’en ai un aussi”. (Autobiographie)

jeudi 6 avril 2017

AVEZ-VOUS OUBLIÉ MA MISÈRE ?

Tu es la vie de l'amour!


Le cœur en sang et l’âme défaite en douleur à cause des souffrances causées par la cène d’hier soir, lors de cette assemblée d’amis et de la trahison, je me suis réveillée ce matin après un léger sommeil e aussitôt j’ai été attachée par la ceinture, traînée par les cheveux, flagellée, couronnée d’aiguës épines qui me causaient tant de douleurs qu’il me semblait avoir la tête en feu. Je suis tombée plusieurs fois, je suis tombée sur des pierres. De mes genoux et de mon visage des morceaux de chair y restaient accrochés, ainsi que des trainées de sang. Un amour irrésistible, sorti de mon cœur, m’attachait encore davantage à la croix. L’amour surpassait toutes les souffrances.
Sur le calvaire, en haut de la croix, quelles douleurs violentes causées par le fait d’avoir la tête unie à la croix ! Les épines la pénétraient de plus en plus profondément : la souffrance atteignait son comble. Après une longue agonie et d’un horrible abandon, j’ai senti que la terre s’ouvrait, ainsi que le roulement des pierres. Tout a tremblé. Je suis restée comme si mon âme me quittait et que je n’eus plus de vie. Le cœur a été ouvert, il laissa échapper les dernières goûtes de sang et eau. Je suis restée ainsi, sans vivre, ni sur terre, ni au ciel. Après un long moment passé ainsi, mon Jésus est venu et Il m’a dit :
— Ma fille, vie de l’amour, lumière de l’Évangile. Tu es la vie de l’amour, car tu l’allumes dans beaucoup de cœurs et l’y fais naître, en eux tu le fais vivre. Voilà l’édifice de ton âme, c’est un édifice mondial. Tu es la vie et la reine de l’amour. C’est de l’édifice de ton âme qu’il se propage dans toute l’humanité. Cet édifice est garni de l’abondance de tes vertus. Combien elles sont belles ! Tu es lumière de l’Évangile, car ta vie, si pleine de merveilles, montre plus clairement ce que fut Ma vie sur la terre : Ma Passion, Ma miséricorde, Ma tendresse, la folie de Mon divin Amour. Il montre combien J’ai souffert et combien Je t’ai fait ressembler à Moi. Mes souffrances ont été infinies, infinies sont les tiennes également, car tu es transformée dans l’infini. Tu es la rédemptrice transformée en son Rédempteur. Ce n’est qu’ainsi que tu peux sauver des âmes par milliers, par millions. J’accepte toutes tes souffrances et avec elles Je sauve des âmes dans tout l’univers. Bientôt Je te dirai, Ma fille, [le nom] de l’une d’elles, sauvée grâce à toi. Tu n’y es pas allée la sauver avec tes paroles, avec ton exemple et tes vertus, mais Moi, J’y suis allé, très loin apportant tes souffrances, lui pardonner et l’appeler à Moi.
— Jésus, Jésus, savez-Vous de qui Vous parlez ? Ne savez-Vous pas ce que je suis ? Ou avez-Vous oublié ma misère ? Quelle honte, quelle terrible confusion que la mienne ! Qui êtes Vous et qui suis-je ! Que dites-Vous sur cet abîme de misère ?

(Sentiments de l’âme, 13 avril 1945 – Vendredi)

lundi 25 juillet 2016

ALEXANDRINA MARIA DA COSTA

Naissance et premières années

« Je m'appelle Alexandrina Maria da Costa. Je suis née au lieu-dit de Gresufes, paroisse de Balasar, commune de Póvoa de Varzim,[1]district de Porto, le 30 mars 1904, mercredi des cendres. J'ai été baptisée le 2 avril suivant, samedi saint. Mes parrains ont été mon oncle Joaquim da Costa et une dame de Gondifelos[2] qui se prénommait Alexandrina. »[3]


C'est ainsi que commence l’autobiobraphie d'Alexandrina ; un document qu'elle écrivit, à la demande de son deuxième directeur spirituel, le Père Umberto Maria Pasquale, salésien italien. Il est intéressant de remarquer qu’elle est née donc sous le signe de la Passion ; une “Passion” qu’elle vivra plus tard dans son corps et dans son âme.
Si nous consultons le registre des baptêmes de la paroisse de Sainte-Eulalie de Balasar, nous pouvons y lire:

Certificat de baptême

« Le 2 avril 1904, en cette église de la paroisse de Sainte-Eulalie de Balasar, commune de Póvoa de Varzim, archidiocèse de Braga, moi, Manuel Fernandes Sousa Campos, curé, j'ai baptisé un individu du sexe féminin, auquel fut donné le nom d'Alexandrina. Celle-ci est née le 30 mars de l'année en cours et est la fille naturelle de Maria-Ana da Costa, journalière, célibataire, paroissienne, demeurant en cette paroisse, au lieu-dit de Gresufes. Petite-fille maternelle de José Antonio da Costa et de Maria Joaquina Leitão.
Les parrains ont été, Joaquim da Costa, marié, agriculteur et, Alexandrina Rosa Campos, veuve, employée de maison; et, je connais personnellement chacun d’eux. [4]



[1] Ville balnéaire du nord du Portugal, à une trentaine de kilomètres au nord de Porto.
[2] Petit village proche de Balasar.
[3] Journal d'Alexandrina, dans "Cristo Gésu in Alexandrina", p.17, - Postulation - Alba (Italie) 1973. Par la suite, tous les extraits provenant de cet ouvrage, seront indiqués uniquement par: "Journal".
[4] Summarium

mercredi 25 juin 2008

LETTRES A UN AMI - 1



Alexandrina de Balasar

Mon ami,
Tu me demandes, de te parler d’Alexandrina de Balasar ou plus exactement Alexandrina Maria da Costa.
Selon ce que tu mes dis, dans ta région vivent bon nombre de portugais dont une grande partie garde une foi intacte et même militante. En les côtoyant, tu aurais, toujours selon toi, entendu parler de cette personne que tu connais mal, car les renseignements que tu as sur elle sont très succincts.
Alexandrina est ce que l’on pourrait appeler “une âme d’exception” ou encore une “âme-victime” dont la mission première a été celle de veiller sur tous les tabernacles du monde, si délaissés par les fidèles qui ont un peu oublié que Jésus s’y trouve Vivant et Vrai.
Mais, mon ami, je dois te prévenir que je ne pourrai pas résumer sa vie en une seule lettre, car sa vie et son parcours spirituel sont exceptionnels : j’ai peur qu’en faisant court, tu n’apprennes pas grand’chose de sa vie et de ss spiritualité, ainsi que de sa mission au sein de l’Église.
Elle est né à Balasar, petit village du nord du Portugal, entre Braga ― son diocèse ― et Porto, le mercredi 30 mars 1904. Elle fut baptisée le 2 avril suivant qui était samedi saint, cette année-là.
Plusieurs faits importants dans la bien d’Alexandrina se sont passés d’ailleurs pendant la semaine sainte…
Mais avant de te perler d’elle je vais rapidement te présenter sa famille : sa mère et sa sœur.
Sa mère
Elle est la deuxième fille de Maria Ana da Costa, jeune femme célibataire qui s’était laissée convaincre par un homme peu scrupuleux qui lui promettait le mariage mais qui, après lui avoir fait deux enfants ― Deolinda et Alexandrina ― se maria avec une autre, la laissant seule élever ses deux filles.
Se voyant trompée, Maria Ana prit un autre tournant dans sa vie et est devenue un exemple pour son village. En effet, une conversion complète s’opéra en elle et les villageois l’ont vue dès lors assister non seulement aux messes dominicales mais aussi aux messes quotidiennes. Elle s’est chargée du fleurissement des autels, finissant même par avoir les clefs de l’église paroissiale, pour mieux remplir sa tache.
Ce fut alors qu’elle déménagea de Gresufes, lieu-dit à environ un kilomètre de l’Église et vint habiter un autre lieu-dit, près de l’église et porte un nom prédestiné : Calvaire.
Dotée d’un mâle caractère, après avoir assisté à la messe matinale, elle s’en allait dans les champs ou de durs travaux l’attendait ; elle gagnait ainsi son “pain quotidien” et de quoi nourrir ses filles auxquelles elle dispensait une doctrine exemplaire, aux dire de ceux qui l’ont connue.
Deolinda
La sœur aînée d’Alexandrina, après sa scolarisation apprit le métier de couturière et confectionnait, pour les gens du village et villages voisins, des chemises, des pantalons et autres habits, ainsi que tous autres genres de travaux inhérents à la couture.
Elle était d’une extrême délicatesse et d’une grande sagesse. Sa vie durant ― elle ne s’est jamais mariée ― elle s’occupa de sa jeune sœur et devint même plus tard sa “secrétaire”. Le Père Mariano Pinho, premier Directeur spirituel d’Alexandrina ― ainsi que de Deolinda ― avoua un jour qu’il ne savait laquelle des deux était la plus sainte.
Alexandrina : premières années
Alexandrina et sa sœur, lorsque que l’âge scolaire arriva, ont été envoyées par leur mère dans la ville voisine de Póvoa de Varzim, chez des amis qui les hébergèrent pendant dix-huit mois.
Deolinda qui avait déjà quelques connaissances, y appris à lire et à écrire, et y obtint même son seul diplôme de troisième classe. Quant à Alexandrina, elle n’y appris pas grand’chose, car la nostalgie de sa mère et l’envie de revenir à Balasar finirent par avoir raison de la décision maternelle.
Dès qu’elle eut douze ans, elle accompagna sa mère dans les champs où son courage faisait l’admiration de tous : elle finit même par gagner autant que sa mère, c’est-à-dire autant que grande personne.
Ce fut pendant ces temps de travaux qu’un premier incident eut lieu : elle tomba en bas d’un arbre alors qu’elle coupait des branches pour donner à manger aux vaches du propriétaire. Elle eut très mal et dût rester alitée quelques jours.
Sa mère la plaça ensuite chez un voisin, un homme exécrable et méchant qui jouera un rôle très important et déterminant dans la vie de la jeune fille.
Maria Ana lui imposa quelques obligations, dont celle de laisser Alexandrina assister à la Messe tous les dimanches.
Le cultivateur essaya de respecter cet engagement, mais il était libertin, trop libertin et, un jour, vers la fin de l’après-midi il demanda à Alexandrina de surveiller une paire de bœufs pendant que lui il allait à Póvoa de Varzim, pour une affaire, dit-il. La jeune fille accepta, bien entendu… Mais le temps passait et la peur s’installait… Ce ne fut que très tard dans la nuit que son patron est revenu un peu éméché et la gratifia dès son arrivée de quelques mots moins dignes, dont il avait l’habitude. Il venait de passer une partie de la nuit “en bonne compagnie”.
Alexandrina raconta cela à sa mère qui n’hésita pas une seule seconde à retirer sa fille de chez un homme aussi brutal et mal élevé.
La jeune fille devait avoir alors 13 ou 14 ans.


***


Mon ami, je continuerai mon exposé de cette vie extraordinaire, dans une prochaine lettre.
Ton ami dévoué.

A.

dimanche 22 juillet 2007

LES GRANDS SACREMENTS

Introduction

Dans la vie d’Alexandrina, il y a deux dates très importantes sur le point de vue spirituel : sa première Communion et sa Confirmation.
De sa première Communion, elle parle, dans son Autobiographie, avec beaucoup de nostalgie. En effet, sa première rencontre avec “la sainte Hostie” restera pour elle un moment de joie indicible, un moment à jamais gravé dans son cœur si jeune et plein d’amour.
Elle se souvient avec tendresse de l’abbé Alvaro de Matos qui l’a “examinée sur le catéchisme, qui l’a confessée et lui a donné la Communion”. Elle n’avait alors que 7 ans.
“J’ai cru alors m’unir à Jésus pour ne plus être séparée de Lui”, affirme-t-elle, en parlant de cet acte religieux qui l’a tant marquée.
Elle nous parle ensuite de la Confirmation, ce Sacrement qui imprime en nous le caractère et les dons de l’Esprit Saint.
Cela s’est passé non loin de là où elle fit sa première Communion, à Vila do Conde, une toute petite ville située en bord de mer.
A cette époque-là, la répression gouvernementale [1] contre les évêques portugais qui n’acceptaient pas les lois iniques votés par la nouvelle république et qui tendaient à assujettir l’Église à l’état était à son comble. Le “saint” et courageux évêque de Porto, Mgr António Barroso [2] — dont la cause de béatification et canonisation est engagée — avait été exilé et remplacé par Mgr António Barbosa Leão. Ce fut ce dernier qui imposa ses mains sur la frêle enfant de Balasar, qui en gardera un souvenir impérissable, comme elle-même le dit : “on dirait une grâce surnaturelle qui me transformait et qui m’unissait plus profondément à Notre-Seigneur”.

* * * * *

Première Communion
« À Póvoa de Varzim j’ai fait ma première communion. Le Père Alvaro Matos m’a examinée sur le catéchisme, m’a confessée et m’a donné la Communion pour la première fois. J’avais alors 7 ans. Comme prix j’ai reçu un beau chapelet et une image pieuse. J’ai communié à genoux et, malgré ma petite taille, j’ai pu fixer la sainte Hostie avec une telle ardeur qu’elle s’est imprimée en mon âme. J’ai cru alors m’unir à Jésus pour ne plus être séparée de Lui. Il a pris possession de mon cœur, ce me semble. La joie que je ressentais était inexprimable. À tous j’annonçais la bonne nouvelle. Ma maîtresse, désormais, me menait chaque jour à la communion. »
La Confirmation
« Ce fut à Vila do Conde[3], que j’ai reçu, des mains de Son Excellence l’Évêque de Porto[4], le sacrement de Confirmation. Je me souviens, très bien, de cette cérémonie et de la joie qu’elle m’a procurée. Au moment où je recevais ce sacrement, je ne sais pas bien expliquer ce que j’ai ressenti : on dirait une grâce surnaturelle qui me transformait et qui m’unissait plus profondément à Notre-Seigneur. Je voudrais bien expliquer tout cela, mais je ne le sais pas[5]. »

____
[1] Le témoignage le plus intéressant de cette époque, est celui du ministre Afonso Costa — membre du Gouvernement, et de triste mémoire — qui, devant le Parlement, le 23 juillet 1911, exprime très clairement ce sentiment antireligieux d’alors : “Monsieur le Président, à cause de leurs protestations , nous aurions pu engager les évêques dans une procédure de rébellion, contre laquelle il n’y aurait pas eut de témoin”. » Pour être clair, c’est clair !...
[2] VOIR : http://alexandrina.balasar.free.fr/antonio_barroso_fr.htm
[3] Petite ville balnéaire, à 3 kilomètres de Póvoa de Varzim.
[4] Monseigneur Antonio Barbosa Leão, duquel Alexandrina conserva une photo jusqu’à sa mort, en souvenir de sa Confirmation.
[5] Autobiographie.