jeudi 29 décembre 2011

NOUVELLE TRANSFORMATION

Seulement la douleur peut triompher de la mort.

Nouvelle transformation dans mon âme. Ce petit souffle de vie est complètement mort. Je ne sens plus cette respiration que de temps en temps je sentais. Vis en moi la douleur de toutes les qualités et de toutes les espèces. Je suis morte, morte pour le monde et pour les créatures. Tout est descendu dans la tombe pour y rester pour toujours enterré. Mon Dieu quel horreur ! Je ne vis plus, seule vit ma douleur bien-aimée, seul vit mon inexplicable martyre. Pourra-t-Il sans ma vie, donner la vie aux âmes ? Pourrais-je être encore utile à l'humanité ? Ô Jésus, ô Jésus, puis-je de cette manière vous aimer et consoler votre Cœur très Saint ? Pauvre de moi, après la haine et l'abandon, après l'oubli, le mépris, la descente dans ma sépulture, je vis déjà dans l'éternité, sans que Tu me le dises ô mon petit Papa, et sans avoir de nouveau ici la Sainte Messe. Jamais mon Jésus, jamais je ne pourrai être joyeuse, sinon avec mes yeux sur vous. On pourra de nouveau me donner tout ce que l'on m'a volé, je sens que pour moi la mort est partout, et qu'il est déjà trop tard pour qu'il me soit restitué ce que je le plus aimais et estimais après Vous, ô mon Jésus. La Sainte Messe ! Mon directeur spirituel ! Et plus encore mon Jésus, plus encore ! Quel horreur ! Comment résister à tout cela ? Ce n'était pas moi mon bien-aimé, c'était Vous en moi, c'était Votre Amour. Merci, mon Jésus.
Mon éternité n'a pas de lumière, c'est une éternité qui ne Vous aime pas, qui ne Vous loue pas, qui ne Vous voit pas, qui ne jouit pas de Vous. Terrible éternité. Ne pas voir Jésus c'est une éternité de mort.
Seulement la douleur peut triompher de la mort. C'est ce que je vis dans l'éternité que je ressens. Quel que soit l'état de mon âme, Jésus dépêchez-Vous, accomplissez Vos saintes promesses. J'espère, j'espère, confiante en Votre Amour. Donnez Jésus, donnez la vie aux âmes avec ma mort, avec mon éternité. Donnez-leur Votre éternité, donnez-leur le ciel, le ciel ô Jésus ! (Sentiments de l’âme, 13 mai 1944)

LIBÉRATION

Ce fait a éclairé mon intelligence


J'ai senti mon âme se libérer de la terre et monter plus haut, ne restant pour vivifier mon corps, qui est resté en bas, que comme un courant électrique qui maintenait l'union entre les deux. Cette libération a beaucoup coûté à mon corps dont les yeux se fixaient en Jésus crucifié pour alléger ses douleurs. Malgré cela toute mon âme se sentait dans la confortable tranquillité de ma Petite-Maman, qui supportait avec moi son divin Fils mort.
Ce fait a éclairé mon intelligence, me donnant à connaître que ce que Jésus m'a promis le 15 août 1943, s'est réalisé non sous la forme que je jugeais la plus naturelle, c'est à dire, que j'aurais été pour toujours au ciel, mais que j'y allais pour revenir.
Cet éclaircissement n'a pas été l'impression d'un moment, mais bien une nouvelle transformation qui s'est opérée en moi et qui m'a obligée à dire que certainement je ne devrais pas mourir, mais que Jésus se référait certainement à ce nouvel état de l'âme.
Je me suis convaincue de telle manière, que plus jamais je n'ai pensé qu'il arriverait, au jour fixé par Jésus, la mort réelle. (Sentiments de l’âme, février 1944)

samedi 24 décembre 2011

SAINT ET JOYEUX NOËL


Oh! Sainte nuit de Noël
Qui nous as apporté le Sauveur!
Béni soit le Seigneur notre Dieu
Qui a bien voulu venir pour nous,
Pour nous sauver,
Pour nous apporter la joie de la rédemption…
Bénie soit celle « qui a cru »
Et qui l’a porté dans son sein !
Seigneur,
En cette sainte nuit de Noël,
Viens nous réveiller
Et nous montrer l’aurore d’un nouveau jour,
Le commencement de notre salut.
Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ;
Paix sur la terre aux hommes, à tous les hommes
Que tu as créés pour toi, par amour !
SAINT ET JOYEUX NOËL !

mercredi 9 novembre 2011

UNE LETTRE A JÉSUS

C’est avec cette lettre du 19 février 1942 que s’ouvrent les “Sentiments de l’âme” ― journal spirituel d’Alexandrina. C’est un document vibrant, littérairement excellent, écrit à la suite du récent départ du Père Pinho et sans doute recueilli par le Père Umberto Pasquale en 1944. C’est un cri qui se lève au milieu d’une tempête. Mais la noblesse, la touche de l’excellence des sentiments exprimés, de la confiance illimitée en Jésus, de la détermination d’Alexandrina, sont les mêmes de toujours.

*****

Balasar, le 19 février 1942.

Mon bon Jésus,
Je sens mon cœur tailladé par la douleur. Aurez-Vous encore d’autres coups à me porter ? Que votre volonté soit faite. Clouée sur la croix avec Vous, saignant et dans la plus grande agonie, je me vois et je me sens abandonnée. Je ne peux pas vivre dans le monde, j’ai peur.
Jésus, venez vite, venez, emportez-moi au Ciel. Les hommes tente d’écarter de moi, de m’arracher pour toujours ce qui me procurait quelque soulagement, qui pouvait me réconforter. Ils m’ont pris mon Père spirituel, ils lui ont interdit de m’écrire et à moi de ne plus lui envoyer de lettres. Je suis seule au milieu de la tempête et celle-ci ne se calme pas.
Je vous ouvre mon pauvre cœur, Vous seul savez y lire ce qu’y est écrit avec douleur et sang ; Vous seul comprenez et pouvez évaluer ma souffrance. Le monde l’ignore, les hommes n’y comprennent rien. Laissez-moi Vous dire ce que Vous avez dit à votre Père Éternel :
“Pardonnez-leur, mon Jésus, car ils ne savent pas ce qu’ils font !” Ils sont aveugles, il leur manque votre divine lumière : éclairez-les tous et donnez à tous votre amour.
Ô Jésus, tous mes pressentiments se sont avérés exactes. Pourront-ils encore m’interdire de vous recevoir sacramentellement ? Pauvre de moi, cela serait le coup qui m’ôterait la vie, si Vous avec votre divin pouvoir ne me conservez pas la Communion.
Qu’ils disent ce qu’ils voudront, qu’ils fassent ce qui leurs plaira, ce qu’ils ne m’ôteront jamais c’est cette union avec Vous.
Me priver de Jésus sacramentel, oui, je ne doute pas qu’ils le fassent ; ôter de mon cœur le très riche trésor que j’adore, que j’aime plus que toute autre chose, le Père, le Fils, le Saint Esprit, cela, jamais, jamais les hommes y parviendront : il aurait fallu qu’ils me fassent vivre sans cœur et sans âme.
Impossible ! Que vienne la force du monde entier et que toute cette force se jette contre moi : mais, me séparer de cette grandeur infinie, de cet amour infini, cela jamais ! Seul le péché, lui seulement pourrait m’en séparer.
Mais j’ai pleinement confiance en Vous ; c’est de Vous, mon Jésus, que j’attends tout, malgré le ressentir de mon âme arrive presque à me persuader : que je me trompe moi-même : je sens que je ne Vous aime pas, je sens que je ne peux rien attendre de Vous à cause de ma misère qui est si grande.
Quelle confusion que la mienne ! Combien grande est ma détresse !
Soulevez-moi, mon Jésus, aidez-moi, même ainsi clouée à la crois, à monter tout le chemin douloureux du calvaire. À chaque escalier par où je passe, je veux laisser écrit avec le sang que de mes plaies s’écoule :
C’est pour Jésus que je souffre, c’est pour lui donner des âmes que je chemine !
Jésus, Jésus, je ne vois pas le Ciel, tout le bleu du firmament s’est éloigné de moi, je l’ai perdu, on m’a volé ce qui était ma vie. Je ne sens que douleur, je ne sens et ne vois que la mort. Je n’ai pas à qui recourir : ce n’est que Vous et la Mãezinha que je peux appeler.
Pauvre de moi ! Combien de fois à cause de ma souffrance je n’ose même pas Vous regarder !
Écoutez-moi toujours, même quand je ne vous appelle pas ; demandez à la Mãezinha qu’Elle m’aide, donnez-moi toute la force du Ciel !
Tous les bruits que j’entends me rappellent mon Père spirituel. Est-ce lui qui arrive ? Quelle vie d’illusions !
Chaque pensée qui me vient en tête sur mon pénible état, ce sont comme des flèches qui se plantent dans mon cœur, ce sont comme une flagellation qui met en lambeaux mon cœur et mon âme. Quel mal ai-je fait ? Quel crime ai-je commis ?
Ô mon Jésus, si ce n’était pas votre amour, si ce n’était pas cet ardent désir de Vous donner des âmes, je me refuserais à tout cela. J’aimerais Vous aimer beaucoup, ne jamais Vous offenser pour gagner le Ciel, mais je ne voudrais pas — sur la terre — la crucifixion, je ne voudrais point entendre votre douce voix, je n’aimerais pas regarder votre divine Image, ni douloureuse ni glorieuse : j’aurais une éternité entière pour Vous contempler et pour vous entendre parler.
Pardonnez mes épanchements, Jésus, Vous savez bien que Vous êtes le seul avec qui je peux m’épancher.
Vous avez voulu me choisir pour la souffrance, Vous m’avez destinée à de si grands martyrs, voici votre victime, voici votre esclave, Jésus, faites de moi ce qu’il Vous plaira.
Accordez-moi ta bénédiction, mon Aimé. Dis à la Mãezinha qu’Elle me bénisse et me protège. Je suis ta plus indigne fille, la pauvre
Alexandrina

jeudi 29 septembre 2011

PRIÈRES DU CŒUR

Donnez-moi la force...

O ma Petite-Maman du ciel, voici à vos pieds très saints une âme que désire beaucoup vous aimer. O mon adorable Dame, je veux vivre d’un amour aussi grand qu’il me permette de souffrir uniquement pour vous et pour mon Jésus : oui, pour mon cher Jésus qui est le tout de mon âme. Il est la lumière qui m’éclaire, le pain qui me rassasie; il est mon chemin, le seul que je veux suivre...[1]

O Jésus, quelle meilleure compagnie puis-je avoir dans ce lit de douleur que votre continuelle présence en moi, moi qui ne veut vivre que pour vous ? O Jésus, Vous savez bien quels sont mes désirs: être toujours devant vos Tabernacles, ne jamais m’en éloigner, ne fusse qu’un moment ! Donnez-moi la force, o bon Jésus, afin que je sache le faire !

O mon Jésus, je suis ici, malade, et je ne peux vous visiter dans vos églises, mais j’accomplis la mission à laquelle vous m’avez destinée: que votre sainte Volonté soit faite !... Vu que je ne puis venir, je Vous envoie mon cœur, mon intelligence pour apprendre toutes vos leçons, ma pensée afin que je ne pense qu’à vous; uniquement à vous, mon Jésus, en tout et pour tout... Je vous envoie tout ce que j’ai et qui puisse vous faire plaisir dans vos Tabernacles d’amour...
J’aimerais être en votre présence jour et nuit, à toute heure, unie à vous, et ne plus jamais vous quitter, o Jésus abandonné dans les Tabernacles ! Pas un seul instant je ne voudrais m’en absenter; j’aimerais vous donner tout ce que je possède et qui vous appartient entièrement: mon cœur, mon corps, avec tout ce qu’il ressent. C’est là toute ma richesse.
(…)
Quoique le Saint-Sacrement soit mon meilleur ami, je regrette de devoir le dire, je ne le reçois que rarement. Au début on me portait la Sainte Communion tous les premiers vendredis, samedis et dimanches; maintenant, il ne vient plus le dimanche.[2] Que dois-je faire? Souffrir pour l’amour de mon Bien-Aimé Jésus.
(...)
Ma souffrance a beaucoup augmentée. Maintenant je ne prends que des liquides, car je n’arrive pas à mâcher à cause d’un abcès dans la bouche. Peut-être que, de la même façon dont il est apparu, aussi il s’en aille. D’un autre côté, il me sera impossible de vivre, étant donné l’état de faiblesse dans lequel je me trouve... Je ressens le manque du peu que je mangeais. Ne prendre que des liquides, cela me cause de continuels vomissements. Mais, en tout cas, ce n’est pas cela qui m’attriste, car tous les jours je demande à Dieu de ne pas m’abandonner, sachant pertinemment que sans Lui, je ne supporterais rien.[3]
(Bse Alexandrina de Balasar : Écrits spirituels : Extraits)


[1] En la fête de l’Annonciation de 1934.
[2] Elle fait allusion ici au nouveau Curé de Balasar.
[3] Lettre du 8 mars 1934 au Père Mariano Pinho.

EXPLICATIONS SUR LE CERTIFICAT DE BAPTEME

Copie du certificat
« Le 2 avril 1904, en cette église de la paroisse de Sainte-Eulalie de Balasar, commune de Povoa de Varzim, archidiocèse de Braga, moi, Manuel Fernandes Sousa Campos, curé, j'ai baptisé un individu du sexe féminin, auquel fut donné le nom d'Alexandrina. Celle-ci est née le 30 mars de l'année en cours et est la fille naturelle de Maria Ana da Costa, journalière, célibataire, paroissienne, demeurant en cette paroisse, au lieu-dit de Gresufes. Petite-fille maternelle de José Antonio da Costa et de Maria Joaquina Leitão.
Les parrain et marraine ont été, Joaquim da Costa, marié, agriculteur et, Alexandrina Rosa Campos, veuve, employée de maison ; et, je connais personnellement chacun d’eux. »[1]
***
Deolinda, sœur d'Alexandrina et leur mère, Maria Ana
Nous venons de lire dans la transcription du certificat de baptême d'Alexandrina Maria, que Maria Ana, sa mère, était célibataire, ce qui mérite quelques explications, bien entendu.
« Le nom de son père — pouvons nous lire dans la déposition de l'un des témoins, lors du procès de béatification — était Antonio Gonçalves Saveiro. »[2]
« Celui-ci mena une vie très libre et de ses relations coupables avec Maria Ana da Costa, naquit une fille, Deolinda. Il promit bien de se marier avec la mère de l'enfant, mais quand celle-ci attendait l'accomplissement de cet engagement, lui, il s'en alla au Brésil, afin, disait-il, de gagner l'argent nécessaire pour fonder leur futur foyer », rapporte un autre témoin[3].
À son retour, de nouveau il promit le mariage et, après de nouvelles relations, une autre fille naquit : Alexandrina Maria. Avant même la naissance de l'enfant, Maria Ana se rendit à Vila do Conde[4], dans l'intention de passer ensuite à Povoa de Varzim, afin d'aviser son amant de sa grossesse et solliciter le mariage. Toutefois, lors de sa rencontre avec Saveiro, une certaine demoiselle, une rivale, à qui il avait aussi promis le mariage, vint lui « demander des comptes », sur de soi-disants ragots qui circulaient et qui en disaient long sur la fidélité de cet homme.
« Quelques semaines plus tard — raconte encore le docteur Azevedo — le mariage entre Saveiro et cette demoiselle fut célébré. À partir de cette occasion, la vie de Maria Ana changea complètement. Elle était toujours la première à entrer à l'église, le matin. Elle donna même à ses filles, une authentique éducation religieuse. »[5] « Elle s'habilla de noir, se donna une vie de grande prière et se consacra à faire le bien autour d'elle, assistant les malades. Et on peut dire que toutes les personnes qui décédèrent dans le village, furent habillées par ses soins », conclut le Père Pasquale. Celui-ci, grand connaisseur des gens et des mœurs portugaises de ce temps-là, explique encore :
« Je pense qu'il est possible de trouver des circonstances atténuantes à la fréquence des enfants illégitimes, non seulement à cette période, mais aussi dans cette région. En effet, les gens du peuple, ne considéraient pas cela comme un motif de grand scandale. »
« Maria Ana est toute à tous. Elle ne refuse pas de partager le peu de biens dont elle dispose, avec ceux qui ont encore moins qu'elle et, sa générosité finira même par dépasser ses propres moyens et, à son tour, elle aussi aura besoin de l'aide de ses voisins et amis. En effet, s'étant portée caution pour les dettes de l'une de ses sœurs, Maria Ana dut payer celles-ci », comme l'explique le docteur Azevedo et que le Père Pasquale confirme et complète en ces termes : « Elles vécurent une période de grande pauvreté à cause de la générosité de la mère, laquelle prêta de l'argent qui ne lui fut jamais remboursé, ce qui fit qu'elles parvinrent au point de presque tout perdre, y compris leur propre maison... et bien souvent la nourriture leur manqua, ainsi que de quoi se vêtir. »
Afin de gagner le pain quotidien, pour elle et ses deux filles, Maria Ana travaillait dur dans les champs, par tous les temps. Et malgré ce travail arasant, elle trouvait encore du temps à consacrer à l'éducation de Deolinda et d'Alexandrina, ce qu'elle fit aussi bien qu'elle le put. Le témoignage des voisins et amis reste unanime:
« La mère ainsi que ses filles étaient des gens honnêtes, dignes de confiance et travailleuses. »[6]


[1] Summarium.
[2] Docteur Manuel Augusto Dias de Azevedo, médecin traitant d'Alexandrina.
[3] Le Père Umberto Pasquale, deuxième directeur spirituel de la servante de Dieu.
[4] Petite ville sur le littoral, à 4 kilomètres de Póvoa de Varzim et à 17 environ de Balasar. Port de pêche.
[5] Summarium. Déposition du docteur Azevedo.
[6] Summarium. Déposition du docteur Azevedo.

samedi 24 septembre 2011

LE PRISONNIER DES PRISONNIERS…

Peu avant de dicter cette lettre, Notre-Seigneur m’a demandé mon cœur pour le placer dans le sien, afin que je n’ai pas d’autre amour que lui et celui de ses œuvres. Il m’a dit que toutes les âmes y ont leur place, dans son divin Cœur, mais que j’y avais une place de choix. Il m’a encore dit :
Ma fille, n’as-tu pas compassion de moi ?...
Je suis seul et abandonné, dans mes tabernacles, et tellement offensé ! Viens me consoler, viens réparer ; réparer pour tant d’abandon...
Visiter les prisonniers dans leurs cachots et les consoler est une œuvre de miséricorde. Moi, je suis prisonnier et prisonnier par amour ; je suis le Prisonnier des prisonniers !...
Notre-Seigneur m’a dit que je suis son temple. Temples de la très Sainte-Trinité sont toutes les âmes en état de grâce, mais que moi, par une grâce particulière, je suis un tabernacle qu’il s’est choisi pour y habiter et s’y reposer afin de davantage rassasier la soif que j’ai de son Sacrement d’Amour... Jésus me dit encore qu’il se sert de moi afin que par moi beaucoup d’âmes soient stimulées à l’aimer dans la sainte Eucharistie.
(...)
— Je t’ai choisie pour moi. Correspond à mon amour. Je veux être ton Époux, ton Bien-Aimé, ton tout. Je t’ai choisie aussi pour le bonheur de beaucoup d’âmes. Tu es mon temple, temple de la très Sainte Trinité. Toutes les âmes en état de grâce le sont, mais tu l’es de façon spéciale. Tu es un tabernacle choisi par moi, afin que J’y habite et m’y repose. Je veux rassasier ta soif pour mon Sacrement d’amour.
Tu es comme le canal par où passeront les grâces que Je veux distribuer aux âmes et à travers lequel les âmes viendront à moi. Je me sers de toi afin que beaucoup d’âmes viennent à moi: par ton intermédiaire, beaucoup d’âmes seront stimulées à m’aimer dans la très Sainte Eucharistie.
Reçois, maintenant, ma fille, le Sang de mon divin Cœur : c'est la vie dont tu as besoin, c'est la vie que Je donne aux âmes.
Dis au monde entier qu'il écoute la voix de son pasteur, le Pape, laquelle est la voix de Jésus. Je veux de l'amour, de la pureté d'âme, changement de vie. Que la voix du Saint-Père soit pour le monde un aussi vibrant appel que celui de Noé...
Qu'il parle aux nations et à ses gouvernants, afin qu'un terme soit mis à tant d'immoralité...
J'ai renouvelé, à perpétuité, mon vœu de virginité et de pureté, suppliant la Sainte Vierge de me purifier de toute tache, de me consacrer toute à Jésus et de me renfermer dans son Sacré-Cœur. Je tressaillais de joie. Peu après, Notre-Seigneur m'a parlé ainsi :
— J'ai reçu ton offrande, par l'entremise de ma très Sainte Mère. Si tu savais combien tu as consolé ton Jésus et réjoui la Très Sainte Trinité !... Si tu pouvais comprendre la gloire que ton oblation t'a acquise pour le ciel, tu mourrais de bonheur !...
Désormais, Je te comblerai de bienfaits... tu arrêteras le bras de la Justice divine prête à foudroyer les pécheurs... tu seras un puissant secours à tant d'âmes enchaînées par le péché... tu es la victime de mes prisons eucharistiques.
(...)
J’ai eu un bon Maître. C’est vous le premier, ô mon Jésus, que depuis toute petite, m’avez appris ![1]


[1] Lettre du 4 octobre 1934 au Père Mariano Pinho.

« AVISE TON DIRECTEUR SPIRITUEL... »

Veille sur mes tabernacles

Le Père Mariano Pinho, jésuite
premier Directeur spirituel d'Alexandrina
Quelques fois, avant même qu’il me parle, je sens comme des embrassements. D’autres fois je les sens à la fin. Je ressens, subitement une forte chaleur, une chaleur que je ne sais pas expliquer. Parfois encore, je me sens tellement caressée par Notre-Seigneur ! Et moi, je ne sais pas comment correspondre à tant de bienfaits...
(...)
Jésus m’a dit que de la même manière qu’il est fidèle à demeurer en moi pour me consoler, que moi aussi je devais être fidèle à demeurer en esprit auprès de ses Tabernacles, pour le consoler et l’aimer; que je devais lui donner mon corps pour être victime; que des milliers de victimes ne seraient pas de trop pour réparer tant de péchés et les crimes du monde...
(...)
— Parlez, mon Jésus, parlez, car votre petite fille vous écoute... Je souhaite ardemment être instruite à votre école.
— Je souhaite aussi ardemment que tu apprennes toutes mes leçons. J’ai beaucoup à t’apprendre, afin que par toi, beaucoup viennent apprendre les mêmes leçons, qu’ils marchent sur les mêmes traces et qu’ils suivent les mêmes chemins.
(...)
— Avise ton directeur spirituel que J’exige que l’on prêche et que l’on propage la dévotion aux Tabernacles, et d’avantage encore : qu’elle soit rallumée dans les âmes. Je ne suis pas resté sur les autels par amour uniquement de ceux qui m’aiment, mais pour l’amour de tous; même en travaillant on peut me consoler.
(...)
— Veille sur mes tabernacles. J’y suis si seul dans un très grand nombre !... Des jours et des jours passent sans que quelqu’un me rende visite. On ne m’aime pas, on ne répare pas. Quand ils y viennent, ils le font soit par habitude ou par quelque obligation. Sais-tu ce qui ne cesse pas de tomber sur mes tabernacles ? C’est cette chaîne de péchés et de crimes. Ce sont là les actes d’amour qu’ils y déposent ; c’est ainsi qu’ils me consolent ; c’est ainsi qu’ils réparent; c’est ainsi encore qu’ils m’aiment !...
(...)
Ne me refuse pas les souffrances et les sacrifices pour les pécheurs ! La Justice de Dieu pèse sur eux. Toi, tu peux les secourir.
Prie pour les prêtres: ce sont les ouvriers de ma vigne; la récolte dépend d’eux...
Je choisis les faibles pour les rendre forts. Sous leur faiblesse Je cache mon pouvoir, mon amour et ma gloire. Oublie le monde et offre-toi à moi. Abandonne-toi entre mes bras : Je choisirai tes sentiers.
(...)
Console-moi et aime-moi et moi, je te consolerai dans toutes tes afflictions et dans tous tes besoins.
(...)
J’ai établi en toi ma demeure... tu es un tabernacle construit non pas par des mains d’homme, mais par des mains divines... J’habite en toi comme si dans le monde toi seule, tu existais, comme si dans le monde je n’avais que toi à combler.
(...)
Je ne t’abandonnerai jamais. Sais-tu quand je te laisserai ? Quand je t’appellerai en ma divine présence pour t’emmener au Ciel. Alors seulement j’abandonnerai ton corps... Me le donnes-tu librement afin que je le crucifie pour les pécheurs ? [1]


[1] Journal du 1er novembre 1934.

PRIE POUR LES PRÊTRES

Cette photo date de 1942, probablement
C’est avec regret et nostalgie que je vous informe que je n’ai plus communié. Ah, si je pouvais obtenir qu’on me portât la Sainte Communion, en payant avec de l’argent cette faveur, combien ne donnerais-je pas!... Mais je fais beaucoup de communions spirituelles, avec le plus de ferveur qu’il m’est possible et Notre-Seigneur m’en récompense. Voyez comme mon bon Jésus m’aime: il m’a dit que lui-même sera mon Directeur !...
(...)
Jésus m’a dit de ne rien m’attribuer de tout cela, car — me dit-il — je ne suis que poussière et que je ne possède rien que je ne l’ai reçu de Lui. Il m’a dit aussi que les faibles, il les rend dort; que c’est sous mes fautes qu’il cache son pouvoir, son amour et sa gloire.
(...)
Voulez-vous que je vous dise ce que me dit, quelquefois, Notre-Seigneur, quand il commence à me parler ?
— Ma fille, ma fille bien-aimée, mon aimée, mon épouse, ma préférée, me voici tout à l’intérieur de ton âme.
Mon Bien-Aimé Jésus m’a dit qu’il sera mon Directeur et mon Maître, continuel, fréquent et habituel; que vous-même le serez de loin;[1] mais que je dois vous obéir jusqu’à préférer votre direction à la sienne.
Notre-Seigneur ne cesse pas de renouveler ses demandes dont je vous ai déjà parlé, et il me rappelle continuellement ses Tabernacles.
— Viens, ma fille, viens t’attrister avec moi ; viens me tenir compagnie dans mes prisons d’amour ; viens réparer tant d’abandon et d’oubli !...
Il m’a demandé aussi de ne lui refuser ni souffrances ni sacrifices pour les pécheurs, sur lesquels la divine Justice menaçait de frapper, si je n’allais pas à leur secours.
Il me demande d’oublier le monde et de me livrer tout entière à Lui :
— Abandonne-toi dans mes bras, je choisirai tes chemins...
Je ne sais pas quoi Lui donner d’autre, car je ne Lui refuse rien...
(...)
Avise ton directeur spirituel que j’exige que l’on prêche et que l’on propage la dévotion aux Tabernacles, et d’avantage encore: qu’elle soit rallumée dans les âmes. Je ne suis pas resté sur les autels par amour uniquement de ceux qui m’aiment, mais pour l’amour de tous; même en travaillant on peut me consoler. [2]
Prie pour les prêtres: ce sont les ouvriers de ma vigne; la récolte dépend d’eux...
Je choisis les faibles pour les rendre forts. Sous leur faiblesse Je cache mon pouvoir, mon amour et ma gloire. Oublie le monde et offre-toi à moi. Abandonne-toi entre mes bras: Je choisirai tes sentiers. [3]


[1] En effet, le Père Mariano Pinho fut exilé au Brésil (de loin), mais continua de donner ses directives à Alexandrina.
[2] Quel que soit le travail, fait avec honnêteté, aimé ou du moins accepté avec sérénité, comme devoir humain et offert consciemment à Dieu, a valeur de prière.
Cette vérité fut débattue et clairement définie lors du Concile Vatican II.
Un témoignage, concernant Alexandrina, est celui de Felizmina dos Santos Martins: “Un jour, me trouvant à côté du lit d’Alexandrina, elle m’expliqua comment nous pouvions nous unir spirituellement au Seigneur, y compris pendant le travail. Ce fut alors qu’elle m’expliqua comment faire la Communion spirituelle pour m’unir aux Tabernacles les plus abandonnés et au Tabernacle de notre église”.
[3] Lettre du 27 septembre 1934 au Père Mariano Pinho.

LETTRE A SÃOZINHA

Le texte qui va suivre demande une petite explication :

Maria da Conceição, dite Sãozinha
Maria da Conceição Leite Proença, dite Sãozinha, était la maîtresse de l’école des jeunes filles de Balasar. Elle avait presque le même âge qu’Alexandrina et sont devenues très amies à la suite d’une découverte intéressante : elles avaient le même directeur spirituel, le Père Mariano Pinho.
Par la suite Sãozinha est devenue la “secrétaire” d’Alexandrina et écrivait une grande partie des textes du Journal spirituel (Sentiments de l’âme), sous la dictée d’Alexandrina, qui ne pouvait plus “prendre la plume, car cela lui était très pénible”.
De temps à autre elles s’écrivait des lettres, surtout à l’occasion de l’anniversaire de l’une ou de l’autre.

* * * * *

Ma bonne petite sœur ;
Je vous appelle ainsi, non seulement parce que vous traitez avec charité la plus indigne des enfants de Dieu, mais aussi parce que toutes deux, nous recevons du Seigneur la croix bénie de chaque jour. Celle-ci, portée avec amour et résignation, est un moyen efficace pour nous élever de plus en plus dans l’amour de Jésus; pour nous sanctifier et pour aider, par nos souffrances, les âmes qui, sourdes à la voix de Jésus et aveuglées devant sa lumière, s’abandonnent aux plaisirs du monde sans jamais penser à leur salut.
Combien elle est belle notre mission !
En ce qui me concerne, j’avoue me considérer indigne d’un aussi heureux sort !...
Vous dites dans votre lettre que vous viendrez pour apprendre avec moi la science de la croix. Que dois-je vous enseigner ? Et à qui... alors que moi j’ai tant besoin d’apprendre ?... Vous êtes, Madame, plus instruite que moi pour enseigner; mais si c’est la volonté de Dieu, je suis prête à devenir votre maîtresse et élève à la fois.
J’ai souvent dit que j’étais venue en ce monde pour travailler, souffrir et offenser le Seigneur. Triste vérité... car, je l’ai déjà tant offensé ! C’est celle-ci la plus grande peine qui m’aiguillonne toujours. La souffrance est ma plus grande consolation, et je ne l’échangerais pas contre le monde entier.
Quelle ingrate je ferais, si je refusais de donner mon corps, qui ne vaut rien, à Celui qui, à cause de moi, a tant souffert !... À Celui qui désire se procurer beaucoup de victimes d’amour pour sauver les âmes !
Depuis seize années, la maladie, jour après jour, s’est propagée dans tout mon corps... et depuis dix années je suis prisonnière dans mon lit sans pouvoir me lever...
Combien j’ai été favorisée par le Seigneur ! Combien suave est le joug sous lequel il me tient !
Je reçois ceci comme une preuve d’amour de la part de Jésus pour mon âme.
Que soit béni Celui qui n’a pas dédaigné mon indignité ![1]


[1] Cette lettre d’Alexandrina est la réponse à la lettre de Sãozinha du 1 septembre 1934.
« Cela m’a fait plaisir d’apprendre que tu continues de porter, avec patience et résignation la croix de ta vie. Oh, si seulement je savais vivre de la sorte ! Me permets-tu d’aller à ton école pour apprendre avec toi ? Je serai une élève bien rebelle à tes leçons. Toutefois, j’essaierai et peut-être que, voyant et entendant, je me souvienne de quelque chose, par la suite. » — Maria da Conceição (Sãozinha). - Lettre du 5 septembre (?) 1934 à Sãozinha.

Ô BELLE, Ô BELLE, Ô AMOUR DE L’AMOUR DIVIN

 “Je veille, Je veille sur ceux qui sont miens…”


— “Ton cœur, ma fille, est le palais royal de la royauté divine, c'est le trône plus beau et enchanteur que j'ai rencontré sur terre. C'est le centre attrayant qui attire vers moi les pécheurs. C'est un feu dévorant qui enflamme les cœurs et les âmes assoiffées de mon amour. Que j'aurais aimé que le monde connaisse rapidement la consolation que tu donnes à mon divin Cœur et à celui de ma Mère bénie. Console-nous; donne-nous la plus grande des joies. Aime-nous avec l'amour le plus pur et parfait. Répare les crimes des millions et des millions de pécheurs. Combien tu es magnifique aux yeux de la Très Sainte Trinité !
Ô belle, ô belle, ô amour de l'Amour divin. Regarde ma fille, les hommes ne sont pas pressés de donner la magnificence que Je désire à ma Cause, mais Je suis avec toi. Leur négligence sera punie, la récompense sera le châtiment. Dis, ma fille, dis mon épouse chérie, dis à ton Père spirituel : Mon divin amour pour Lui est de plus en plus grand. Je l'aime, je l'aime vraiment. Je lui donne la grâce d'attirer à Moi les âmes, Je lui donne la grâce de les enflammer de mon divin Amour. Dis-lui que c'est avec douleur, que c'est avec chagrin que J'affirme : Mes châtiments vont continuer sur la Compagnie. Il y a là-bas tant d'âmes qui m'affligent, tant d'âmes qui ne sont pas parfaites comme le veut et l'exige mon divin Cœur. Ils n'ont pas ma charité, ils outragent les âmes. S'ils prêtaient attention à mes menaces, s'ils répondaient à mes demandes, ils n'auraient pas été aussi châtiés. Je veille, Je veille sur ceux qui sont miens. Je veille sur ceux qui m'aiment. Dis, ma fille, dis à ton médecin que sa fidélité à mes grâces, sa fidélité à mes désirs, c'est ma joie. Qu'il soit ferme en s'occupant de ma cause. Je l'ai mis à tes côtés pour te soutenir et te défendre, parce que de cette façon c'est moi qu'il défend. Il pleut des grâces, il pleut des bénédictions sur lui et tous les siens, sur ceux qui sont chers à son cœur. Aie courage, ma bien-aimée, ne te désespères pas dans ton martyre, ne te décourage pas dans ton calvaire; c'est seulement de cette façon que les pécheurs seront sauvés, c'est seulement comme ça que le monde recevra les grâces désirées. Tu vis dans le purgatoire ; la barrière qui t’en sépare, c'est Moi qui l'ai permise. Désormais tu n'es plus dans le monde, tu vis comme si tu ne vivais pas. Ton tourment est inégalable. Jamais Je ne l'ai donné à aucune autre âme. Veux-tu me consoler, ma fille ? Veux-tu continuer dans cette douleur ? ”
— Tout, mon Jésus, tout ce que Vous voudrez. Mon désir est de ne pas vivre sans vous donner consolation un seul moment, mon Jésus. Vivre pour vous consoler, vivre pour vous sauver des âmes, c'est cela mon aspiration.
— “Courage, alors, ma petite fille. Si tu savais le bien que tu vas faire aux âmes. Quand tu sauras le tourment que te fût donné ! Ton esprit est mort pour le monde, ta vie est la vie des âmes du purgatoire, mais tu ne souffres seulement que pour toi. Vite, vite, pour donner à connaître au monde combien elles souffrent ; vite, vite, ce sont les âmes, mes aimées qu'il faut libérer. Reçois l'amour, tout l'amour de ton Jésus, ce sont des caresses célestes.”
Ô ma Petite-Maman, merci beaucoup, ô Petite-Maman, bénissez, embrassez, et priez pour moi Jésus.
(Bse Alexandrina: Sentiments de l’âme, 4 décembre 1943 - Premier samedi)

lundi 19 septembre 2011

AU SUJET D'UNE CONVERSION

Lettre au Père Mariano Pinho
Balasar, le 2 juillet 1934
 Vive Jésus
 Révérend Père Pinho,

Vous ne pouvez pas imaginer la consolation que m’a procurée la lettre de Votre Révérence ; je l’ai reçue le jour de la saint Pierre, mais ce n’est pas lui qui est venu me l’apporter. Je venais de passer quelques jours assez tristes, si tristes que je ne peux même pas vous l’expliquer. Mais, au milieu de tant de tristesses, grâce à Notre Seigneur, je restais confiante dans sa Très Sainte volonté.
Révérend Père Pinho, si je ne vous ai jamais encore parlé de l’affaire dont je vais maintenant vous entretenir, c’était pour ne pas alourdir les lettres et ne pas abuser de votre temps. Notre Seigneur n’a pas laissé sans récompense mes larmes du 13 mai.

« Depuis un certain temps déjà, je m’efforçais, autant que je le pouvais, afin qu’une famille, le couple et un enfant, de mon âge se confesse, ce qu’ils ne faisaient plus depuis des années. Tout ce qui s’est passé, ce n’est que de vive voix que je pourrai vraiment vous l’expliquer. Je leur avais dit que le jour où ils se confesseraient et communieraient à l’église, que moi, je communierais chez moi, étant donné que je ne pouvais plus aller à l’église. Ils m’ont donné comme réponse qu’ils viendraient eux aussi communier chez moi, à ce que j’ai répondu que cela ne serait peut-être pas possible. Et j’ai continué à demander au bon Jésus et, à chaque fois qu’ils venaient me visiter, nous parlions de cela. Enfin, le 13 dudit mois, le père et le fils sont venus me visiter et, étant restée seule avec le père, il m’a affirmé qu’il allait se confesser et il me dit également des choses qui m’ont beaucoup émue. C’est décidé, ce sera pour le triduum. Ils me l’ont promis, sauf si le démon vient s’en mêler, mais j’ai confiance dans le Seigneur qui peut tout faire. »

Révérend Père Pinho, cela ne m’étonne pas que Votre Révérence n’ait pas compris ce que je vous disais dans ma dernière lettre, car je n’ai pas pu bien m’expliquer et que je ne le pourrai pas par écrit. Le cas est très compliqué : il ne pourra être explique que de vive voix, car c’est un vrai imbroglio. Cela fut assez grave pour beaucoup m’affliger, mais pas au point de me troubler sur cette affaire.
Mes souffrances sont toujours très grandes, mais je reconnais qu’elle ne sont rien par rapport à celles que je mérite. Daigne Notre Seigneur, par son infinie miséricorde, que je vive jusqu’au triduum. Voulez savoir une chose qui m’a beaucoup consolée ? Ce fut de me dire que vous veniez le 20 dans le Nord, donc plus près de moi et que je peux déjà dire que le triduum c’est pour le mois prochain.
Je vous remercie pour la grande charité que vous avez eue envers moi en priant pour moi qui en ai tant besoin ! Je n’oublie jamais Votre Révérence dans mes pauvres prières et dans toutes mes souffrances.
Recevez les bons souvenirs de ma mère et de Deolinda ; elle vous racontera tout lors du triduum. Ayez la charité de bénir la pauvre petite malade,

          Alexandrina Maria da Costa

dimanche 4 septembre 2011

PETITE-MAMAN EMBRASSEZ JESUS POUR MOI

Les hommes ne sont pas pressés...

— “Ton cœur, ma fille, est le palais royal de la royauté divine, c'est le trône plus beau et enchanteur que j'ai rencontré sur terre. C'est le centre attrayant qui attire vers moi les pécheurs. C'est un feu dévorant qui enflamme les cœurs et les âmes assoiffées de mon amour. Que j'aurais aimé que le monde connaisse rapidement la consolation que tu donnes à mon divin Cœur et à celui de ma Mère bénie. Console-nous; donne-nous la plus grande des joies. Aime-nous avec l'amour le plus pur et parfait. Répare les crimes des millions et des millions de pécheurs. Combien tu es magnifique aux yeux de la Très Sainte Trinité !
Ô belle, ô belle, ô amour de l'Amour divin. Regarde ma fille, les hommes ne sont pas pressés de donner la magnificence que Je désire à ma Cause, mais Je suis avec toi. Leur négligence sera punie, la récompense sera le châtiment. Dis, ma fille, dis mon épouse chérie, dis à ton Père spirituel : Mon divin amour pour Lui est de plus en plus grand. Je l'aime, je l'aime vraiment. Je lui donne la grâce d'attirer à Moi les âmes, Je lui donne la grâce de les enflammer de mon divin Amour. Dis-lui que c'est avec douleur, que c'est avec chagrin que J'affirme : Mes châtiments vont continuer sur la Compagnie. Il y a là-bas tant d'âmes qui m'affligent, tant d'âmes qui ne sont pas parfaites comme le veut et l'exige mon divin Cœur. Ils n'ont pas ma charité, ils outragent les âmes. S'ils prêtaient attention à mes menaces, s'ils répondaient à mes demandes, ils n'auraient pas été aussi châtiés. Je veille, Je veille sur ceux qui sont miens. Je veille sur ceux qui m'aiment. Dis, ma fille, dis à ton médecin que sa fidélité à mes grâces, sa fidélité à mes désirs, c'est ma joie. Qu'il soit ferme en s'occupant de ma cause. Je l'ai mis à tes côtés pour te soutenir et te défendre, parce que de cette façon c'est moi qu'il défend. Il pleut des grâces, il pleut des bénédictions sur lui et tous les siens, sur ceux qui sont chers à son cœur. Aie courage, ma bien-aimée, ne te désespères pas dans ton martyre, ne te décourage pas dans ton calvaire; c'est seulement de cette façon que les pécheurs seront sauvés, c'est seulement comme ça que le monde recevra les grâces désirées. Tu vis dans le purgatoire ; la barrière qui t’en sépare, c'est Moi qui l'ai permise. Désormais tu n'es plus dans le monde, tu vis comme si tu ne vivais pas. Ton tourment est inégalable. Jamais Je ne l'ai donné à aucune autre âme. Veux-tu me consoler, ma fille ? Veux-tu continuer dans cette douleur ? ”
— Tout, mon Jésus, tout ce que Vous voudrez. Mon désir est de ne pas vivre sans vous donner consolation un seul moment, mon Jésus. Vivre pour vous consoler, vivre pour vous sauver des âmes, c'est cela mon aspiration.
— “Courage, alors, ma petite fille. Si tu savais le bien que tu vas faire aux âmes. Quand tu sauras le tourment que te fût donné ! Ton esprit est mort pour le monde, ta vie est la vie des âmes du purgatoire, mais tu ne souffres seulement que pour toi. Vite, vite, pour donner à connaître au monde combien elles souffrent ; vite, vite, ce sont les âmes, mes aimées qu'il faut libérer. Reçois l'amour, tout l'amour de ton Jésus, ce sont des caresses célestes.”
Ô ma Petite-Maman, merci beaucoup, ô Petite-Maman, bénissez, embrassez, et priez pour moi Jésus.
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(Bse Alexandrina: Sentiments de l’âme, 4 décembre 1943 - Premier samedi)

lundi 1 août 2011

JE SUIS MORTE POUR LE MONDE...

Une nouvelle transformation
Une nouvelle transformation s’est opérée dans mon âme. Ce léger souffle de vie est mort complètement; je ne sens plus cette respiration qui de temps à autre je sentais. La douleur vit en moi: elle est de toutes sortes et genres. Je suis morte pour le monde. Tout est descendu dans la tombe afin d’y rester pour toujours. Quelle horreur, mon Dieu ! Je ne vis plus ; c’est ma douleur bien-aimée qui vit, ce n’est que mon inexplicable martyr qui vit. Est-ce que ceci, sans ma vie, donnera vie aux âmes ? Est-ce que je pourrai encore être utile à l’humanité ? Est-ce que je pourrai encore vous aimer, mon Jésus, et consoler votre très saint Cœur ?
Pauvre de moi ! Après la haine et l’abandon, après l’oubli et le mépris, je descends dans la tombe.
Je vis déjà dans l’éternité sans avoir récupéré mon Père spirituel et sans jamais plus avoir la sainte Messe...
Mon éternité est sans lumière, c’est une éternité qui ne vous aime pas, qui ne vous loue pas, qui ne vous voit pas, qui ne jouit pas de vous. Terrible éternité ! Ne pas voir Jésus est une éternité morte.[1] C’est ce que mon âme vit dans cette éternité, c’est ce que je ressens. Quel que soit l’état de mon âme, hâtez-vous, Jésus, d’accomplir vos saintes promesses... Jésus, donnez vie aux âmes avec ma mort, avec mon éternité. Donnez-leur votre éternité, donnez-leur le ciel, mon Jésus ! [2]

« Mon âme a été réconfortée... »


Dans l'après-midi j’ai récité les prières du mois de mai à ma chère Petite-Maman. Mon âme, pendant cette dévotion, se voyait libérée d'un poids qui l’écrasait et retrouvait la paix et la suavité.
À la fin j’ai cru entendre une voix très douce qui m'appelait :
Ma fille, ma fille.
Mon âme se sentait plus soulevée.
Quelques instants plus tard, la même voix, de nouveau m'a appelée avec tendresse et douceur :
Ma fille, ma fille, viens sur mon cœur. Je t'invite à te reposer entre mes bras très saints. Abandonne-toi sur mon cœur de mère. Tu es la préférée de Marie. Oh ! combien tu es aimée par nos deux Cœurs !
Je me suis sentie entre les bras de la Maman, enlacée, caressée et couverte de tendresse.
Il n'est pas possible de comparer la douceur et la tendresse d'une mère de la terre avec celle de la Maman du Ciel !...
Mon âme a été réconfortée : mon cœur en resta heureux pendant un peu près une heure. [3]

[1] Alexandrina souffre, par moments, dans son âme, les peines de la privation de Dieu, propres aux âmes damnées, toujours dans le but de sauver des âmes.
[2] Journal du 13 mai 1944.
[3] Journal du 21 mai 1944